Réduire le nombre de "chefs" pour faire de la politique autrement
Je rebondis à une note rédigée ce matin par JF le Démocrate sur son blog (http://democratix.over-blog.com/article-36440346.html) et qui se termine par cette interpellation :
"Je lance ce défi à tous ceux qui voudront - qui oseront - relever le challenge : qu'est-ce que faire de la politique autrement, de façon concrète ?" Question intéressante que l'on ne va évidemment pas régler par une simple note sur un blog, tant cet objectif renvoit au fonctionnement le plus profond de notre vie politique depuis des années. Prétendre qu'on a la solution serait prendre ses lecteurs pour des imbéciles et accessoirement faire des discussions de café du commerce. Cependant, je pense que nous devrions lancer des pistes et celle que je vous propose ce matin est celle du fonctionnement interne d'un mouvement politique et sa capacité à placer des chefs un peu partout. Qu'on ne s'y trompe pas, avant de s'intéresser au cumul des mandats ou à la professionnalisation de la politique, un parti qui aspire à faire de la politique autrement doit d'abord s'intéresser à sa propre organisation interne. Au début de ma carrière, j'ai été très inspiré par un auteur, Michel Crozier, un type extraordinaire qui avait inventé une discipline, la sociologie des organisations. Cela consistait à décoder le fonctionnement d'une organisation et à analyser ses règles internes sous l'angle sociologique. Dans La crise de l'intelligence (1), un livre sorti en 1995 dont j'ai eu l'honneur d'assurer la promotion, il dénonçait les hiérarchies intermédiaires dans les entreprises ou ailleurs et démontrait pourquoi on pouvait leur attribuer la responsabilité de la plupart blocages et des incompréhensions, tant stratégiques qu'humains. Si l'on revient à notre sujet, je pense qu'un examen de notre propre mouvement sous l'angle de ses hiérarchies intermédiaire serait assez éloquent. Je crois sincèrement que c'est une des raisons qui nous empèchent d'évoluer et, par voie de conséquence, de faire de la politique autrement. Je pense qu'il y a trop de hiérarques au sein du MoDem. Partons de la base. Une section est animée par une présidence collégiale. Dans certaines villes que je connais en Ile de France, la section compte entre 20 et 50 membres actifs et une présidence de 5 personnes. Un département comme les Hauts de Seine qui compte 36 communes aura donc en moyenne 36 x 5 = 180 personnes ayant un mandat d'animation de section. Si l'on va un niveau au dessus, nous allons trouver les "délégués départementaux" qui, toujours dans le cas des Hauts de Seine, sont plusieurs centaines. A la tête du département, un présidence statutaire et élue composée 7 membres, agrémentée des élus locaux ainsi que des membres du Conseil National qui sont membres de droit des instances départementales. Au niveau régional, on trouve une Union régionale composée des présidences départemtales (environ 50 personnes en Ile de France) et des autres membres des bureaux,... Je pourrais continuer ainsi en citant plus de 300 conseillers nationaux, plus de 1.500 membres pour la conférence nationale, 31 membres pour le bureau exécutif,... Bien sûr, certaines personnes cumulent plusieurs fonctions mais si vous mettez tout ça bout à bout, vous arrivez à une organisation formée de plusieurs milliers de "cadres" élus ou nommés en charge de la vie de notre mouvement. Sont-ils trop nombreux ? Je vous laisse l'apprécier mais, en ce qui me concerne, je le pense sincèrement et au moins pour une raison statutaire : le nombre d'élus à des mandats internes a été déterminé proportionnellement au nombre des militants de 2007, nombre qui ne correspond plus à la réalité de 2009. Ce n'est pas un mystère que de le dire, et toutes les formations politiques sont dans ce cas d'ailleurs, le nombre de militants a fondu depuis les élections présidentielles. Si je prends l'exemple du 92, nous serions passés de 6.000 à 2.000 adhérents à jour de leurs cotisations mais nos structures n'ont pas évolué. Pour conclure ce propos et vous laisser contribuer, je crois que si nous voulons commencer à faire de la politique autrement, et ce de façon concrète, nous devrions réduire le nombre de "cadres" élus ou nommés au sein de notre propre formation, en le dimensionnant par rapport au nombre réel que nous sommes et en s'appuyant davantage sur les nouvelles technologies qui nous permettent d'imaginer des modes de transmission de l'information et d'animation alternatifs. (1) Un livre à relire absolument : La crise de l'intelligence Jeudi 24 Septembre 2009 - 09:32
Christophe Ginisty
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A propos de ce blog
Je m'appelle Christophe Ginisty, je tiens un blog perso depuis le 16 novembre 2004. Je suis entrepreneur et chef d'entreprise, co-fondateur de l'agence RUMEUR PUBLIQUE, citoyen engagé et Président-fondateur de l'association Internet sans Frontières.
Contact : e-mail Participez aux actions de l'association Internet sans Frontières dont l'objectif est de promouvoir la liberté d'expression sur le web. Read my blog in English there...
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