Sarkozy et la république des apparences


Rédigé le Lundi 26 Mars 2012


Sarkozy et la république des apparences
Ce matin, sur l'antenne de France Info, le président candidat a eu une formule que d'aucuns qualifient de "maladroite" en évoquant "l'apparence musulmane" des deux victimes militaires de Mohamed Merah.

En dehors de l'ignorance dont cela fait le jour, cette sortie est très révélatrice finalement d'un état d'esprit et décrit assez cyniquement la société dans laquelle nous vivons depuis quelques années.

Dans un pays que le président Sarkozy n'a cessé de cliver tout au long de son mandat (et même avant en tant que Ministre de l'Intérieur), les gens en sont arrivés à se regarder de travers, à s'épier avec méfiance et à s'arrêter à des apparences pour se juger les uns les autres.

En perte de vitesse sur ses valeurs fondamentales, provoquée par de faux débats sur l'identité nationale, la cité s'est peu à peu refermée sur elle-même.

Le factice a remplacé le réel et les apparences sont devenues les béquilles de notre humanité estropiée.

Regardez autour de vous et écoutez les conversations. Vous entendrez les gens égrainer de plus en plus des clichés sur les jeunes, les noirs, les arabes, les asiatiques, les juifs, les francs-maçons, les riches, les roms, autant de groupes humains stigmatisés et poussés dans les cordes d'un ring républicain érigé sur la peur et le mépris de l'autre.

La France est devenue une terre d'apparences et Nicolas Sarkozy en est l'idéologue.

Je vous le disais, sa sortie de ce matin n'est pas une gaffe et encore moins un lapsus. Elle exprime sa pensée la plus profonde, une pensée qu'il a tenté de nous imposer pendant cinq ans.

A vous de voir si vous voulez que ça continue... au-delà des apparences évidemment.


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Christophe Ginisty
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