Pourquoi ça vote à droite un riche ?


Rédigé le Mardi 8 Mai 2012


Pourquoi ça vote à droite un riche ?
En surfant sur le web et en découvrant les résultats du second tour de l'élection présidentielle dans ma ville, Saint-Germain en Laye, j'ai appris que Nicolas Sarkozy y avait fait un score canon en dépassant les 63%.

Lorsque je m'en suis étonné, les gens autour de mois m'ont tous dit à peu près la même chose : tu as vu où tu habites, c'est une ville de bourgeois, de gens qui ont du fric, c'est normal qu'ils votent à droite. Viens habiter dans les cités, tu verras la différence.

Et si évidemment j'ai compris ce que l'on me disait, je me suis toute la journée posé la question du sens de cette affirmation. Pourquoi les nantis votent à droite ? Pourquoi ceux qui ont de l'argent ou un certain statut social voteraient davantage pour ce camp ?

Il y a dans cette interrogation existentielle (et je suis désolé de vous l'infliger un jour de repos) toute la question des motivations de chaque électeur et ce dilemne exprimé par les interrogations suivantes : est-ce que je vote pour moi ou pour les autres ? Est-ce qui ce qui m'importe est la préservation de mon intérêt personnel ou le service de l'intérêt général ? Est-ce que je me sentirais mieux si je suis favorisé ou si la société dans laquelle je vis est en meilleure santé ?

Finalement, est-ce que je vote pour ma gueule ou pour le pays ?

Rassurez-vous, je ne suis pas aussi naïf que cela. Je mesure bien à quel point la grande majorité des électeurs votent pour eux-mêmes et dans une perspective à très court terme. Que les habitants de Satin-Germain-en-Laye n'accueillent pas d'un très bon oeil un candidat qui veut prendre un peu plus aux plus riches pour favoriser la justice sociale.

Mais je me dis aussi que si plus de gens votaient avec une vision élargie à la société de leur intérêt particulier, ils seraient plus nombreux à choisir des thèses plus sociales et à accueillir avec bienveillance l'idée d'une meilleure répartition des richesses.

Il y a quelque chose d'assez contradictoire à fustiger le pauvre, l'exclu, celui qui est tombé à la marge de la société et en même temps refuser des politiques qui ont pour inspiration d'assurer une plus grande répartition des richesses.

C'est le combat de la philanthropie contre l'égoïsme qui ressemble de plus en plus dans nos sociétés au combat du pot de terre contre le pot de fer. Quand on a acquis beaucoup, est-on prêt à partager un peu plus ?

Je pense que cet affrontement serait plus équilibré si nous passions plus de temps à nous éduquer à la chose politique plutôt que de la mépriser et si notamment nos enfants pouvaient être mieux sensibilisés au sens même de l'intérêt général dès le collège.

L'absence de savoir est à la fois source et conséquence de l'obscurantisme. Le bulletin de vote est l'arme ultime d'une démocratie mais je ne suis pas certain que nous disposions du permis de bien l'utiliser.

Je ne dis pas que seules les politiques de gauche sont éveillées et justes, loin de là.

Mais je suis concaincu que si nous étions plus nombreux à dépasser ce réflexe primaire qui consiste à s'occuper de soi avant de s'occuper des autres, la société serait sans doute plus respectueuse et équilibrée qu'elle ne l'est aujourd'hui.


               Partager Partager

Christophe Ginisty
Notez

Commentaires articles
Nouveau commentaire :
Facebook Twitter


Dans la même rubrique :
1 2 3

Citoyenneté | PERSO | Libertés | Communication | WebDiversity | Culture