Saga de l'été : Indian Touch



Un voyage mémorable, une initiative que personne d'autre n'aurait pu mener.

Saga de l'été : Indian Touch
Je continuais ma quête de nouveauté et d’innovation. Je cherchais de manière obsessionnelle les territoires vers lesquels nous pouvions nous diriger.

Je voulais que l’agence soit aux avant-postes des relations publiques, tout comme elle l’avait été dans les années 90 lorsqu’elle avait connu sa plus forte période de croissance.

Je ne voulais pas accepter que le quotidien nous dirige, je voulais que nous soyons à la manœuvre, que le bateau ne soit pas laissé au gré du vent. Je voulais trouver le bon cap et faire route vers une nouvelle prospérité, une terre promise.

Mon voyage en Californie m’avait convaincu qu’il y avait plein de choses à promouvoir et que la Silicon Valley était toujours le berceau de bon nombre d’innovations. J’avais aussi pu constater que les américains ne s’intéressaient plus trop à l’Europe et que leurs regards étaient désormais tournés vers l’Asie, et plus particulièrement vers deux pays, la Chine et l’Inde.

Un matin, alors que je parcourais un magazine économique, je découvris un long papier un peu catastrophiste sur le péril que représentait l’Inde pour nos économies. On y parlait d’ingénieurs à bas coûts, du fait que le dumping social allait être fatal à nos innovateurs, que les règles du jeu n’étaient pas justes et équilibrées. Bref, le journaliste présentait l’économie indienne sous le seul angle du danger.

Ce papier m’exaspéra. Mais quel abruti que ce journaliste ! me disais-je en moi-même. Sommes-nous ainsi condamnés à avoir toujours peur de nos ombres ? Ne pourrait-on pas voir l’Inde sous un angle positif, celui d'une contribution déterminante à une économie mondiale qui a besoin d’ingénieurs ?

Il fallait que les journalistes de la presse française aient une autre image de ce qui se passait là-bas et j’allais m’en occuper.

Au milieu des années 90, nous avions organisé un voyage d’étude au Canada. Sponsorisé par Nortel, Cognos et avec l’imprimatur de l’Ambassade du Canada en France, nous avions fait un carton en proposant à une dizaine de journalistes de découvrir à quel point ce pays d’Amérique du Nord était innovant.

Pourquoi ne pas reproduire la même chose avec l’Inde ?

J’avais fait la connaissance de l’ami d’un ami, un certain Charles, dans une soirée professionnelle. Ancien directeur de la communication d’un constructeur informatique, il était à la recherche d’un nouveau challenge professionnel et nous avions pris date pour un déjeuner.

Je trouvais chez cet homme une intelligence et une finesse rares et je décidai, à la fin du repas de lui faire la proposition suivante :

- J’ai un projet en tête, celui d’organiser un voyage d’étude en Inde. Je veux emmener pendant une semaine une quinzaine de journalistes français découvrir ce qu’est réellement l’Inde et faire la démonstration que ce pays est un moteur de la croissance mondiale. Mes collaborateurs ne sont ni prêts ni capables de piloter ce projet et le monter. Vous avez du temps, si ça vous dit, faisons-le ensemble. Créons un "programme de rêve" pour ces journalistes. Nous trouverons ensuite le moyen de le faire financer par des entreprises.

Il me demanda quelques jours de réflexions puis accepta rapidement cette proposition. Nous nous connaissions peu, nous partions d’une feuille blanche mais c’est ce que je trouvais incroyablement excitant. J'adorais ce genre de situations qui mêlent l'ambition et une intuition humaine.

En juillet 2004, nous partîmes tous les deux, accompagnés d’un agent de voyage professionnel pour une semaine de repérage.

Nous eûmes des rendez-vous avec des autorités locales, des directions d’entreprise, des grands patrons, des représentants de syndicats professionnels, les agents de l’administration française sur place.

Lorsque nous évoquions l’opportunité de recevoir cette délégation de journalistes français, les retours étaient formidablement positifs. Les indiens nous confiaient que rares étaient les français qui s’intéressaient à eux. Nos compatriotes avaient plutôt la réputation d’être hostiles à l’Inde et à son potentiel.

Nous retournâmes à Paris confiants. Notre projet était possible à organiser.

Nous avions les bons points de chute pour un voyage de presse exceptionnel, il ne nous restait plus qu’à trouver les financements et convaincre des journalistes de nous accompagner.

Nous trouvâmes les financements assez rapidement. Les journalistes furent encore plus rapides à convaincre.

En février 2005, nous partîmes pour une semaine exceptionnelle. Nous commençâmes par New Delhi où nous fûmes reçus par l’Ambassadeur de France, puis Hyderabad, Bangalore et enfin Mumbai (Bombay). Nous permîmes aux journalistes de rencontrer un échantillon de personnalités hors du commun qui étaient les artisans de cette incroyable prospérité.

J’ouvris un blog dédié pour que tout le monde puisse nous suivre dans cette expédition (blog curieusement toujours en ligne et consultable ), j’invitai un ami photographe, Emmanuel N'Guyen, pour qu’il immortalise les meilleurs moments et fasse un reportage en images du voyage.

L’opération fut un fantastique succès. Je ne parle pas seulement des incroyables moments que nous avons partagés, des fous-rires légendaires qui prirent le dessus sur la fatigue et qui m'emplissent toujours de honte quand j'y repense, ou des sentiments d'amitié qui me lient à jamais avec certains participants.

Je parle aussi de retrombées. Je ne peux pas compter le nombre d’articles que les journalistes écrivirent dans les mois qui suivirent. Ils n’étaient que quinze mais ils étaient devenus de vrais amis de l’Inde, conscients de la réalité de son potentiel.

Un grand cabinet de consultants nous contacta à la lecture de notre blog. Il nous demanda de lui organiser un voyage similaire pour ses cadres dirigeants.

Quatre mois plus tard, nous recevions une récompense internationale. Le Holmes Group, l’un des médias les plus influents dans le monde des relations publiques, nous décerna un prix spécial « le SABRE award de la meilleure initiative originale menée par une agence de relations publiques en Europe.»
 
Paul Holmes, son fondateur, me confia à l’issue de la cérémonie qu’il avait créé cette catégorie spécialement pour nous récompenser.
 
Charles devint l’un de mes meilleurs et de mes plus chers amis. Il l'est toujours pour mon plus grand bonheur.
 
A titre personnel, ce voyage en Inde fut une bouffée d’oxygène. Il était la preuve que j’étais encore capable d’innover et de créer de manière disruptive.

A suivre...

Rédigé par Christophe Ginisty le Dimanche 26 Août 2012

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Christophe Ginisty

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