Christophe Ginisty

RP et déontologie : le numérique nous impose-t-il de nouvelles règles ?


Rédigé le Mercredi 8 Mai 2013



RP et déontologie : le numérique nous impose-t-il de nouvelles règles ?
Personne ne le dira jamais assez, les métiers de la communication ont été bouleversés par la révolution numérique qui a tout chamboulé et transformé en profondeur nos expertises. 

S'agissant des RP en particulier, j'ai été récemment invité en Suisse pour animer une soirée débat au cours de laquelle il m'avait été demandé par la Société Romande des Relations Publiques (SRRP) de répondre à la question suivante : En quoi la révolution numérique nous impose-t-elle de nouvelles règles ? Et quelles sont ces règles ? 

Avant de détailler mon point de vue, sachez que j'ai conçu pour l'occasion une présentation Powerpoint que vous pourrez visionner et télécharger ici

Pour résumer ma pensée, voici quels en sont les axes principaux.

Tout d'abord, j'ai voulu rappeler que les codes de déontologie qui ont inspiré notre profession et singulièrement le Code d'Athènes voté par l'International Public Relations Association (IPRA ) en 1965 décrivent parfaitement notre métier et sont d'une étonnante modernité quand on pense à l'avènement des médias sociaux. Tout y est déjà et j'ai pu constater avec plaisir que je n'aurais franchement pas dit mieux.

Par ailleurs, en travaillant ce sujet, je me suis rendu compte que la définition des RP était très proche de la définition des médias sociaux, signe que la dimension sociale fait partie de notre ADN depuis toujours.

Du coup, il ne m'est pas apparu pas forcément nécessaire d'en rajouter si l'objectif était de décrire la manière avec laquelle nous devons travailler au service des organisations qui nous engagent

Par contre, il y a un point qui a attiré mon attention.

Ce que nos pères fondateurs n'avaient pas prévu, ce sont les conséquences des nouveaux pouvoirs de l'opinion.

Pour faire simple, nos codes ont été conçus dans un esprit qui visait à protéger l'opinion des dérives potentielles des autorités communicantes (nos clients, nous-mêmes). Il faut dire que les fondateurs de l'IPRA se réunirent pour la première fois en 1949, quatre après la fin de la seconde guerre mondiale, à un moment singulier où il fallait tourner le dos aux insupportables propagandes qui avaient dominé des années durant les relations entre les gouvernants et les citoyens.

Dans un élan consitutionnaliste spectaculaire, le monde réécrivait son destin en promulgant un nombre conséquent de lois fondamentales.

Inspirés par la récente adoption de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et notamment son article 19 qui définit la liberté d'expression, les fondateurs de l'IPRA conçurent un texte orienté vers la protection du citoyen.

La société de l'information a changé depuis et la révolution numérique a bouleversé l'équilibre des pouvoirs. Si nous devons toujours oeuvrer à la préservation des lois fondamentales qui protègent le citoyen, nous devons aussi regarder le monde tel qu'il est.

C'est cette observation qui nous commande désormais de protéger aussi la société dans son ensemble contre les dérives potentielles de l'opinion qui a acquis un pouvoir sur l'information.

Et ça, ce n'est nulle part abordé dans nos codes.

C'est pour cela que j'ai émis l'idée dans ma présentation de travailler à de nouvelles règles déontologiques en changeant radicalement de point de vue.

Les trois pistes de travail que je suggère sont donc les suivantes :

1/ Faire des professionnels des RP les adversaires engagés et actifs de la manipulation d'où qu'elle vienne et les promoteurs déterminés d'une information juste, authentique, vérifiable,...

2/ Inscrire dans nos codes la volonté d'ouvrir davantage les organisations pour lesquelles nous travaillons afin de les rendre plus transparentes, plus accessibles et plus engagées dans les conversations.

3/ Nous engager à lutter contre "l'infowar" sous toutes ses formes : les rumeurs, le brand hacking et les attaques organisées conçues pour nuire à la réputation des organisations ou des personnes. C'est un point corolaire du premier mais c'est un point spécifique tout de même. Le premier évoque un combat pour une information authentique alors que celui-ci s'intéresse à lutter contre une forme active et voulue de malveillance.

En tant que Président de l'IPRA pour 2013, je vais essayer de faire avancer ce sujet sur un plan international. Et je vous en reparlerai. En tout cas, je serais très fier d'avoir pu faire avancer ce sujet. 

A suivre... 

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Professionnel de la communication, optimiste exigeant et idéaliste compulsif, j'essaye de consacrer du temps au projet de changer le monde.

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