Pourquoi Sarkozy propose-t-il des mesures pour l'après quinquennat ?
Je ne reviendrai pas en détail sur l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy de dimanche soir. J'ai été tellement écoeuré qu'il prenne ainsi en otage les téléspectateurs que j'ai vécu un véritable supplice et je ne voulais pas réagir immédiatement sur mon blog.
Malgré tout, il y a un truc sur lequel je voudrais revenir car je l'ai trouvé très intéressant du point de vue de la communication. C'est le fait que Nicolas Sarkozy ait annoncé des mesures pour l'après quinquennant, à l'image de la TVA sociale qu'il promet de mettre en place en octobre 2012. Cela peut vous paraître un détail mais en réalité, c'est beaucoup plus que ça. Je dirais même que c'est révélateur d'un axe de communication de fond que le président compte utiliser pour sa campagne. En se situant dans un référentiel intemporel qui revient pratiquement à nier la prochaine échéance (ou en faire juste un détail), il lance deux messages implicites. Le premier est "vous avez besoin de moi" avec l'idée selon laquelle il est aux commandes et que ce boulot ne saurait être perturbé par l'élection. Les temps sont durs, l'heure est grave, il est au dessus du brouhaha (d'ailleurs il a plusieurs fois rappelé cette posture pendant son interview) et il incarne celui qui gère la situation dans la durée. Cela est destiné à susciter la confiance des électeurs qui pourraient craindre un changement de capitaine en pleine tempête. Le deuxième message est "j'ai un programme". Qu'est-ce qu'une mesure que l'on appliquera en octobre 2012 sinon une mesure programmatique ? En évoquant des mesures post-présidentielle, il dessine les contours de son programme et tente ainsi de s'extraire peu à peu du bilan qui, avouons-le, n'est pas franchement du domaine des avantages concurrentiels. Cette analyse montre bien que nous sommes des millions à nous être fait piéger dimanche dernier. Nous pensions écouter le président de la République, nous n'avons eu qu'un candidat qui s'est octroyé un privilège considérable : une heure et quart de présence médiatique sans partage. Pas très réjouissant pour notre démocratie. Rédigé par Christophe Ginisty le Mardi 31 Janvier 2012
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Au revoir, au revoir, président !




