Personal branding : c'est quoi ce truc bizarre ?


Rédigé le Lundi 10 Décembre 2012


Personal branding : c'est quoi ce truc bizarre ?
Demain soir, mardi 11 décembre, je prends la parole dans une soirée débat organisée par l'IABC France (International Association of Business Communicators) à l'Université Américaine à Paris au cours de laquelle je vais témoigner de l'importance de prendre en compte la dimension digitale dans la gestion du personal branding.

Mais c'est quoi le "personal branding" au juste ?

Personal branding est une approche que l'on peut traduire par "marque personnelle" et qui suggère que nous possédons tous des attributs qui permettent à notre environnement de mieux nous percevoir et nous comprendre. C'est une matière que j'étudie depuis plus de 10 ans, initié à ses finesses par l'un des papes de ce domaine devenu un très gand ami, William Arruda, auteur d'un livre de référence sur le sujet, Career distinction, paru bien avant toutes les modes pour ce phénomène.

J'avais rencontré William à la fin des années 90 alors qu'il occupait un poste à la direction de la communication de Lotus, un éditeur de logiciels filiale d'IBM qui se trouvait également être un de mes clients. Je trouvais ce type incroyablement inspirant et très doué au-delà pour proposer des approches créatives dans l'art de communiquer. Je respectais son point de vue et chacune de ses présentations en interne était un moment rare.

Lorsqu'il quitta Lotus, il me confia qu'il avait l'intention de se lancer dans une nouvelle matière qu'il entendait bien défricher, le "personal branding" ou l'art pour un individu de gérer sa propre image comme d'autres gèrent une marque.

Car c'est bien de cela dont il s'agit.

Le personal branding repose sur une postulat de base : tout comme les marques qui évoluent dans nos environnements de consommateurs ou simplement d'observateurs, les individus, qu'ils soient publics ou non, possèdent des attributs qui permettent de les décrire, les comprendre, bref, de les rendre intelligibles dans l'esprit de la communauté qui les entoure.

Il ne s'agit pas de réduire un individu au rang de paquet de lessive mais d'affirmer que, tout comme un paquet de lessive ou une automobile, il existe pour chacun d'entre nous des qualificatifs qui permettent de nous définir et d'éclairer ceux qui nous entourent et que ces qualificatifs sont parfois moteurs de notre progression sociale.

La marque Volvo est associée dans le monde entier à la sécrutié, Jaguar au Luxe et Porshe à la sportivité, nous, simples individus bénéficions ou souffrons de ces mêmes associations d'idée qui expriment ce que les gens pensent de nous ou ce qu'ils croient de nous.

Et cela se travaille.

Que l'on soit ou non un leader, un dirigeant d'entreprise ou un simple employé, nous nous comportons d'une manière qui forge l'opinion des autres et nous situe au sein de notre communauté. Ce que les autres identifient en nous est souvent la source de leur adhésion à notre projet de vie professionnel.

Lorsque cette communauté s'aggrandit comme c'est le cas à la faveur des réseaux sociaux, ce que nous émettons devient absolument crucial. Ceux qui ont la mission de nous repérer pour nous évaluer — on pense notamment les recruteurs — accordent une importance non négligeable aux élements de personal branding.

C'est de tout cela dont je vais parler demain et notamment du fait que le monde connecté dans lequel nous vivons renforce le besoin de nous intéresser à cette matière.

Moi qui vous parle (ou qui vous écrit, c'est selon), je suis parfaitement conscient de l'importance du personal branding. Je sais comment les gens me voient et je sais que cette vision est un mix d'attitudes, de propos, de postures, de réussites, d'échecs, dont je suis l'émetteur à la fois principal et responsable. Mes actes et mes mots me collent à la peau et vous permettent de vous faire une idée sur la personne que je suis. 

Et que cette idée soit juste ou erronée, qu'elle représente la vérité ou une illusion, peu importe. Cette idée a la force d'une définition d'un dictionnaire imaginaire. Si vous êtes dans l'erreur me concernant, je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. Je suis responsable de ce que les gens — vous — pensent de moi.

Cette matière est troublante mais il ne faudrait pas se limiter à caricaturer le fait coller des étiquettes aux gens. Il faut aussi y voir une incroyable opportunité d'être plus lisible pour son entourage professionnel.

Le personal branding est une chance pour la plupart d'entre nous si nous savons en tirer parti.


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Christophe Ginisty
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Commentaires articles

1.Posté par Ch. Romain le 11/12/2012 07:29
Oui, on redécouvre l'Existentialisme depuis une petite dizaine d'années. Et comme de juste, on en fait une marchandise.

2.Posté par Julie Mazens le 17/12/2012 19:05
Encore faudrait-il que les individus disposent des moyens de gérer leurs propres données, de les exploiter à leurs propres fins, d'en négocier la transmission et l'usage. Toute la dévalorisation induite par des réseaux sociaux comme Facebook où vous n'existez que parce que quelqu'un vous aime ou vous demande en ami.

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