Depuis quelques jours, la question de la stratégie du Mouvement Démocrate pour les prochaines élections régionales est au coeur de nombreux débats, sur les blogs, dans la presse et au sein des autres formations politiques. Ce matin, Marielle de Sarnez évoquait une nouvelle fois cette question dans le journal le Figaro.
A quelques jours de notre université de rentrée, nous devons nous poser toutes les questions et pas seulement celles qui nous plaisent et qui nous rendent populaires les uns aux autres en interne. Vous le savez, je n'aime pas les tabous et j'ai parfois tendance à mettre les pieds dans le plat, alors allons-y.
A quelques jours de notre université de rentrée, nous devons nous poser toutes les questions et pas seulement celles qui nous plaisent et qui nous rendent populaires les uns aux autres en interne. Vous le savez, je n'aime pas les tabous et j'ai parfois tendance à mettre les pieds dans le plat, alors allons-y.
- Pourquoi faire de l'alliance avec l'UMP un tabou ?
Je lisais ce matin dans le Figaro un propos de Marielle qui déclarait "Seule certitude pour l'heure : il n'y aura aucune alliance avec l'UMP". Sur le fond, je suis totalement d'accord sur ce point mais sur la forme, je trouve ça discutable. Soit il y a un débat interne et on débat de tout, soit ce n'est plus un débat mais une proposition de plébiscite. Au printemps dernier, le Sénateur About confessait à un journaliste de Libération qu'il se sentait parfaitement bien au sein de la majorité présidentielle. Président du Groupe Union Centriste au Sénat, ce n'est pas n'importe qui et ce propos n'est pas anodin. Si nos dirigeants souhaitent vraiment ouvrir le débat, qu'ils le fassent sans interdire des hypothèses par principe. Car on évacue toujours mieux une question que l'on a discuté.
- Les "sortants" sont-ils MoDem ?
L'enjeu des alliances avec une autre formation politique n'a qu'une seule finalité : garantir l'élection d'un maximum de conseillers régionaux, à commencer par la réélection des sortants qui n'ont pas de raison objective d'être sanctionnés. Cela me semble un objectif tout à fait louable mais la question crue que l'on pourrait se poser est la suivante : le Mouvement Démocrate, créé en décembre 2007 a-t-il une responsabilité politique et morale vis à vis de deux qui ont été élus sur des listes UDF portés par l'UMP ? Je vous avais prévenu, ce sont des questions pas faciles à traiter. Mais n'ayons pas de tabous. Si l'on prend l'exemple de l'Ile de France, rappelons-nous que c'était André Santini qui menait la campagne de l'UDF avant de fusionner avec les listes de Jean-François Copé pour le second tour. Les Conseillers Régionaux élus l'ont bel et bien été avec les voix de l'UMP. On peut alors revenir à la portée politique de la première question de cette note. Et ne nous voilons pas la face, cela se posera également l'an prochain à l'occasion des sénatoriales (et nous revenons à la première question de cette note).
- Est-il dramatique de faire l'impasse sur une élection ?
Il n'y aurait rien de mal à admettre que notre mouvement est un mouvement jeune et que nous n'avons pas les structures pour enchaîner élection après élection. Plutôt que se prendre les remontrances de groupes de militants qui crient au loup quand on ne respecte pas les statuts (et je sais de quoi je parle), ne serait-il pas préférable de faire preuve de réalisme et d'humilité pour conclure à l'impossibilité temporaire de nous présenter "en force" à chaque échéance et sur l'ensemble du territoire ? Pouvons-nous réellement nous permettre d'assumer l'image d'une formation politique qui se plante devant les électeurs ? Ne serions-nous pas plus forts en faisant une impasse pour triompher plus tard ?
- Combien de cadres se taisent en attendant une investiture ?
Il y a des problèmes manifestes de gouvernance au sein du Mouvement Démocrate. Tout le monde le sait et tout le monde en a fait l'expérience récemment car je reçois un très grand nombre de témoignages en ce sens. Mais pourquoi si peu de membres du Conseil National prennent-ils la peine de s'en offusquer ? Combien sont-ils à espérer une investiture aux prochaines élections ? Combien sont-ils à craindre qu'une prise de parole un peu insolente leur barrerait la route de l'élection ? Je n'en ai aucune idée, je me contente de m'interroger.















Bayrou chez Ruquier ou chronique d'une communication désespérée et désespérante





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