Quora : un réseau social qui pourrait bouleverser la manière de faire de la politique
Depuis que je l'ai découvert et que je l'utilise, le réseau social Quora dont tout le monde parle en ce moment est un espace qui ma passionne, notamment pour le potentiel qu'il pourrait représenter pour la communication politique.
Son principe est super simple. Quora est constitué de membres qui ont des centres d’intérêt d’une part et des domaines d’expertises d’autre part. Les membres s’y retrouvent et contrairement à Facebook où l'on passe son temps à ne pas y faire grand chose, ici les membres posent des questions sur leurs centres d’intérêts (ex : quelle est la législation en vigueur pour telle industrie ? Ou Pourquoi la suppression de la taxe professionnelle peut avoir un effet sur mes impôts locaux ?). Une fois la question formulée, elle va être publiée sur le réseau mais, comme elle figure dans une catégorie (juridique – finance – culture,...), elle va apparaître sur le radar des membres qui ont affiché cette catégorie parmi leurs domaines de compétence. Et c’est ainsi que des réponses "d’experts" vont arriver à la vitesse de l’éclair. Certes, ces experts sont autoproclamés mais le caractère ouvert et public des échanges fait qu’ils n’ont pas intérêt à raconter de conneries s’ils veulent préserver leur réputation. Car chaque réponse que vous avez donné en tant qu'expert s'affiche sur votre profil, un peu à la manière d'une note que vous auriez publié sur un blog. Si vous cédez à la facilité et que vous écrivez n'importe quoi vous ne tarderez pas à être identifié de manière négative. Même si la dimension relationnelle est évidemment centrale, elle est moins importante que la dimension "gestion de la connaissance" qui représente le premier intérêt pour venir se connecter. Et c'est là que j'ai imaginé que ce réseau pouvait bouleverser la communication politique pour au moins trois raisons. Tout d'abord, la rencontre des centres d'intérêts et des expertises est au coeur de la création d'un programme au sein d'une organisation politique. Tous les partis, lorsqu'ils créent des commissions thématiques pour réfléchir à leur projet fonctionnent de cette manière. Ils soulèvent ensemble toutes les questions et se mettent, en leur sein ou à l'extérieur, à la recherche d'experts capables d'éclairer la réflexion. Quora fonctionne très exactement de cette manière. Ensuite Quora peut permettre à des leaders politiques d'entamer un dialogue beaucoup plus élaboré et opportun avec les citoyens. Plutôt que de tenir un vague blog et de passer son temps à réagir à l'actualité ou à signaler ses passages dans les médias, les personnalités politiques pourraient, en se connectant sur Quora, gérer leur présence sur Internet sur la base de réponses fournies et expertes à des gens qui les attendent, ce qui est une approche beaucoup plus valorisante de part et d'autre. Enfin, Quora peut contribuer à la constitution beaucoup plus facile de réseaux d'influence structurés grâce à la double dimension "centre d'intérêt/expertise". En se rassemblant, pas uniquement parce qu'on a une bonne tête ou qu'on est l'ami d'un ami mais parce que l'on a tous une expertise déclarée sur un sujet donné, on a ici les conditions de la constitution quasi-spontanée de groupes de pression. Le partage de la connaissance structure le lien et c'est cela qui est captivant. Pour le moment, Quora est sur invitation uniquement (si vous souhaitez que je vous invite, faites le moi savoir en me donnant votre adresse e-mail) et en anglais seulement mais il préfigure déjà ce que pourrait être l'avenir des réseaux sociaux. Cerise sur le gâteau, il est totalement interopérable avec Facebook et Twitter. En tout cas, moi j'adore. Rédigé par Christophe Ginisty le Mardi 11 Janvier 2011
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