Saga de l'été : InterEditions



Saga de l'été : InterEditions
Probablement, le client qui m'apporta le plus dans mon développement personnel.

InterEditions

Comme je l'ai raconté dans une précédente note, j'accompagnai le lancement du Press'Audit par une petite campagne de promotion.

J'avais rédigé un communiqué de presse que j'adressai à la terre entière. Certes, le ton était un peu péremptoire mais j'avais envie de marquer les esprits et de faire un acte de communication aussi désespéré que déterminé.

Parmi les quelques retours que j'obtins, je reçus un jour le coup de téléphone d'une journaliste de la rédaction de l'Entreprise qui, lorsqu'elle réussit à ma joindre, me dit à peu près ceci (je cite de mémoire) :

"Ecoutez jeune homme, je tenais à vous féliciter chaleureusement pour le communiqué que je tiens en ce moment entre les mains et ce, pour au moins deux raisons. La première est qu'il est très bien écrit et sans coquille (ce qui se fait de plus en plus rare de nos jours), la deuxième est qu'il combat à juste titre la médiocrité des attaché(e)s de presse en entreprise ou en agence. Vous faites une oeuvre de salut public, mon jeune ami. J'aimerais vous rencontrer pour savoir qui se cache derrière tout ça."

J'acceptai l'invitation bien que n'étant pas tout à fait convaincu par la réalité de ces compliments. Après tout, je venais de me faire engueuler par cette consoeur qui m'avait traité de tous les noms, j'étais méfiant et incrédule. Devais-je prendre ces compliments au premier degré ?

Le rendez-vous se passa extraordinairement bien. Dominique, puisque c'est son nom, réitéra tout le bien qu'elle pensait de cette initiative et me promit qu'elle me recommanderait désormais à toutes les personnes en recherche d'un attaché de presse de talent (sic) !

Quelques mois plus tard, je reçus l'appel de la Directrice d'une maison d'éditions, InterEditions, qui me convoqua pour le lendemain matin, 8 heures.

C'était une femme impressionnante de charisme et très directe. Elle commença par me dépeindre la situation et sa demande : "Je ne cherche pas un attaché de presse qui connait l'édition, je cherche un attaché de presse qui connaît le monde de l'entreprise et Dominique m'a dit que vous étiez le meilleur. Pouvez-vous me faire une proposition dans la matinée pour la prise en charge de la promotion de tous les livres que nous sortons ? Je veux signer un contrat annuel avec quelqu'un de confiance."

Sans voix face à cette demande, je continuai d'écouter.

"Nous sortons une quarantaine de livres par an, mais mon futur attaché de presse devra se concentrer sur les principaux. Si c'est vous, sachez que je ne vous demanderai jamais d'assurer la promotion d'un livre que vous n'avez pas aimé mais par contre, je veux que vous les lisiez tous si nous travaillons ensemble."

Je retournai au bureau, subjugué par cette personnalité et totalement excité par l'opportunité. Je rédigeai à la hâte une ébauche de proposition de prix que je faxai avant 11h00. Elle me téléphona dix minutes plus tard pour me donner son accord entier sur mon devis et m'invita à téléphoner dans la journée et prendre rendez-vous avec un auteur français qui s'apprêtait à sortir un ouvrage sur l'art de la négociation.

J'ai conservé plus de 5 ans InterEditions et ce fut l'un de mes plus beaux budgets, pas tant au niveau financier qu'au niveau intellectuel. Ce furent des rencontres extraordinaires.

Pendant 5 ans, j'ai lu des dizaines de livres sur la stratégie d'entreprise, le management, les ressources humaines, la psychologie des affaires, l'innovation, le commerce, le marketing... tout ça servi par les meilleurs auteurs. Je passais mes journées avec eux à discuter, échanger, approfondir tous les sujets. A leur poser des questions et obtenir des réponses rien que pour moi.

Pendant 5 ans, j'ai fait les études que je n'avais pas faites avec d'incroyables professeurs.

En faire une liste serait totalement impossible mais je me souviens particulièrement de Marc Cathelineau, mon tout premer auteur, le grand, l'immense Michael Porter, Abraham Païs, un très vieux physicien américain qui me raconta sa vie avec Einstein quand il habitait chez lui, Bob Aubrey qui me mit les idées en place sur le développement personnel, Alain Valade qui avait écrit des choses magnifiques là encore sur ce qu'il appelait le "Théâtre de l'âme", Robert Salmon, vice-président de l'Oréal en charge de la stratégie qui me fit découvrir la prospective et le goût pour ces fameux signaux faibles, Michel Crozier qui m'éduqua à la sociologie des organisations ou encore le Général Fievet qui m'enseigna les parallèles entre la stratégie militaire et la stratégie d'entreprise.

InterEditions fut racheté quelques années plus tard pour le groupe Masson et la collaboration d'éteignit d'elle-même, sans conflit, sans drame.

Nombre de choses que je sais aujourd'hui, je les ai apprises au cours de cette collaboration. Je conserve une gratitude infinie pour cette femme qui me fit confiance et qui osa parier sur un jeune chef d'entreprise assez inexpérimenté pour représenter tous ses auteurs. Je lui dois beaucoup.

Cet environnement intellectuel bouillonnant me fit grandir et, d'une certaine manière, m'ôta les derniers complexes qui me restaient sur le fait de ne pas avoir fait de longues études savantes.

J'avais appris tellement de choses que je me sentais prêt à tout affronter.

A suivre...

Rédigé par Christophe Ginisty le Mardi 17 Juillet 2012

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Christophe Ginisty

Commentaires articles

1.Posté par Marc Cathelineau le 06/11/2012 19:02
Bonjour Christophe,

Je découvre avec bonheur votre saga de l'été. Je vous souhaite bonne chance dans cette nouvelle entreprise sympathique qui vient s'ajouter à toutes celles que vous avez engagées dans votre vie déjà bien remplie.

Bien à vous et peut être à bientôt !

Marc Cathelineau (toujours dans la négociation)

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