Saga de l'été : Kick-off !



Je voulais que les gens prennent du plaisir à travailler et faire la fête ensemble.

Kick-off !

Saga de l'été : Kick-off !
Durant toutes ces années de recrutement et de croissance, l’une de mes obsessions était d’assurer la cohésion d’un groupe qui grandissait de jour en jour et de lui donner du plaisir au travail.

Cela peut paraître dérisoire mais la dimension « plaisir » était l’un de mes curseurs fondamentaux.

Je savais que nous demandions beaucoup aux collaborateurs, que le rythme et la charge de travail étaient exigeants, je voulais que tout ceci se déroule de manière plaisante et que chaque consultant se lève le matin avec l’envie d’aller bosser dans cette agence.

Entre autres choses, j’avais pris la décision d’organiser deux fois par an une réunion appelée « kick-off » en référence aux grandes réunions générales que mes clients américains organisaient annuellement.

Le « kick-off » signifie en anglais le coup d’envoi. C’est ainsi que les grandes sociétés américaines marquent symboliquement le commencement d’une nouvelle année. On réunit tout le personnel, on passe en revue les résultats de l’année qui s’achève, on présente la stratégie pour la nouvelle année et ensuite on fait la fête.

Je voulais faire la même chose, faire "comme les grands". Sauf que je voulais en faire deux par an, en été et en hiver, histoire de mieux rythmer notre vie trépidante dans le monde si rapidement changeant des nouvelles technologies.

Le tout premier kick-off se déroula dans un grand hôtel parisien et se termina en boite. Les suivants furent l’occasion d’aller un peu plus loin de Paris, au vert, comme on dit.

Nous sélectionnions des châteaux situés à une quarantaine de kilomètres de la capitale, histoire d’être vraiment déconnectés. Nous investissions les lieux sans lésiner sur la dépense et c’était parti pour une journée de travail et de fête.

Ces réunions obéissaient à une sorte de petit rituel.

Je commençais par accueillir les gens et leur présenter le t-shirt ou le vêtement de la journée, une fringue au logo de l’agence que j’avais spécialement fait fabriquer pour l’occasion. Puis je leur présentai les chiffres dans la plus grande transparence, histoire de les impliquer complètement dans la vie de l’agence.

Puis, de nouveaux orateurs se succédèrent peu à peu à la tribune pour évoquer leurs responsabilités (informatique interne,  comptabilité, services généraux, communication).

J’avais pleinement conscience que ces réunions étaient longues et parfois fastidieuses mais, encore une fois, mon souhait était de créer de la fierté d’appartenance par le partage de la connaissance. Je pariais qu’il n’y avait rien de plus motivé qu’un collaborateur que l’on informe et qui se considère ainsi impliqué dans la vie de son organisation.

Après ce long tunnel que représentaient les réunions d’information, nous passions à une phase plus ludique.

Nous partions profiter du domaine, faire de l’équitation, du golf, du karting,… avant de nous retrouver tous ensemble le soir pour dîner.

Et là, c’était la fête. La leur, pas la mienne.

Aussi curieux que cela puisse paraître, je ne m’amusais pas énormément pendant ces soirées. En dehors du fait que les présentations du matin m’avaient un peu mis sur les rotules, j’étais plus spectateur qu’acteur de ces moments de liesse collective.

J’étais très heureux de constater à quel point mes collaborateurs s’entendaient bien au point de prendre un vrai plaisir à faire la fête ensemble mais j’y ai toujours éprouvé un grand sentiment de solitude. Il s’agissait de cette solitude du chef d’entreprise qui n’est pas un membre du groupe comme les autres mais un membre définitivement à part.

Je ne le confessais pas à mes collaborateurs mais c’est souvent pour cette raison que je suis parti avant la fin, sans faire de bruit et en laissant au groupe le soin d’écrire le reste de l’histoire.

Le lendemain matin, nous nous retrouvions au petit déjeuner, la mine un peu défaite et, pour certains, l’œil vitreux.

J’avais le sentiment d’avoir réussi mon coup et d’avoir un peu plus contribué à consolider l’agence avec cet événement.

C’était comme ça deux fois par an, jusqu’à un mémorable kick-off organisé à Marrakech quelques années plus tard.

L’agence était devenue un groupe d’individus qui se respectaient et s’appréciaient au-delà de leurs différences. Mais ce qui était important pour moi, c’était de constater qu’ils prenaient plaisir à passer du temps ensemble après leurs heures de boulot.

Le paramètre « plaisir », il était bien là. J’avais réussi à créer une organisation agréable à vivre.   

Je pense que ces kick-off ont forgé une solide culture d’entreprise et je suis convaincu que ceux qui ont vécu ces années-là ne me contrediront pas, quels que puissent être leur souvenir de leur passage à l’agence.

En décembre 2000, l’agence reçut le « Grand Prix de l’Agence de Relations Publiques de l’année.» Et tout naturellement, tous les collaborateurs se retrouvèrent dans l’une des plus grandes boites parisiennes pour célébrer l’événement jusqu’au bout de la nuit.

Mais nous allions bientôt revenir sur terre et affronter la dure réalité de la fin de l’année 2001.

A suivre…

Rédigé par Christophe Ginisty le Vendredi 17 Août 2012

               Partager Partager

Christophe Ginisty

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter
B i u  QUOTE  URL

Privé | Politique | Destinations | Inclassable | Livre | Pensées | Mon blog | Mémoires | IPRA | Lectures