Pourquoi les clubs politiques sont-ils aussi indispensables ?
J'étais ce matin à la conférence de presse de lancement du CRREA, le club de réflexion initié par Jean-François Kahn. Samedi dernier, je participais au lancement de Terre-Démocrate, le club citoyen de Corinne Lepage dont je suis l'un des membres fondateurs. Face à cette double actualité, certains d'entre vous se sont demandés à quoi pouvait servir ce type de démarche et quel était finalement l'intérêt de multiplier ces structures. Je crois c'est indispensable pour au moins trois raisons.
Les partis politiques ne permettent pas de travailler sereinement sur le fond
J'en ai fait l'expérience et je suis loin d'être le seul. Les formations politiques classiques sont obsédées par des échéances électorales à répétition qui leur ôte toute forme de sérénité quant au brassage d'idées. Dans le quinquennat présidentiel, nous sommes confrontés au moins à une élection tous les ans : les municipales en 2008, les européennes en 2009, les régionales en 2010, les cantonales et les sénatoriales en 2011, la présidentielle et les législatives en 2012. C'est un rythme effreiné incompatible avec l'animation d'une réflexion en profondeur au sein de ces machines électorales que sont les partis politiques. On le voit bien en ce moment où des candidats se déclarent avant que le projet n'ait été défini.
Pour poser les bases d'un nouveau projet de société, il faut savoir s'extraire de ce calendrier et des contraintes qu'il implique. L'urgence d'une alternative est bien présence
Pour toutes celles et tous ceux qui ne sont pas heureux dans la société dans laquelle nous vivons et qui ne partagent pas les valeurs véhiculées par le pouvoir en place, il devient très urgent de travailler sur le fond pour proposer le moment venu une alternative aux français. Nous ne pouvons plus attendre et si les partis politiques ne permettent pas d'être à l'origine de ces idées neuves, il faut créer des laboratoires à alternatives.
Car il faut en être parfaitement conscient, l'absence de projet conduira à l'absence de victoire le jour où les français devront choisir entre plusieurs visions de la société. La presse ne joue plus son rôle
Le traitement médiatique de la rencontre de Dijon en apporte malheureusement la preuve : la presse focalise son attention sur la forme, sur les petites phrases, sur ce qui est accessoire au détriment du fond. Rendez-vous compte, il y avait à Dijon une réunion sur l'un des thèmes les plus essentiels qui puisse soit, l'éducation, il y avait un nombre très impressionnant d'experts et de grands témoins issus de sensibilités différentes et pourtant, tout ceci a été copieusement passé sous silence au profit des amabilités entre Vincent Peillon et Ségolène Royal.
La pipolitique triomphe de la politique et ne permet pas aux idées d'être diffusées dans l'opinion publique. J'en ai fait une note sur le Post.fr ce matin (http://www.lepost.fr/article/2009/11/16/1793255_la-presse-malade-de-piplolte-aigue.html) , je crois que nous sommes vraiment confrontés à une dérive préoccupante. Face à cela, les clubs et autres associations citoyennes peuvent prendre le relai et assurer à leur niveau la diffusion et la confrontation des idées. Pour toutes ces raisons, je crois sincèrement que les clubs politiques ont un rôle central à jouer si l'on veut avec la plus grande détermination inventer une nouvelle société. Rédigé par Christophe Ginisty le Lundi 16 Novembre 2009
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