Christophe Ginisty

ReputationWar 2014 : une belle ballade émotionnelle


Rédigé le Lundi 20 Janvier 2014



C'était un grand moment pour moi, tant j'y avais mis du coeur et de la passion depuis des mois. Aujourd'hui, je suis sincèrement heureux de la manière avec laquelle la conférence ReputationWar s'est déroulée et de tous les commentaires que j'ai reçus depuis.

Je dois vous le dire : vous m'avez comblé par vos retours !

Puisque c'est désormais passé et que j'ai eu le temps de m'en remettre ;-) faisons ce soir un petit retour en images sur les moments forts de la journée tels que je les ai vécus. 

Commençons par le début. Je ne voulais pas uniquement amuser en invitant sur scène Tony Appleton, l'invité mystère qui a démarré la conférence. Je voulais aussi illustrer le thème des foules sentimentales en lui conférant une incarnation. Si j'ai choisi ce crieur des rues qui s'est rendu mondialement célèbre en annonçant à l'ancienne la naissance du fils de Kate et de William, c'est d'une part parce qu'il avait réussi à faire croire au monde entier qu'il était l'envoyé de la Reine (le sujet des croyances était mon premier sujet) et d'autre part parce que la tradition qu'il représente est tout simplement l'ancêtre des médias d'information. 

D'ailleurs, il l'a rappelé sur scène. Les crieurs sont apparus en Grande Bretagne au 11ème siècle. Ce sont eux qui annonçaient les naissances, les morts, les événements. La présence de Tony Appleton était donc un clin d'oeil historique pas si anodin que cela. 

L'intervenant suivant, je l'avais contacté en juillet dernier et, à ma grande surprise, il m'avait répondu qu'il n'était pas disponible. Qu'à cela ne tienne, je tenais malgré tout à lui donner la parole dans une courte interview vidéo  qui fut projetée au début de l'événement. Lui, c'est Gérald Bronner, sociologue, professeur, auteur de La démocratie des crédules (PUF - 2013) et si je voulais absolument que les participants l'écoutent, c'est que c'est lui qui m'avait inspiré le thème de la journée. En lui donnant la parole, je rendais un peu à César ce qui lui appartient car je me fixe comme règle de toujours mettre en avant celles et ceux qui m'inspirent. 

Le premier moment fort de la journée fut sans aucun doute la réception sur scène du Ministre du Tourisme de l'Egypte qui fit le déplacement tout spécialement pour prendre la parole à ReputationWar. Je l'avais rencontré à Sharm El Sheik en juin dernier et j'avais trouvé à bien des égards sont attitude exemplaire. Nous avions dîné ensemble et il m'avait alors raconté l'épisode de sa démission lorsqu'il protesta contre la nomination d'un nouveau gouverneur pour la province de Louxor qui était politiquement lié au groupe terroriste qui avait perpétré l'attentat de 1997 contre des touristes innocents. 

Je lui ai donné la parole pour qu'il exprime la manière avec laquelle il tente de restaurer l'image de son pays dans le monde entier et je lui ai par la suite remis le IPRA President Award en hommage à son intégrité intellectuelle. 

L'intervention de Bruno Jeanbart de l'institut OpinionWay fut également un moment particulier. Nous sommes si souvent dominés par des intuitions qui nous emmènent parfois très loin de la vérité que je voulais mettre des chiffres dans le débat et permettre aux participants de comprendre ce que les français croient réellement. Partenaire de la conférence, Opinion Way avait accepté de réaliser une étude exclusive qui fut présentée vendredi dernier sur la scène du Théâtre des Variétés. 

Bien que le public constitué de professionnels de la communication ait plus l'habitude de travailler pour des marques que pour des personnes, je ne voulais absolument pas occulter la dimension personnelle de la gestion de la réputation. Il fallait que je puisse donner la parole à des individus qui avaient dû gérer une situation de réputation personnelle compliquée et qui s'en étaient bien sortis. 

C'est Eric Walter, le Secrétaire Général de la Hadopi et Philippe Spanghero, descendant de cette belle famille du sud-ouest qui se chargèrent de débattre sur le sujet, interrogés par Mathilde Cristiani de l'Atelier BNP Paribas. Non seulement leur échange fut intéressant mais, lorsqu'ils sortirent de scène, je ressentis chez eux une vraie joie d'avoir abordé publiquement ce sujet très intime. 

Puis se succédèrent sur scène Jacques-Emmanuel Saulnier, le charismatique Directeur de la Communication du Groupe Total, Henri Verdier, directeur d'Etalab et auteur de L'âge de la multitude qui nous fit une intervention absolument remarquable dont il devait, un peu plus tard dans la journée, publier le contenu sur son propre blog. François Brice Hincker, Directeur de la Communication de la Fondation Vinci Autoroutes conclut la matinée au pied levé (sa participation s'était décidée la veille, suite à la défection de Stan de Parcevaux) avec la présentation d'une très belle campagne axée autour d'un court métrage réalisé par Guillaume Canet. 

L'après-midi reprit sur une intervention très commentée sur les réseaux sociaux de Julien Villeret, le directeur de la communication de SFR. Il faut dire aussi qu'il avait choisi de parler ouvertement de la concurrence et de l'arrivée de Free sur le marché mobile, une arrivée qui exacerbe toujours et encore les passions sur la toile. 

Puis se succédèrent Denis Pingaud, auteur d'une livre sur la "communication" de François Hollande, Nathalie Nadaud-Albertini, sociologue spécialiste de la téléréalité puis Kenza Braiga, auteure, ancienne candidate de la toute première saison emblématique de Loft Story qui nous expliqua comment elle avait dû renaître des cendres de la réputation sulfureuse de ce programme qui avait tant enflammé la France pudibonde.

La troisième et dernière séquence consacrée à l'activisme pouvait débuter. Et c'est avec Robert Phillips (photo ci-dessous), mon ancien patron chez Edelman, qu'elle fut lancée. Cela me faisait une impression bizarre de lui donner ainsi la parole et de le faire plancher, lui qui m'avait fait créer tellement de présentations lorsque nous travaillions ensemble ! Je trouvais l'instant assez savoureux. 

Paul Hilder, Vice Président de Change.org nous parla ensuite du pouvoir du coeur avec des trémolos dans la voix à chaque fois qu'il mentionnait une cause gagnée. C'était impressionnant à voir. Adrien Sergent, le jeune instigateur du mouvement des poussins répondit alors aux questions de Marion Moreau de FrenchWeb.fr. 

Puis ce fut le moment d'écouter Audrey Bourolleau, déléguée générale de l'association Vin & Société qui nous permit de comprendre comment une organisation pouvait utiliser les réseaux sociaux pour faire pression sur le gouvernement. Inspirant et réussi. 

Pour conclure la journée, Alexandre Boucherot, fondateur de la plateforme Ulule.com prit la parole pour nous expliquer à quel point la réputation était essentielle dans la réussite des opérations de financements participatifs avant qu'Raphaël Sergeant de la Netscouade ne tente de nous dresser un bilan des tops et des flops réputationnels de l'année.

Enfin, Aude Baron, rédactrice en chef du Plus du Nouvel Obs et Morvan Boury, Directeur du Marketing Digital du groupe Le Nouvel Observateur nous livrèrent leur vision des foules sentimentales, vue du côté des médias. 

Un peu désorienté après une journée aussi intense, j'oubliai bêtement de proposer une conclusion de la journée et nous nous quittâmes à 18h30, pleins d'émotions dans les yeux. 

Car s'il y a bien un mot qui fut le fil conducteur de cette deuxième édition de ReputationWar, c'est bien "émotions." Je l'ai dit à plusieurs reprises au cours de la journée, j'ai acquis la conviction que les foules (ou les multitudes pour reprendre le terme préféré par Henri Verdier) sont devenues un média à part entière. Nous interagissons directement avec elles, quotidiennement et la qualité des conversations que nous entretenons dépend complètement des émotions que nous suscitons chez elles. 

La gestion de la réputation n'est pas devenue digitale mais sociale. Le grand truc n'est plus d'analyser pendant des heures la beauté, la nouveauté ou la puissance des technologies mais de se rendre compte que les échanges humains sur les médias et les réseaux sociaux, échanges stimulés et boostés par les émotions partagées, sont devenus les baromètres de l'image. 

J'ai voulu élaborer un programme qui fasse la part belle à cette dimension et qui permette aux participants de le comprendre. A lire les centaines de tweets qui ont été échangés pendant la conférence, je pense que le message est très bien passé. C'est ma plus grande fierté et je remercie celles et ceux, très nombreux, qui me l'ont dit vendredi ou me l'ont écrit depuis. 

Cette conférence eut un succès bluffant sur les réseaux sociaux. Comme l'a mesuré Spotter qui était l'un de nos partenaires, plus de 6.000 tweets ont été échangés par plus de 1.000 auteurs, permettant de toucher une audience théorique supérieure à 2,7 millions de personnes. Et quand on rapproche cela des 300 personnes qui étaient dans la salle, on mesure la puissance du média conférence sur le web social. 
ReputationWar 2014 : une belle ballade émotionnelle

ReputationWar, c'est fini. La conférence est désormais derrière moi. Avant de conclure, je veux remercier les gens qui ont travaillé sur l'événement : Soraya Ferhani, ma collaboratrice, la chef de projet événementiel, Alexandre Farro, l'indispensable et inestimable patron de Tivipro qui a piloté de main de maître toute la partie technique événementielle, Pascale Azria, la présidente de la commission digitale de Syntec RP, Stéphanie Bertrand et Valérie Vergez du Syntec RP, Natacha Heurtault et Marina Tymen qui ont pris en charge la communication de la conférence, tous mes amis et membres de mon réseau qui ont filé un coup de main, Anthony Babkine, Anthony Courtat, Luc Mandret, Dimitri Granger, les blogueurs ambassadeurs, les partenaires de la conférence qui ont rendu ce projet possible et attractif, tous les speakers qui ont répondu présent, les membres de ma famille qui m'ont entouré de leur affection de leur patience. 

Et puis vous qui m'inspirez tous les jours et dont les conversations sur la toile contribuent à dessiner un monde nouveau et fascinant et qui êtes le sel de ma créativité. Je vous remercie aussi, humblement. 

Il y aura probablement une prochaine édition de ReputationWar en janvier prochain. Restons connectés. 

A suivre... 

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Professionnel de la communication, optimiste exigeant et idéaliste compulsif, j'essaye de consacrer du temps au projet de changer le monde.

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