Christophe Ginisty

Réduire le nombre de "chefs" pour faire de la politique autrement


Rédigé le Jeudi 24 Septembre 2009



Réduire le nombre de "chefs" pour faire de la politique autrement
Je rebondis à une note rédigée ce matin par JF le Démocrate sur son blog (http://democratix.over-blog.com/article-36440346.html) et qui se termine par cette interpellation :

"Je lance ce défi à tous ceux qui voudront - qui oseront - relever le challenge : qu'est-ce que faire de la politique autrement, de façon concrète ?"

Question intéressante que l'on ne va évidemment pas régler par une simple note sur un blog, tant cet objectif renvoit au fonctionnement le plus profond de notre vie politique depuis des années. Prétendre qu'on a la solution serait prendre ses lecteurs pour des imbéciles et accessoirement faire des discussions de café du commerce.

Cependant, je pense que nous devrions lancer des pistes et celle que je vous propose ce matin est celle du fonctionnement interne d'un mouvement politique et sa capacité à placer des chefs un peu partout. Qu'on ne s'y trompe pas, avant de s'intéresser au cumul des mandats ou à la professionnalisation de la politique, un parti qui aspire à faire de la politique autrement doit d'abord s'intéresser à sa propre organisation interne.

Au début de ma carrière, j'ai été très inspiré par un auteur, Michel Crozier, un type extraordinaire qui avait inventé une discipline, la sociologie des organisations. Cela consistait à décoder le fonctionnement d'une organisation et à analyser ses règles internes sous l'angle sociologique. Dans La crise de l'intelligence (1),  un livre sorti en 1995 dont j'ai eu l'honneur d'assurer la promotion, il dénonçait les hiérarchies intermédiaires dans les entreprises ou ailleurs et démontrait pourquoi on pouvait leur attribuer la responsabilité de la plupart blocages et des incompréhensions, tant stratégiques qu'humains.

Si l'on revient à notre sujet, je pense qu'un examen de notre propre mouvement sous l'angle de ses hiérarchies intermédiaire serait assez éloquent. Je crois sincèrement que c'est une des raisons qui nous empèchent d'évoluer et, par voie de conséquence, de faire de la politique autrement.

Je pense qu'il y a trop de hiérarques au sein du MoDem. Partons de la base. Une section est animée  par une présidence collégiale. Dans certaines villes que je connais en Ile de France, la section compte entre 20 et 50 membres actifs et une présidence de 5 personnes. Un département comme les Hauts de Seine qui compte 36 communes aura donc en moyenne 36 x 5 = 180 personnes ayant un mandat d'animation de section. Si l'on va un niveau au dessus, nous allons trouver les "délégués départementaux" qui, toujours dans le cas des Hauts de Seine, sont plusieurs centaines. A la tête du département, un présidence statutaire et élue composée 7 membres, agrémentée des élus locaux ainsi que des membres du Conseil National qui sont membres de droit des instances départementales. Au niveau régional, on trouve une Union régionale composée des présidences départemtales (environ 50 personnes en Ile de France) et des autres membres des bureaux,...

Je pourrais continuer ainsi en citant plus de 300 conseillers nationaux, plus de 1.500 membres pour la conférence nationale, 31 membres pour le bureau exécutif,...

Bien sûr, certaines personnes cumulent plusieurs fonctions mais si vous mettez tout ça bout à bout, vous arrivez à une organisation formée de plusieurs milliers de "cadres" élus ou nommés en charge de la vie de notre mouvement.

Sont-ils trop nombreux ? Je vous laisse l'apprécier mais, en ce qui me concerne, je le pense sincèrement et au moins pour une raison statutaire : le nombre d'élus à des mandats internes a été déterminé proportionnellement au nombre des militants de 2007, nombre qui ne correspond plus à la réalité de 2009. Ce n'est pas un mystère que de le dire, et toutes les formations politiques sont dans ce cas d'ailleurs, le nombre de militants a fondu depuis les élections présidentielles. Si je prends l'exemple du 92, nous serions passés de 6.000 à 2.000 adhérents à jour de leurs cotisations mais nos structures n'ont pas évolué.

Pour conclure ce propos et vous laisser contribuer, je crois que si nous voulons commencer à faire de la politique autrement, et ce de façon concrète, nous devrions réduire le nombre de "cadres" élus ou nommés au sein de notre propre formation, en le dimensionnant par rapport au nombre réel que nous sommes et en s'appuyant davantage sur les nouvelles technologies qui nous permettent d'imaginer des modes de transmission de l'information et d'animation alternatifs.


(1) Un livre à relire absolument : La crise de l'intelligence

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Commentaires articles

1.Posté par Orman le 24/09/2009 10:56
Si mes souvenirs sont exacts, Michel Crozier est le théoricien de ce qu'il appelait la "rationalité limitée" que l'on pourrait énoncer ainsi : "A l'intérieur de sa sphère d'influence, un individu agit de façon rationnelle pour servir ses propres objectifs, compte-tenu de ses ressources et des contraintes qui pèsent sur lui".

Le problème n'est donc pas le nombre : c'est d'abord celui de la cohérence entre les objectifs personnels des différents acteurs et ceux du système dans son ensemble ("L'Acteur et le système" est d'ailleurs le titre d'un autre livre de Crozier).

On a une très belle illustration de cette affaire dans "Messieurs les ronds-de-cuir" de Courteline, écrit au début du siècle. Au ministère des Dons et Legs, le chef de service a pour objectif de traiter un maximum de dossiers. Il veille donc à ce que ses employés travaillent le plus possible, et parfois tard le soir. Quant au responsable des services généraux, il a pour objectif de veiller au respect du budget de fournitures. Or, les heures supplémentaires génèrent des dépassements dans la consommation de chandelles (pour s'éclairer) et de charbon (pour se chauffer). Il y a donc conflit d'objectifs entre les deux responsables, et par suite haine inexpiable entre eux. Courteline n'analyse évidemment pas la situation dans ces termes, mais il la décrit suffisamment bien pour que le mécanisme en soit visible.

Cela pour dire que l'organisation d'un système doit être pensée de manière à rendre cohérents, dans toute la mesure du possible, les objectifs généraux du Mouvement et les objectifs de chacun des échelons. Et lorsqu'on observe des dysfonctionnements, on peut commencer par se demander où gisent les contradictions internes.

Dans le cas du MoDem, il y a me semble-t-il deux sources de problèmes.

La première, c'est qu'il n'y a pas (ou pas encore) de réel souci organisationnel à la tête du mouvement. Il y a certes un VP responsable de l'organisation, mais je ne suis pas certain que sa disponibilité et son agenda lui permettent de traiter la question avec toute l'attention requise. Toutefois, la récente nomination de personnes chargées de cette question auprès du Burex est un début de réponse.

La seconde, c'est que le MoDem en est encore à hésiter entre deux options que je résumerais sous les appellations "parti de notables" ou "parti de militants". Une très grande partie de l'ex-appareil UDF, qui tient aujourd'hui les manettes, pousse vers la première option ; tandis que la très grande majorité des adhérents de 2007 pousse vers la seconde. D'où incompréhensions, déceptions, frustrations, tentatives réformistes et mouvements de "révolte".

L'avenir du Mouvement se joue en grande partie sur cette orientation. Soit nous irons vers un parti de notables, qui permettra l'élection sporadique de quelques-uns à coups d'alliances mais ne donnera jamais le pouvoir suprême à FB ; soit nous irons vers un parti de militants qui seul peut faire espérer la conquête de l'Elysée.

Pour l'heure, il me semble que nous prenons plutôt le chemin de la première option. Le salut pourra venir soit d'une prise de conscience forte des dirigeants (et en premier lieu FB himself), soit d'un sursaut militant à l'occasion des prochaines élections internes (en 2010 ou 2011). Si nous tenons jusque-là.

Wait and see. And act !

2.Posté par Claudio Pirrone le 24/09/2009 10:58
La sociologie des organisations est en effet une référence utile et hélas méconnue

3.Posté par Pierre Schweitzer le 24/09/2009 11:19

Sur l'évolution du nombre d'adhérents "à jour de cotisation", nos statuts indiquent que l'on conserve sa qualité d'adhérent jusqu'à deux ans après le dernier renouvellement de cotisation. Dans le but sans doute de favoriser le repêchage des oublieux au moment des élections internes ou de toute autre consultation interne. C'est une disposition pratique et je n'y vois rien de choquant. De toute façon, un militant engagé, élu au Conseil national ou membre de la Conférence nationale, s'il est assidu, doit dépenser au moins 20 fois le montant de sa cotisation chaque année, en frais de transport (sauf pour les Parisiens :-). La déperdition dont tu parles n'est donc peut-être qu'apparente.

Mais sur le fond, je partage ton analyse. Dans certains mouvements départementaux, le bureau départemental (les responsables de l'exécutif) rassemble plus de la moitié du Conseil départemental (qui normalement est l'instance délibérative) alors que la collégialité de la présidence est totalement paralysée par la guerre des clans... Ajoute à cela, pléthore de responsables de commissions, de sous-commissions et coordination des commissions (si si, j'en connais ici :-) et on arrive vite à une fabuleuse armée mexicaine. Le gag, c'est qu'on atteint à peine le quorum de 50% lors des réunions du conseil départemental... Dans mon département, je peux compter les vrais animateurs, dévoués, compétents, sur les doigts d'une main. Aller, une main et demi. Mais comment régler ce problème ? D'après nos statuts, les mouvements départementaux s'organisent librement et c'est plutôt une bonne chose.

Il y a autre point, corolaire à la réduction du nombre de "chefs" : c'est d'offrir à chaque militant, à travers internet, un support d'action et d'initiative, simple et ouvert. Il serait temps de tirer quelques enseignements des plateformes en place pour continuer à avancer vers un support plus clair, plus accessible, mieux intégré et plus respectueux des règles démocratiques.

4.Posté par bozzonne jean-pierre le 24/09/2009 11:28
Ils sont certainement nombreux mais sûrement pas efficace.

Et puis, ont-ils véritablement un pouvoir ou bien sont-ils là comme autant de diluants qui assurent le contrôle et le verrouillage par le haut ?

Le MODEM n'est pas moins ni plus démocratique qu'un autre parti. Ce qui agace est qu'il se croit plus vertueux qu’un autre alors qu'il a les mêmes défauts que les grands partis.

C'est d'autant plus surprenant que vu sa taille, il devrait être un laboratoire d'où émerge une véritable collégialité des responsabilités. On en est loin.

Ici, on a voulu bien faire et donner des couronnes à tout le monde ; mais on s'aperçoit qu'au moment d'élections, les choses sont pliées et les mêmes sont désignés invariablement pour concourir pour choper ici et là quelques strapontins restés libres.

Crozier et Friedberg s’attachaient dans les années 70 à mettre en évidence l'existence d'un modèle culturel national peut compatible avec le modèle anglo-saxon dominant…On s’en doutait un peu.
Ce modèle était l’héritage de la troisième république qui avait vu naître la révolution industrielle. Il y avait très certainement pour raison, une déclinaison jacobine latente à tout ceci.

Peut-on faire de la politique autrement ? Et bien tout laisse penser que c’est le cas en ce moment. Mais ceux qui posent cette question ne s’attendent pas à ce que le modèle qui naît sous leurs yeux soi la réponse.
Pourtant le modèle français se dilue, une démocratie d’opinion émerge qui a deux conséquences inédites en France.
1/ L’électorat est désormais captif des partis a succès
2/ L’électorat s’attache à la forme plus qu’au fond du discours.

La social-démocratie perd du terrain dans une économie numérique où un nouveau code langagier apparaît, une histoire nouvelle se construit sous nos yeux. Adieu donc, les anciens repères, les hérauts traditionnels qui incarnaient les luttes, les médiateurs syndicaux.

Au fond, l' éthique qui consiste à réclamer de « faire de la politique autrement » commence par soi-même : dans sa famille, sur son lieu de travail et dans la citée pour toutes celles et ceux qui ont des mandats d’élus et qui peuvent apporter des propositions innovantes.
On est toujours au cœur d’une entreprise politique
.
MPour le reste, les choses avancent lorsque les mentalités changent.
Les mentalités évoluent souvent à la faveur d’innovations technologiques ou de découvertes scientifiques qui bouleversent la société. Les structures mentales s’adaptent et le rapport au monde est transformé.

5.Posté par grodem le 24/09/2009 11:55
plus facile d'accès que Michel Crozier, le "principe de Peter" qui décrit parfaitement ce type d'organisations à 72 vice-présidents. voir également son corollaire: le "principe de Dilbert" qui donne quelques pistes pour occuper tous ces cadres inutiles.

6.Posté par Tout à fait d'accord le 24/09/2009 12:28
Archi d'accord.
Le MODEM s'est engagé à pieds joints dans une impasse en se dotant de statuts, pleins de bons sentiments, mais tellement usines à gaz, qu'ils ne pouvaient que faire exploser la machine en vol, si l'on admet qu'elle a essayé de décoller. Et qui a pondu et voté ses statuts ? ......

7.Posté par Serge Brière le 24/09/2009 13:13
Réduire le nombre de chef après avoir insisté sur la nécessité d'un seul coordinateur des stratégies numériques au MoDem : original !!... Merci, néanmoins, pour cet article plus raisonnable.

Le fonctionnement du GRID est on ne peut plus collégial - par opposition aux structures qui dépendent d'une seule personne et qui vont mal quand cette personne va mal -, et j'en veux pour preuve son fonctionnement : nous travaillons non-stop depuis le milieu de l'été, et toutes les personnes sont impliquées à des moments différents.

8.Posté par orange sanguine le 24/09/2009 13:24
@ grodem: toujours aussi d'accord avec vous !

@ Christophe: le probême que tu soulèves est le bon. A quoi set une Présidence collégiale si ce n'est à donner un peu d'importance à ceux qui y croient et à force de tourner en rond, bon nombres de décisions locales pour développer les mouvements localement ne sont pas prises car tout le monde se regarde. Pratique comme système quand il faut des responsables en cas d'échec. Le système des présidences collégiales a été fait pour éviter au maximum les remous au moment des élections internes, système issu de l'Empire romain avec ces césars et ces Augustes et ça c'est très mal fini pour eux. Pour être dans sa logique, on aurait dû avoir une présidence collégiale au plus haut sommet du modem, non ?
on en reviens à l'éternelle question: pourquoi fait-on de la politique ? Pour occuper des postes, exercer des fonctions ou faire avancer ses idées ? Les 3 étant compatibles

9.Posté par Fabio Lauresti le 24/09/2009 14:01
@Serge Brière :

Votre naïveté n'a d'égal que votre enthousiasme. Si vous croyez vraiment que le GRID ne sert pas dabord les intêrets de quelques un en son sein, vous allez tomber de (très) haut un de ces jours.

10.Posté par Dominique Rabeuf le 24/09/2009 16:20
Pourquoi ne pas se débarrasser de la démocratie qui somme toute est une supercherie, un système dans lequel on manipule un électorat qui élit des administrateurs publics qui ensuite prennent des décisions en fonction des lobbies. Tout électeur devrait pouvoir retirer sa voix durant le mandat d'un élu. Cela se fait dans les syndics de copropriété, les sociétés: SARL, SAS, SA et autres. Philippe Auguste ace aux évêques, louis XI face aux copistes se sont mieux comporté que n'importe que démocrate. De toutes façons en France nous n'avons le choix qu'entre des républicains. Nous n'avons pas de parti démocrate ou libéral. Pire encore l'extrême gauche est corporatiste donc fascisante, les écologistes sont des ânes sectaires, l'extrême droite est populiste. La fameuse constitution européenne était un torchon dès le préambule qui parlait des racines chrétiennes de l'Europe. La France a très mal débuté un 25 décembre 496. Je n'ai que du mépris pour la fille aînée de l'Église. la monarchie de Latrans est littéralement une monarchie qui aboie.

11.Posté par @Fabio Lauresti le 24/09/2009 19:09
J'ai été l'un des quelques fondateurs du GRID, je suis donc le mieux placé pour connaître les gens qui le composent ; et je n'ai pas l'impression que nous soyons des opportunistes qui cherchons à servir des intérêts particuliers ! ;-)

12.Posté par JF le démocrate le 24/09/2009 20:28
Merci Christophe d'avoir joué le jeu. Je suis bien conscient que "Faire de la politique autrement" ne peut en aucun se définir en un seul billet, et qu'il faudrait commencer par effectuer un audit profond de la politique telle qu'elle se pratique aujourd'hui, pour éventuellement pouvoir proposer des solutions durables et surtout réalistes.

Je crois que dans tous les cas, il devra y avoir un temps de transition, car il est impossible de changer brutalement et totalement un système qui perdure depuis X années du jour au lendemain.

Mais l'objectif est noble, puisque selon moi, il s'agit ni plus ni moins que de réconcilier nos concitoyens avec les urnes, et au-delà avec la politique. Le taux de participation record lors des Présidentielles de 2007 n'était probablement dû qu'à la personnalité de N. Sarkozy qui ne laisse pas indifférent et qui a entrainé massivement les électeurs vers les urnes: soit pour dire oui, soit pour le rejeter. Mais ce n'était surement pas dû à une nouvelle façon de faire de la politique, comme on a voulu nous le faire croire. Les taux d'abstention, eux aussi exceptionnels voire records, lors des échéances suivantes nous l'ont bien démontré.

Pour ce qui est du MoDem, je suis bien d'accord avec toi pour dire qu'il y a une sur-représentativité incroyable de responsables en tout genre, même à mon avis sur la base du nombre d'adhérents en 2007. C'est bien ce qui fait que jamais on ne pourra comparer le fonctionnement du MoDem avec celui d'une démocratie: le facteur d'échelle n'a absolument rien à voir.

13.Posté par Claudio Pirrone le 24/09/2009 22:20
@ Orman

Pas tout à fait, le concept est de Herbert Simon mais Crozier l'a utilisé avec intelligence

14.Posté par Kalifa le 25/09/2009 00:44
Il faudrait supprimer tous les cadres inutiles élus et nommés au MoDem depuis Seignosse et les remplacer par un seul délégué, Christophe Ginisty qui se chargerait mieux que tout le monde de mettre en place les nouvelles technologies permettant d'imaginer des modes de transmission de l'information et d'animation alternatifs.


15.Posté par Jourdan le 25/09/2009 11:01
@Christophe,

La sociologie des organisations me gêne et elle me fait penser à un idéologue non moins célèbre, François Perroux, qui n'est pas particulièrement illustré dans le développement industriel de l'Algérie après 1962 ! Sociologie des organisations, méfiance, donc. Concernant le modem, si je te soutiens à fond pour le développement des stratégies numériques, je ne pense pas qu'il faille corréler cette question avec celle évoquée plus haut. Une réforme maoiste au modem m'exaspérerait au plus haut point. Il faut retenir une lecture traditionnelle du centre pour faire évoluer le modem : nous sommes tous des fédéraux girondins, tous soucieux d'établir une organisation démocratique pyramidale et de libéraliser le féodalisme en politique qui est, qu'on le veuille ou non, consubstantiel à l'organisation des partis.Il faut accepter de suivre un leadership et d'amorcer des réformes dans son sillage.

16.Posté par Danièle Douet le 25/09/2009 16:40
La vie de la société et son organisation est squattée et détournée par des gens qui se font "élire" pour AVOIR et non pour être au service de ceux qu'ils sont sensés représenter.

Une fois "élus", ils gèrent et dirigent comme ils l'entendent sans jamais demander l'avis de ceux qui les ont "élus". La seule fois où ceux-ci peuvent exprimer la moindre chose, c'est lors de "l'élection" suivante et la chose recommence pour 3, 4, 5 ou 9 ans...

La "démocratie" ainsi pratiquée est un leurre total et seuls ceux qui n'ont pas compris ce qui se jouent espèrent encore.

En fait, il y a une "caste" qui gère, et tous les "électeurs" comme on appelle les citoyens de ce pays que l'on ne "consulte" que pour obtenir un mandat et vivre tranquille.

C'est une aberration.

J'ai vu sur le terrain comment certains entrent en rampant dans cette "caste". Ils lèchent les bottes de ceux qui ont un peu de "pouvoir", de tous ces petits "chefs" pour entrer en grâce et faire leur nid - en éjectant tous ceux qui gêneraient cette entreprise.

C'est assez amusant d'observer ces gens, qui ne sont pas arrivés à obtenir une reconnaissance dans leur entreprise ou leur famille. De les voir ramper pour obtenir un poste de "délégué" ou de "conseiller" ou d'"élu" quelle qu'en soit la sorte, est hautement amusant... et triste à la fois.

En ce sens, la structure du MoDem satisfait tous ces gens dont la seule argumentation est de dire "J'ai parlé avec F. Bayrou" ou bien "j'ai participé à la réunion tenue par XXX".

Pitoyable spectacle. Et les "votes" !

Ceux qui sont arrivés au "sommet" de ces petites pyramides sur tout le territoire, font des "réunions" où l'on "vote". Et là, ils rassemblent une toute petite partie des adhérents du département dans une réunion excentrée où ne peuvent participer ceux qui ont 4 ou 5 heures de voiture aller-retour après le boulot pour y assister.

Ils rassemblent donc leur "cour", celle de la "garde rapprochée". S'il se trouve une ou deux personnes qui n'approuvent pas le long discours qui sert surtout à meubler le temps limité pour ensuite passer aux votes, le temps se charge de les mettre au pas. On arrive vite à la fin de cette réunion et on "vote" sur les points litigieux.

Ceux qui cherchent une "responsabilité" au sein du groupe, observent bien comment "votent" les "responsables" et ne lèvent le doigt qu'après s'être bien assurés qu'ils ne voteront pas contre ces derniers. Surtout pas de vagues...

Ils lèvent alors la main après les "responsables" avec lesquels ils sont toujours d'accord, sur tout. Ils savent aussi retourner leur veste, en fonction des circonstances, surtout lorsqu'ils s'aperçoivent qu'ils ont eu trop de courage de penser par eux-mêmes. Le "responsable" les appelle par téléphone et leur demande pourquoi ils ont ainsi osé... et clac, la veste est retournée, on renie demain ce que l'on a affirmé hier.

Mais rassurez-vous, ce n'est pas qu'au MoDem, c'est dans tout le pays que les choses se passent ainsi. Dans tous les partis, dans toutes les associations, ceux qui souhaitent faire bouger les choses sont une infime minorité.

Le pays a été éduqué à obtempérer. Parfois, certains râlent et manifestent pour évacuer la pression. On a alors l'impression que les choses bougent, mais c'est un leurre. Tous retournent vite au bercail bien gentiment, regarder la TV et suivre les "responsables" qui leur disent comment penser.

Je rappelle juste ce que disait le responsable d'une grande TV française:

"Pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages.

Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible.
"


Voilà l'état de ce pays et de cette "démocratie", MoDem ou pas.

En tout cas, Christophe a tout à fait raison avec la phlétore de "responsables". C'est une ineptie qu'il faudrait urgemment corriger.

Mais QUI en aura le courage ?

17.Posté par Danièle Douet le 25/09/2009 16:40
il me semble qu'il y a un "bug" je n'ai pas mis de tag URL et tout mon texte apparaît ainsi. Peut-être Christophe pourra-t-il corriger ?

18.Posté par Ghislain le 25/09/2009 17:26
Merci pour la découverte de cet auteur et de ce livre que je vais m'empresser de dévorer.

19.Posté par Fabio Lauresti le 26/09/2009 01:13
@ Serge Brière

Bien sûr, c'est connu les membres du GRID ne sont candidats à rien...

on parie ?

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