Pourquoi la question de l'anonymat des parrainages est une mauvaise question


Rédigé le Mercredi 22 Février 2012


Pourquoi la question de l'anonymat des parrainages est une mauvaise question
Ce qui me frappe dans les débats sur l'anonymat des parrainages pour l'élection présidentielle, c'est qu'on ne traite pas le vrai problème qui n'est évidemment pas de savoir si un parrainage doit être rendu public ou non mais de faire en sorte que nul ne puisse être inquiété pour avoir parrainé le candidat de son choix.

Et nous sommes ici encore sur le terrain de la république exemplaire, de l'éthique en politique et de la démocratie régénérée.

Dans une démocratie qui se respecte, nul élu ne saurait être sanctionné directement ou indirectement pour avoir fait un acte de soutien permettant à toute la diversité de l'offre politique de se présenter au suffrage des français. Et toute mesure de rétorsion devrait être sévèrement et rapidement condamnée.

Mais dans une démocratie qui se respecte, nul élu ne devrait invoquer l'anonymat à quelque moment que ce soit, étant rappelé qu'il détient sa légitimité du peuple et que les citoyens doivent avoir communication des actes et décisions de leurs élus. C'est un principe de bon sens, ce même principe qui impose aux assemblées délibérantes d'être ouvertes au public.

Finalement, si nous avons ce débat en France, c'est que notre démocratie n'est vraiment pas en bonne santé.

Le seul fait d'imaginer des présidents de conseil général priver de subvention un maire d'une commune rurale parce qu'il a permis au candidat du Front National (ou de n'importe quelle autre formation politique) de se présenter à une élection est révoltant. C'est encore une fois révélateur du fait que le pouvoir politique en France est détenu par une oligarchie consanguine hostile à la diversité et qui s'accroche jalousement à ses attributs.

Ce n'est pas l'anonymat qu'il faut combattre dans ce pays mais ces pratiques d'un autre temps.

Et je dirais même plus : si les sages du Conseil Constitutionnel avaient autorisé l'anonymat, ils auraient d'une certaine manière institutionnalisé ce système de représailles.

C'est heureux qu'ils ne l'aient pas fait.


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Christophe Ginisty
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