De plus grands bureaux, de trop grands bureaux !
Issy
Nous étouffions à Boulogne.
Nous étions répartis sur trois étages du petit immeuble de l’avenue Edouard Vaillant dans lequel nous avions emménagé quelques années plus tôt, aux 2ème, 4ème et 7ème étages et nous étions désormais 36 dans 340 m2 pas franchement pratiques pour la communication interne.
D’ailleurs, des « clans » avaient commencé à se former entre les équipes du 2ème et celles du 4ème, sans parler du 7ème qui accueillait la direction générale, considérée comme une sorte de tour d’ivoire.
Je savais qu’il fallait déménager mais le marché était délirant. Nous ne trouvions aucun espace pour nous accueillir dans des conditions acceptables.
En cette année 2000, j’arpentai toutes les surfaces disponibles dans Paris et sa périphérie et je m’étais acoquiné avec tous les commercialisateurs de la place.
Un jour, nous eûmes l’opportunité de visiter une surface qui n’était pas encore sur le marché mais que nous contact nous avait indiqué comme pouvant correspondre à nos recherche : 1.000 m2 refaits à neuf, rue Jean-Jacques Rousseau à Issy-les-Moulineaux, juste au-dessus des locaux que l’Equipe TV.
1000m2 ! C’était beaucoup trop pour nous mais l’affaire était tentante. Nous n’avions rien d’autre à nous mettre sous la dent. Et puis qui sait si, de 36, nous n’allions pas passer à 50, 60, plus… Le marché était tellement porteur que cela nous autorisait toutes les ambitions.
La surface appartenait à une filiale du Crédit Agricole qui s’était étonnée de nous voir aussi bien renseignée sur son bien.
Nous sympathisâmes avec la gestionnaire qui, moyennant un engagement sur 6 ans fermes de notre part, consentit à instruire notre dossier auprès de sa hiérarchie.
1000m2, un bail de 6 ans fermes,… je savais que c’était du délire mais je n’avais pas le choix. La pression augmentait en interne pour de meilleures conditions de travail, l’ambiance était tendue, le départ de Boulogne devenait urgent.
A la fin de l’année 2000, je signai le bail pour ces nouveaux locaux.
André Santini, toujours prompt à s’afficher avec des sociétés liées aux nouvelles technologies ou à la communication nous réserva un accueil princier.
Informé par je ne sais quel biais de notre arrivée imminente, il nous dépêcha son chargé au développement économique pour s’assurer que nous avions besoin de rien et pour, en quelque sorte, nous accueillir dans la ville.
Il demanda à me rencontrer en tête à tête puis me confia tout le bien qu’il pensait de notre implantation. Il me promit de se rendre disponible pour notre « inauguration » si d’aventure nous songions à organiser un cocktail avec nos clients et nos partenaires. Il me parla du club des PME, « pas assez bien pour moi » et m’invita à rejoindre le très select « club des AS » qui regroupait une fois par mois les grands patrons des plus belles entreprises isséennes (Coca-Cola, Eurosport, Cisco,...) autour d’un petit-déjeuner très prisé.
Rapidement, l’agence prenait ses aises dans cet espace surdimensionné. Les «pôles » que nous avions formés prenaient leur marque et découvraient enfin le plaisir de travailler dans des conditions acceptables.
Nous invitâmes tout notre carnet d’adresse à une inauguration. André Santini s’y rendit comme promis, me succéda sur une petite estrade pour y prononcer un discours plein d’humour comme il sait si bien le faire et nous prîmes peu à peu nos marques dans ces locaux tout en étant incroyablement fébriles.
Nous étions en février 2001 et le marché donnait déjà de nombreux signes d’essoufflement.
L’un de nos clients emblématiques, une start’up française bien capitalisée, Mediaps, renonça au tout dernier moment à réaliser son entrée en bourse et nous étions quelques-uns à prendre cela pour un signal faible d’un retournement de tendance imminent.
Peu de temps après notre emménagement, mon banquier vint me rendre visite. Il était chargé, selon ses termes, de me transmettre une bonne nouvelle.
L’agence ayant grandi de manière significative et ayant franchi je ne sais quel palier, nous allions quitter la gestion « en agence » pour nous diriger désormais vers une gestion « en plateau.»
Pour le commun des mortels que j’étais, cela signifiait que le bon vieil interlocuteur, directeur d’agence, allait transmettre le dossier et tout le reste à un jeune type fraichement diplômé d’une grande école de commerce.
Ce dernier assistait au rendez-vous. Il me demanda de présenter mon activité comme si nous étions de parfaits inconnus. J'en étais très vexé. Nous l’étions certes pour lui mais par pour la Banque Populaire au sein de laquelle nous avions un compte sans histoire depuis des années. Nous passions de la proximité à l’anonymat.
Je compris que nous n’aurions plus jamais les mêmes relations bancaires que par le passé.
En interne, nous avions enfin de la place. De grandes et vastes salles de réunions, des open spaces généreux pour y loger les différents pôles et une cafétéria à côté de laquelle j'avais stratégiquement installé mon bureau et dans laquelle les collaborateurs de retrouvaient avec plaisir pour d’interminables réunions improvisées.
Tous les vendredis après-midi, l’agence passait un mode formation et tout semblait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Nous continuâmes à recruter pour satisfaire les très nombreux clients que nous parvenions à signer. Dix nouveaux collaborateurs nous rejoignirent en l’espace de quatre mois et l’effectif atteignit plus de 45 personnes à l’été 2001.
L’exercice fiscal 2000 avait été exceptionnel et nous étions sûrs de pouvoir atteindre nos objectifs pour la nouvelle année.
Le premier semestre se déroula comme prévu. Pas le second.
A suivre…
Nous étions répartis sur trois étages du petit immeuble de l’avenue Edouard Vaillant dans lequel nous avions emménagé quelques années plus tôt, aux 2ème, 4ème et 7ème étages et nous étions désormais 36 dans 340 m2 pas franchement pratiques pour la communication interne.
D’ailleurs, des « clans » avaient commencé à se former entre les équipes du 2ème et celles du 4ème, sans parler du 7ème qui accueillait la direction générale, considérée comme une sorte de tour d’ivoire.
Je savais qu’il fallait déménager mais le marché était délirant. Nous ne trouvions aucun espace pour nous accueillir dans des conditions acceptables.
En cette année 2000, j’arpentai toutes les surfaces disponibles dans Paris et sa périphérie et je m’étais acoquiné avec tous les commercialisateurs de la place.
Un jour, nous eûmes l’opportunité de visiter une surface qui n’était pas encore sur le marché mais que nous contact nous avait indiqué comme pouvant correspondre à nos recherche : 1.000 m2 refaits à neuf, rue Jean-Jacques Rousseau à Issy-les-Moulineaux, juste au-dessus des locaux que l’Equipe TV.
1000m2 ! C’était beaucoup trop pour nous mais l’affaire était tentante. Nous n’avions rien d’autre à nous mettre sous la dent. Et puis qui sait si, de 36, nous n’allions pas passer à 50, 60, plus… Le marché était tellement porteur que cela nous autorisait toutes les ambitions.
La surface appartenait à une filiale du Crédit Agricole qui s’était étonnée de nous voir aussi bien renseignée sur son bien.
Nous sympathisâmes avec la gestionnaire qui, moyennant un engagement sur 6 ans fermes de notre part, consentit à instruire notre dossier auprès de sa hiérarchie.
1000m2, un bail de 6 ans fermes,… je savais que c’était du délire mais je n’avais pas le choix. La pression augmentait en interne pour de meilleures conditions de travail, l’ambiance était tendue, le départ de Boulogne devenait urgent.
A la fin de l’année 2000, je signai le bail pour ces nouveaux locaux.
André Santini, toujours prompt à s’afficher avec des sociétés liées aux nouvelles technologies ou à la communication nous réserva un accueil princier.
Informé par je ne sais quel biais de notre arrivée imminente, il nous dépêcha son chargé au développement économique pour s’assurer que nous avions besoin de rien et pour, en quelque sorte, nous accueillir dans la ville.
Il demanda à me rencontrer en tête à tête puis me confia tout le bien qu’il pensait de notre implantation. Il me promit de se rendre disponible pour notre « inauguration » si d’aventure nous songions à organiser un cocktail avec nos clients et nos partenaires. Il me parla du club des PME, « pas assez bien pour moi » et m’invita à rejoindre le très select « club des AS » qui regroupait une fois par mois les grands patrons des plus belles entreprises isséennes (Coca-Cola, Eurosport, Cisco,...) autour d’un petit-déjeuner très prisé.
Rapidement, l’agence prenait ses aises dans cet espace surdimensionné. Les «pôles » que nous avions formés prenaient leur marque et découvraient enfin le plaisir de travailler dans des conditions acceptables.
Nous invitâmes tout notre carnet d’adresse à une inauguration. André Santini s’y rendit comme promis, me succéda sur une petite estrade pour y prononcer un discours plein d’humour comme il sait si bien le faire et nous prîmes peu à peu nos marques dans ces locaux tout en étant incroyablement fébriles.
Nous étions en février 2001 et le marché donnait déjà de nombreux signes d’essoufflement.
L’un de nos clients emblématiques, une start’up française bien capitalisée, Mediaps, renonça au tout dernier moment à réaliser son entrée en bourse et nous étions quelques-uns à prendre cela pour un signal faible d’un retournement de tendance imminent.
Peu de temps après notre emménagement, mon banquier vint me rendre visite. Il était chargé, selon ses termes, de me transmettre une bonne nouvelle.
L’agence ayant grandi de manière significative et ayant franchi je ne sais quel palier, nous allions quitter la gestion « en agence » pour nous diriger désormais vers une gestion « en plateau.»
Pour le commun des mortels que j’étais, cela signifiait que le bon vieil interlocuteur, directeur d’agence, allait transmettre le dossier et tout le reste à un jeune type fraichement diplômé d’une grande école de commerce.
Ce dernier assistait au rendez-vous. Il me demanda de présenter mon activité comme si nous étions de parfaits inconnus. J'en étais très vexé. Nous l’étions certes pour lui mais par pour la Banque Populaire au sein de laquelle nous avions un compte sans histoire depuis des années. Nous passions de la proximité à l’anonymat.
Je compris que nous n’aurions plus jamais les mêmes relations bancaires que par le passé.
En interne, nous avions enfin de la place. De grandes et vastes salles de réunions, des open spaces généreux pour y loger les différents pôles et une cafétéria à côté de laquelle j'avais stratégiquement installé mon bureau et dans laquelle les collaborateurs de retrouvaient avec plaisir pour d’interminables réunions improvisées.
Tous les vendredis après-midi, l’agence passait un mode formation et tout semblait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Nous continuâmes à recruter pour satisfaire les très nombreux clients que nous parvenions à signer. Dix nouveaux collaborateurs nous rejoignirent en l’espace de quatre mois et l’effectif atteignit plus de 45 personnes à l’été 2001.
L’exercice fiscal 2000 avait été exceptionnel et nous étions sûrs de pouvoir atteindre nos objectifs pour la nouvelle année.
Le premier semestre se déroula comme prévu. Pas le second.
A suivre…















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