Christophe Ginisty

Présidentielle 2012 : comment les formations politiques misent sur les peurs des français


Rédigé le Jeudi 26 Janvier 2012



REUTERS/Philippe Wojazer
REUTERS/Philippe Wojazer
Ce qui est frappant dans la campagne pour la présidentielle 2012 (ou la non-campagne, comme certains la dénoncent déjà), c'est que nous ne sommes pas confrontés à deux visions de la France, l'une socialiste et l'autre UMP. Non, nous allons devoir choisir entre, d'un côté, un programme et de l'autre, un bilan.

Et c'est autour de ce constat que va se jouer la communication des différentes parties prenantes. C'est une mécanique qui a déjà commencé à se mettre en place et qui va s'amplifier.

Les socialistes vont présenter un programme (comme cela se déroule aujourd'hui). Aussitôt publié, celui-ci sera immédiatement descendu par les snipers de l'UMP sur le thème : "mais vous n'y pensez pas, les socialistes sont devenus fous, ils vous conduisent droit vers l'apocalypse". 

De l'autre côté du rubicon (si je peux m'exprimer ainsi), on n'aura pas de programme mais un bilan qu'il s'agira de valoriser à tout prix en tentant de convaincre que, malgré la tempête historique inédite que l'économie mondiale a traversé, les hommes du Président ont géré de manière héroïque, évitant au pays une catastrophe pourtant promise. Evidemment, le boulot des socialistes consistera à démonté ce bilan, tant sur le fond (les mesures) que sur la forme (le style de Sarkozy).

La particularité de cette opposition, c'est qu'elle revnvoie aux électeurs une pression anxiogène.

D'un côté, il y a la question angoissante du risque à prendre à changer d'embarcation en pleine tempête. De l'autre, il y a la peur évidente que cela continue comme cinq ans de plus.

Nous n'aurons donc pas une campagne tournée vers l'avenir et les projets, une confrontation de projets de société, une vision contre une autre vision. Nous aurons une campagne qui fonctionnera sur les peurs qui mettra le pays en situation d'extrême fébrilité.

C'est très étonnant à observer bien que ce ne soit pas réjouissant du tout.

Vous allez dire que c'est toujours le cas, qu'il existe toujours un sortant et un challenger. C'est partiellement vrai et cela nous renvoie une nouvelle fois à la question de la longévité politique. Le fait de pouvoir se représenter crée cette situation. Si nous avions deux candidats nouveaux (comme en 2007), le débat serait sans doute beaucoup plus intéressant.

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