Boulogne
Cela faisait déjà quelques années que la situation de l’agence était frémissante.
Nous avions travaillé pour HP pendant des années, cela nous avait donné un premier niveau de respectabilité sur le marché.
Puis, à la faveur d’un conseil bien avisé du Président d’HP, nous étions allés valoriser cette expérience auprès de nouveaux clients, parmi lesquels Lexmark et Sun Microsystems.
L’agence était enfin sur de bons rails mais nous n’étions pas passés à la vitesse supérieure pour autant.
L’entrepreneur que j’étais ressentait qu’il allait se passer quelque chose, que l’étape d’après était juste là, à portée de main. Qu’il suffirait d’un déclic, d’un petit quelque chose pour que l’agence, alors constituée de 4 personnes, se transforme.
Curieusement, ce n’est pas un nouveau client qui nous permit de réaliser cette transformation mais un investissement. Comme quoi, la capacité à investir au bon moment et de manière judicieuse est parfois plus déterminante que le savoir vendre.
Nous étions encore dans les locaux de la société de mon frère en ce milieu des années 90 et je ressentais l’impérieuse nécessité de bouger. Pas de manière immature comme cela avait été le cas au tout début de mon aventure mais de manière constructive.
Nous devions avoir nos propres locaux, emménager dans une surface capable d’accueillir les futurs collaborateurs que nous n’avions pas encore, capable aussi de projeter une belle image à nos visiteurs, clients, partenaires et journalistes. Cette quête de nouveaux locaux était devenue une priorité. C’était la quête d’une nouvelle image.
Nous trouvâmes 140 m2 au 41 de l’avenue Edouard Vaillant à Boulogne. Au deuxième étage d’un petit immeuble moderne de bureaux et avec une terrasse privatise en pelouse d’une bonne centaine de mètres carrés.
140 m2 pour 4 personnes, tout le monde se moquait de moi et raillait ma « folie des grandeurs.»
Je m'acharnais à détromper mes détracteurs : comme nous signions un bail pour trois ans, je ne prenais pas la surface dont nous avions besoin mais celle dont nous aurions besoin à la fin de notre première période triennale.
C’était grand, cher, sans doute aussi démesuré, mais qu’importe, j’avais l’intuition que c’était précisément ce qu’il nous faudrait.
Je forçai la main à tout mon entourage et nous emménageâmes quelques semaines plus tard.
Cette nouvelle adresse se révéla surpuissante. Nous avions enfin notre endroit à nous. Nous nous étions également rapprochés de nos clients et des rédactions de la presse parisienne, en très grande majorité dans l’ouest de Paris. Cela nous faisait gagner un temps fou par rapport aux précédents locaux dans le quartier du Père Lachaise.
Enfin, notre terrasse était le théâtre presque champêtre en pleine ville de pots improvisés que nous faisions en fin de journée avec des amis qui avaient pris l’habitude de passer à l’improviste.
J’avais pour la première fois de ma vie le sentiment du pilote d’avion qui se situe en bout de piste, près au décollage. Je ne pouvais ni présager de la qualité ni de la durée du vol, mais il n’y avait à ce stade qu’à mettre plein gaz. Ce que je fis.
Nous étions en 1996 et je passai deux nuits entières à câbler moi-même les locaux avec un copain propriétaire d’une petite société de services informatiques. J’équipais tout le monde de Macintosh flambant neufs et chacun des postes disposait désormais d’une connexion à ce nouveau truc dont tout le monde parlait depuis un an, Internet.
J’ouvrai une « ardoise » au bistrot d’en face, La Fontaine, un café dont les propriétaires, trois frères kabyles qui cuisinaient les jeudis et vendredis le meilleur couscous du monde, devinrent rapidement de vrais amis.
En quelques mois, la magie opéra.
Les années passées à Boulogne furent les années d’un développement exceptionnel. Il faut dire aussi que le marché était porteur et que le monde avait franchi les toutes premières étapes de la révolution Internet. Nous qui avions décidé de nous spécialiser au service des sociétés du monde des technologies, nous étions mécaniquement favorisés par les prémices de ce phénomène planétaire.
Ma vision s’avérait juste, j’en étais assez fier et incroyablement excité.
L’agence se transforma.
Je pus recruter pour la première fois des collaborateurs chargés de missions fonctionnelles : une comptable à plein temps, une personne pour prendre en charge l’accueil, le standard et les services généraux puis de nouveaux responsables de clientèle. Nous étions enfin une vraie société. Mon souci principal n’était plus de développer le chiffre d’affaires mais de recruter les collaborateurs capables de le gérer.
Avant la fin de la première période triennale, nous demandions à notre propriétaire si d’autres surfaces étaient disponibles dans le même immeuble.
Nous louâmes 100 m2 supplémentaires au 4ème étage, puis encore 100 m2 au 7ème étage quelques années plus tard.
Nous étions 4 dans 140m2 lorsque nous avions emménagé dans cet immeuble de l’avenue Edouard Vaillant.
Lorsque nous le quittâmes en 2001, l’agence comptait 36 collaborateurs dans 340 m2 et devait se hâter de trouver à n’importe quel prix de nouveaux locaux pour pouvoir offrir des conditions de travail décentes à ses collaborateurs entassés sur des coins de table.
En février 2001, nous déménageâmes pour Issy-les-Moulineaux.
A suivre…
Nous avions travaillé pour HP pendant des années, cela nous avait donné un premier niveau de respectabilité sur le marché.
Puis, à la faveur d’un conseil bien avisé du Président d’HP, nous étions allés valoriser cette expérience auprès de nouveaux clients, parmi lesquels Lexmark et Sun Microsystems.
L’agence était enfin sur de bons rails mais nous n’étions pas passés à la vitesse supérieure pour autant.
L’entrepreneur que j’étais ressentait qu’il allait se passer quelque chose, que l’étape d’après était juste là, à portée de main. Qu’il suffirait d’un déclic, d’un petit quelque chose pour que l’agence, alors constituée de 4 personnes, se transforme.
Curieusement, ce n’est pas un nouveau client qui nous permit de réaliser cette transformation mais un investissement. Comme quoi, la capacité à investir au bon moment et de manière judicieuse est parfois plus déterminante que le savoir vendre.
Nous étions encore dans les locaux de la société de mon frère en ce milieu des années 90 et je ressentais l’impérieuse nécessité de bouger. Pas de manière immature comme cela avait été le cas au tout début de mon aventure mais de manière constructive.
Nous devions avoir nos propres locaux, emménager dans une surface capable d’accueillir les futurs collaborateurs que nous n’avions pas encore, capable aussi de projeter une belle image à nos visiteurs, clients, partenaires et journalistes. Cette quête de nouveaux locaux était devenue une priorité. C’était la quête d’une nouvelle image.
Nous trouvâmes 140 m2 au 41 de l’avenue Edouard Vaillant à Boulogne. Au deuxième étage d’un petit immeuble moderne de bureaux et avec une terrasse privatise en pelouse d’une bonne centaine de mètres carrés.
140 m2 pour 4 personnes, tout le monde se moquait de moi et raillait ma « folie des grandeurs.»
Je m'acharnais à détromper mes détracteurs : comme nous signions un bail pour trois ans, je ne prenais pas la surface dont nous avions besoin mais celle dont nous aurions besoin à la fin de notre première période triennale.
C’était grand, cher, sans doute aussi démesuré, mais qu’importe, j’avais l’intuition que c’était précisément ce qu’il nous faudrait.
Je forçai la main à tout mon entourage et nous emménageâmes quelques semaines plus tard.
Cette nouvelle adresse se révéla surpuissante. Nous avions enfin notre endroit à nous. Nous nous étions également rapprochés de nos clients et des rédactions de la presse parisienne, en très grande majorité dans l’ouest de Paris. Cela nous faisait gagner un temps fou par rapport aux précédents locaux dans le quartier du Père Lachaise.
Enfin, notre terrasse était le théâtre presque champêtre en pleine ville de pots improvisés que nous faisions en fin de journée avec des amis qui avaient pris l’habitude de passer à l’improviste.
J’avais pour la première fois de ma vie le sentiment du pilote d’avion qui se situe en bout de piste, près au décollage. Je ne pouvais ni présager de la qualité ni de la durée du vol, mais il n’y avait à ce stade qu’à mettre plein gaz. Ce que je fis.
Nous étions en 1996 et je passai deux nuits entières à câbler moi-même les locaux avec un copain propriétaire d’une petite société de services informatiques. J’équipais tout le monde de Macintosh flambant neufs et chacun des postes disposait désormais d’une connexion à ce nouveau truc dont tout le monde parlait depuis un an, Internet.
J’ouvrai une « ardoise » au bistrot d’en face, La Fontaine, un café dont les propriétaires, trois frères kabyles qui cuisinaient les jeudis et vendredis le meilleur couscous du monde, devinrent rapidement de vrais amis.
En quelques mois, la magie opéra.
Les années passées à Boulogne furent les années d’un développement exceptionnel. Il faut dire aussi que le marché était porteur et que le monde avait franchi les toutes premières étapes de la révolution Internet. Nous qui avions décidé de nous spécialiser au service des sociétés du monde des technologies, nous étions mécaniquement favorisés par les prémices de ce phénomène planétaire.
Ma vision s’avérait juste, j’en étais assez fier et incroyablement excité.
L’agence se transforma.
Je pus recruter pour la première fois des collaborateurs chargés de missions fonctionnelles : une comptable à plein temps, une personne pour prendre en charge l’accueil, le standard et les services généraux puis de nouveaux responsables de clientèle. Nous étions enfin une vraie société. Mon souci principal n’était plus de développer le chiffre d’affaires mais de recruter les collaborateurs capables de le gérer.
Avant la fin de la première période triennale, nous demandions à notre propriétaire si d’autres surfaces étaient disponibles dans le même immeuble.
Nous louâmes 100 m2 supplémentaires au 4ème étage, puis encore 100 m2 au 7ème étage quelques années plus tard.
Nous étions 4 dans 140m2 lorsque nous avions emménagé dans cet immeuble de l’avenue Edouard Vaillant.
Lorsque nous le quittâmes en 2001, l’agence comptait 36 collaborateurs dans 340 m2 et devait se hâter de trouver à n’importe quel prix de nouveaux locaux pour pouvoir offrir des conditions de travail décentes à ses collaborateurs entassés sur des coins de table.
En février 2001, nous déménageâmes pour Issy-les-Moulineaux.
A suivre…















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