Réflexions sur l'indignation des français face aux actes de Frédéric Mitterrand
En observant les rebondissements de ce qui est désormais l'affaire Frédéric Mitterrand, une question me revient en boucle : pourquoi les gens qui s'en offusquent aujourd'hui ne s'en sont pas offusqués lorsque le livre est paru, il y a quelques années ? Pourquoi l'indignation générale est-elle si perceptible aujourd'hui alors que ce récit était passé à l'époque pour une confession plutôt courageuse et lyrique d'un producteur de télévision ?
Eh bien je crois que cela montre que les français sont toujours très attachés au symbole de la fonction ministérielle et à cette espèce d'exemplarité qu'ils imaginent devoir être la marque de fabrique de celles et ceux qui sont membres du gouvernement. Un présentateur télé qui sombre dans l'enfer du tourisme sexuel en Thaïlande, ça ne choque presque personne. Quand il devient ministre, cela prend une tout autre dimension. Aussi curieux que cela puisse paraître d'ailleurs, ce n'est pas tant l'acte que les gens répugnent à commenter que la correspondance entre l'acte et la fonction. Nous avons dans cette histoire une attitude finalement très dérangeante d'un public qui semble s'intéresser plus à la personnalité du fautif qu'à celle de ses victimes. C'est très révélateur de l'état d'esprit de nos concitoyens et de la manière avec laquelle ils conçoivent eux mêmes qu'il puisse y avoir deux poids, deux mesures dans ce type d'affaires. Pour ma part, j'aimerais qu'on ne fasse pas de différence et que l'on condamne ces agissements, indépendamment de la fonction politique de celui qui les a commis. Rédigé par Christophe Ginisty le Vendredi 9 Octobre 2009
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