Le 29 août 2007, j'ai rejoint Facebook et m'y suis inscrit pour découvrir ce que l'on présentait déjà comme le réseau social du futur. J'étais déjà membre de Linkedin depuis des années et j'avais envie de tester le nouveau truc dont tout le monde commençait à parler aux USA (De toute manière, je testais et continue de tester tout ce qui est nouveau, histoire de me faire une opinion avec un retour d'expérience).
J'y suis toujours membre mais j'ai le sentiment que l'heure de la fin est proche.
Rassurez-vous, je ne vais pas vous faire le couplet débile et enfantin de l'utilisateur victime qui se plaint que Facebook lui pique toutes ses données et l'espionne à l'insu de son plein gré.
Non seulement c'est en toute connaissance de cause que j'ai accepté d'y mettre mes infos/photos/vidéos/statuts mais je soupçonne une bonne centaine de distributeurs ou de marques d'en savoir autant sur moi et de me spammer sans m'avoir jamais demandé mon avis.
5 ans et près d'un milliard d'abonnés plus tard, je n'arrive pas à m'enlever de l'esprit que Facebook va désormais décliner et accessoirement représenter le plus gros plantage économico-numérique de l'histoire du web.
Trois éléments me font croire à ce déclin.
Facebook se développe hors de sa fonction principale
Ce qui a séduit des millions de gens de par le monde est, selon moi, la promesse de retrouver en ligne ses copains, ses relations et de pouvoir suivre leurs vies de manière non intrusive et sympathique. On s'inscrivait sur Facebook parce que l'on avait le sentiment d'appartenir à l'immense communauté connectée, parce que l'on avait le sentiment qu'il fallait y être et que, au-delà de l'effet de monde, notre présence y était requise.
C'était plus qu'un phénomène de mode, c'était quasi-identitaire.
Or, cette promesse de base est en train d'être totalement parasitée par toutes les applications et les fonctionnalités que le réseau social nous pousse sur nos pages respectives. On a de moins en moins de nouvelles des gens de notre réseau au profit de notifications non désirées sur des groupes auxquels on nous a inscrit sans nous le demander, d'invitations débiles à essayer des applis ou encore d'événements auxquels on doit se désinscrire.
C'est un peu comme si les smart phones avaient rendu compliquée ou impossible la fonction téléphonique et s'il fallait naviguer dans une bonne dizaines d'applications pour enfin pouvoir émettre un appel téléphonique. Aujourd'hui, j'avoue avoir totalement perdu de vue des dizaines d'amis dont j'aimais suivre les aventures quotidiennes, alors que c'était pourtant ce qui me plaisait dans la connexion à ce réseau.
Le paradoxe du nombre
La valorisation de Facebook est facteur du nombre de membres qui y sont inscrits et c'est aussi le nombre de membres qui provoque son déclin.
Ceci est un effet de balancier assez mécanique. Beaucoup de gens sont venus sur Facebook pour se retrouver ensemble mais, comme je l'indiquais avec mon retour d'expérience, ils s'y sont aussi perdus. Le nombre est à la fois moteur et destructeur.
La meilleure indication de la véracité de cette intuition est le fait que des réseaux sociaux plus qualitatifs viennent de connaître un soudain regain d'intérêt, que ce soit les réseaux plus élitistes du type ASmallWorld ou professionnels comme Linkedin. Même Quora qui n'a pourtant rien fait pour se développer hors USA est en train de connaître une seconde jeunesse.
Même si l'on ne peut pas encore parler d'un effet de masse, certains utilisateurs (les trend setters?) semblent passer moins de temps sur Facebook au profit d'espaces sur lesquels ils retrouvent un lien social adapté à leurs désirs.
Autre aspect pervers du nombre, Facebook va avoir du plus en plus de mal à attirer de nouveaux abonnés (puisqu'ils y sont déjà presque tous).
L’échec de la cotation en bourse
Alors que le monde entier s’attendait à une frénésie délirante, la mise en bourse de l’action Facebook est tout de même l’un des échecs les plus retentissants de l’histoire de l’Internet. Au lieu de s’envoler, l’action a perdu la moitié de sa valeur en quelques semaines au grand désespoir de ses actionnaires.
En quoi ceci pourrait avoir une importance pour le succès ou le déclin du réseau social sur la toile ? Il y a bon nombre d’entreprises qui cartonnent sur le web sans avoir de valorisation délirante.
Tout simplement parce que Facebook va être contraint d’inventer un modèle lui permettant de redresser la situation et ce modèle va l’écarter encore un peu plus de sa promesse initiale.
Car contrairement à une société comme Apple qui, au bord du gouffre dans les années 90, a réussi à devenir la société que l’on connaît aujourd’hui grâce à des produits fabuleux, Facebook a fait son succès sur de l’immatériel pur, sur la promesse d’un lien social nouveau et tout ce qu’elle vend autour est un parasite de son produit unique.
Voilà pourquoi je pense que nous sommes à l’aube du déclin du premier réseau social au monde. D’une certaine manière, si ma prédiction se vérifie, cela marquera aussi le signe d’une plus grande maturité des utilisateurs qui, après s’être éclatés du seul fait de se retrouver en ligne, vont peut-être maintenant se poser la question de ce qu’ils veulent faire ensemble.
A suivre…
J'y suis toujours membre mais j'ai le sentiment que l'heure de la fin est proche.
Rassurez-vous, je ne vais pas vous faire le couplet débile et enfantin de l'utilisateur victime qui se plaint que Facebook lui pique toutes ses données et l'espionne à l'insu de son plein gré.
Non seulement c'est en toute connaissance de cause que j'ai accepté d'y mettre mes infos/photos/vidéos/statuts mais je soupçonne une bonne centaine de distributeurs ou de marques d'en savoir autant sur moi et de me spammer sans m'avoir jamais demandé mon avis.
5 ans et près d'un milliard d'abonnés plus tard, je n'arrive pas à m'enlever de l'esprit que Facebook va désormais décliner et accessoirement représenter le plus gros plantage économico-numérique de l'histoire du web.
Trois éléments me font croire à ce déclin.
Facebook se développe hors de sa fonction principale
Ce qui a séduit des millions de gens de par le monde est, selon moi, la promesse de retrouver en ligne ses copains, ses relations et de pouvoir suivre leurs vies de manière non intrusive et sympathique. On s'inscrivait sur Facebook parce que l'on avait le sentiment d'appartenir à l'immense communauté connectée, parce que l'on avait le sentiment qu'il fallait y être et que, au-delà de l'effet de monde, notre présence y était requise.
C'était plus qu'un phénomène de mode, c'était quasi-identitaire.
Or, cette promesse de base est en train d'être totalement parasitée par toutes les applications et les fonctionnalités que le réseau social nous pousse sur nos pages respectives. On a de moins en moins de nouvelles des gens de notre réseau au profit de notifications non désirées sur des groupes auxquels on nous a inscrit sans nous le demander, d'invitations débiles à essayer des applis ou encore d'événements auxquels on doit se désinscrire.
C'est un peu comme si les smart phones avaient rendu compliquée ou impossible la fonction téléphonique et s'il fallait naviguer dans une bonne dizaines d'applications pour enfin pouvoir émettre un appel téléphonique. Aujourd'hui, j'avoue avoir totalement perdu de vue des dizaines d'amis dont j'aimais suivre les aventures quotidiennes, alors que c'était pourtant ce qui me plaisait dans la connexion à ce réseau.
Le paradoxe du nombre
La valorisation de Facebook est facteur du nombre de membres qui y sont inscrits et c'est aussi le nombre de membres qui provoque son déclin.
Ceci est un effet de balancier assez mécanique. Beaucoup de gens sont venus sur Facebook pour se retrouver ensemble mais, comme je l'indiquais avec mon retour d'expérience, ils s'y sont aussi perdus. Le nombre est à la fois moteur et destructeur.
La meilleure indication de la véracité de cette intuition est le fait que des réseaux sociaux plus qualitatifs viennent de connaître un soudain regain d'intérêt, que ce soit les réseaux plus élitistes du type ASmallWorld ou professionnels comme Linkedin. Même Quora qui n'a pourtant rien fait pour se développer hors USA est en train de connaître une seconde jeunesse.
Même si l'on ne peut pas encore parler d'un effet de masse, certains utilisateurs (les trend setters?) semblent passer moins de temps sur Facebook au profit d'espaces sur lesquels ils retrouvent un lien social adapté à leurs désirs.
Autre aspect pervers du nombre, Facebook va avoir du plus en plus de mal à attirer de nouveaux abonnés (puisqu'ils y sont déjà presque tous).
L’échec de la cotation en bourse
Alors que le monde entier s’attendait à une frénésie délirante, la mise en bourse de l’action Facebook est tout de même l’un des échecs les plus retentissants de l’histoire de l’Internet. Au lieu de s’envoler, l’action a perdu la moitié de sa valeur en quelques semaines au grand désespoir de ses actionnaires.
En quoi ceci pourrait avoir une importance pour le succès ou le déclin du réseau social sur la toile ? Il y a bon nombre d’entreprises qui cartonnent sur le web sans avoir de valorisation délirante.
Tout simplement parce que Facebook va être contraint d’inventer un modèle lui permettant de redresser la situation et ce modèle va l’écarter encore un peu plus de sa promesse initiale.
Car contrairement à une société comme Apple qui, au bord du gouffre dans les années 90, a réussi à devenir la société que l’on connaît aujourd’hui grâce à des produits fabuleux, Facebook a fait son succès sur de l’immatériel pur, sur la promesse d’un lien social nouveau et tout ce qu’elle vend autour est un parasite de son produit unique.
Voilà pourquoi je pense que nous sommes à l’aube du déclin du premier réseau social au monde. D’une certaine manière, si ma prédiction se vérifie, cela marquera aussi le signe d’une plus grande maturité des utilisateurs qui, après s’être éclatés du seul fait de se retrouver en ligne, vont peut-être maintenant se poser la question de ce qu’ils veulent faire ensemble.
A suivre…















Opinion : Cela a-t-il encore un sens de vouloir être populaire à l’heure des médias sociaux ?





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