Pour lutter contre tous les "Georges Frêche", réformons notre démocratie
Oui, il est populiste, oui, ses propos sont outranciers, oui, il aurait dû être exclu du PS depuis bien longtemps, et oui, la rue de Solférino aurait dû sortir de l'ornière de complaisance dans laquelle elle s'est réfugiée pendant toutes ces années, mais n'occultons pas non plus le fait que Georges Frêche (et il n'est pas le seul dans ce cas), est le triste produit d'un système politique à la française qui répugne toujours à traiter deux questions de fond : le non cumul des mandats et la limitation du nombre de mandats exécutifs dans le temps.
Ne soyons pas naïfs. Si un personnage comme celui-ci a réussi devenir une sorte de chef de clan dans toute sa région, c'est que les institutions lui ont permis de le devenir. Elu député pour la première fois en 1973, maire de Montpellier pendant 27 ans, de 1977 à 2004, Président du Conseil Régional en 2004, il doit démissionner de son mandat de Maire. Qu'à cela ne tienne, il sera président de la communauté d'agglomération. Sa carrière politique est un symbole de ce que tous les démocrates attachés à l'efficacité de la vie politique devraient aujourd'hui combattre car il laisse s'intaller de véritables potentats un peu partout en France. Ne jouons pas les vierges effarouchées, des Georges Frêche, il y en a plein en France. J'en ai moi-même combattu un lorsque je me suis présenté aux législatives contre André Santini. On ne les fera pas disparaître en s'indignant de leur propos. Et tous les membres de la classe politique qui montent actuellement au créneau font preuve d'une surprenante hypocrisie. On les combattra qu'en réformant fondamentalement notre démocratie française. Rédigé par Christophe Ginisty le Mardi 9 Février 2010
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