Christophe Ginisty

Rachat du Washington Post par Jeff Bezos : Et si c'était tout simplement affectif ?


Rédigé le Jeudi 8 Août 2013



Rachat du Washington Post par Jeff Bezos : Et si c'était tout simplement affectif ?
Je sais que l'on va encore me traiter d'idéaliste peu connecté aux réalités du business mais peu importe, j'assume la question en titre de cette note.

Depuis quelques jours et l'annonce du rachat par Jeff Bezos, le fondateur et président d'Amazon, du mythique Washington Post, tous les analystes tentent de trouver une raison rationnelle, un plan stratégique secret et tout le monde y va de son interprétation. 

Pour le Figaro, c'est le goût du long terme qui anime Bezos : 

"Depuis plusieurs années, Jeff Bezos investit des millions de dollars dans la construction de deux horloges géantes qui donneront, quand elles seront achevées, l'heure exacte pour les 10.000 prochaines années. C'est dire si le fondateur d'Amazon a le goût pour le long terme. À 49 ans, après avoir bâti en seulement dix-huit ans le leader mondial de l'e-commerce, Jeffrey Preston Bezos peut se donner du temps. En rachetant le Washington Post , il va pouvoir mettre sa vision, son ambition et son incroyable sens du détail au service d'un secteur délaissé - parfois même méprisé - par nombre d'entrepreneurs de la nouvelle économie."

Les Echos évoquent le besoin potentiel de peser politiquement :

"Certains voient dans cette annonce un moyen pour Jeff Bezos de peser politiquement. Les géants du Net et de l’électronique sont de plus en plus sous surveillance outre-Atlantique, notamment pour des raisons fiscales. Et, historiquement, Amazon dépense moins pour son lobbying que Google ou Apple. La société est moins connectée aux sphères politique et économique que ses concurrents. Le « Washington Post » peut servir de rempart, au moins psychologique, en même temps qu’il installe Jeff Bezos dans l’establishment."

Point de vu emboité par ZDNet qui voit dans la couverture médiatique de ce rachat le signe ultime du besoin de développer son influence :

"La couverture médiatique du rachat du Washington Post pour 250 millions de dollars par Jeff Bezos manque de façon frappante d’analyse critique. Ce n’est pas une affaire rentable, l’entreprise perd 50 millions de dollars par an. Son achat n’a de sens que comme un moyen d’influence, et pas une arrivée à la rescousse de l’industrie de la presse d’information." 

Et si tout cela n'était que foutaises ? Et si Jeff Bezos avait simplement voulu se faire plaisir et accessoirement se payer l'une des plus belles marques éditoriales au monde ? 

Vous allez me dire que 250 millions de dollars, ça fait cher pour un simple plaisir ? Pas tant que cela si cela ne représente que 1% de votre fortune personnelle. 

Et moi je vous le dis franchement, je serais à sa place, c'est très précisément le genre de rachat qui me ferait rêver, pour la beauté du geste. 

Bien sûr, ce que je dis est peut-être totalement délirant et vous allez vouloir me prouver que nous vivons hélas dans un monde où de tels bon sentiments n'existent pas ou plus et que la logique financière l'emporte forcément sur toutes les décisions de ce type. 

Cela ne m'empêchera pas de rêver et d'imaginer qu'un homme de la trempe de Jeff Bezos, collectionneur passionné, amoureux de son époque, visionnaire serein et libéral convaincu, peut décider de racheter une entreprise mythique pour la beauté du geste, comme on achète un Picasso ou un Giacometti, pour le seul bonheur de le posséder. 

Car le Washington Post, au-delà d'être une entreprise, est une véritable oeuvre d'art, un pur morceau de l'histoire contemporaine. 

Alors c'est éventuellement à nous de changer notre regard froid et blasé sur ce monde fantasmé de la finance et ces acquisitions spectaculaires. 

A suivre... 

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