Pulvar / Montebourg : C'est le conflit d'intérêt qui est le véritable animal sauvage
S'il y a bien un truc qui m'exaspère en politique, c'est l'attitude faussement naïve des personnalités convaincues de conflit d'intérêt et qui s'étonnent qu'une telle critique puisse, ne serait-ce qu'être formulée.
En lisant la presse du jour depuis mon exil dans les îles, j'ai remarqué ce matin la chronique d'Audrey Pulvar dans Libération, titrée Animale sauvage dans laquelle la journaliste politique vedette de iTélé revient de son éviction momentanée de l'antenne politique en raison de la candidature de son compagnon, Arnaud Montebourg, à la primaire socialiste pour les présidentielles. Jusqu'à présent, j'avais trouvé l'attitude de Pulvar plutôt intelligente et mesurée. Mais dans le texte qu'elle signe pour Libé, elle adopte une attitude parano stupide et déplacée, mettant sa mise à l'écart sous l'angle de l'atteinte au féminisme. "Ainsi donc, une femme serait encore condamnée à penser comme et par son compagnon. […] Elle serait toujours incapable de s'émanciper non seulement du jugement dudit compagnon, mais aussi des sentiments qu'elle nourrit pour lui." Je trouve cela d'une mauvaise foi sans nom. Quand est-ce que les gens de la classe politique et des médias vont-ils comprendre la nécessaire séparation des pouvoirs entre personnel politique et médias politiques ? C'est pourtant une question de bon sens en démocratie. Et si une femme politique avait un compagnon journaliste politique, je trouverais évidemment tout aussi normal que le journaliste (l'homme donc) se mette en congès pour éviter tout conflit d'intérêt. Notre société se flétrit sous le nombre pesant et croissant des conflits d'intérêt qui salissent la politique. Si l'on veut que la politique retrouve un tant soit peu ses lettres de noblesse, il faut traiter en priorité ces confits qui ne font rien d'autre que de mettre de la suspicion dans l'esprit des gens. Nous avons besoin de politiques forts, nous avons besoin d'une presse également forte et la force du politique et celle de la presse ont besoin de se nourir de l'indépendance de l'autre. Audrey Pulvar est trop professionnelle pour feindre l'ignorance et nous faire croire que la vraie raison serait ailleurs. C'est n'est pas digne de son intelligence d'avoir signé un texte aussi réducteur qui passe totalement à côté du sujet principal. A moins que ce soit une manière de rappeler la candidature de son compagnon le jour où ses concurrents socialistes tentent de l'ignorer. Rédigé par Christophe Ginisty le Vendredi 26 Novembre 2010
Commentaires articles
Nouveau commentaire :
Dans la même rubrique :
|
Commentaires
Sur mon blog pro...
|
|


















Petite chronique énervée contre ces leaders qui se moquent de leurs militants




