Christophe Ginisty

Solidarité : le message clé du Rapport Gallois


Rédigé le Mardi 6 Novembre 2012



Solidarité : le message clé du Rapport Gallois
C'est drôle comme les journalistes et les politiques se saisissent toujours des mêmes sujets. Un journée après la remise du rapport Gallois, on ne pare que de de milliards, de charges, d'impôts, bref que de mesures techniques et comptables.

Or, j'ai lu et bien lu le rapport Gallois que vous pouvez télécharger dans son intégralité en cliquant sur le lien ci-dessous. Et moi, un mot m'a sauté aux yeux, un mot qui revient à de très nombreuses reprises : solidarité.

rapport_lg___pacte_competitivite___05112012_1.pdf Rapport LG - Pacte compétitivité - 05112012-1.pdf  (3.52 Mo)


C'est tellement flagrant qu'après en avoir terminé la lecture, j'avais le sentiment qu'un bon communicant aurait pu débaptiser ce rapport : Plaidoyer pour la solidarité retrouvée de l'industrie française.

Morceaux choisis :

- Page 13 : Le tissu industriel est insuffisamment solidaire. En économie de marché, il est normal que les entreprises ne puissent se faire des cadeaux entre elles, mais elles peuvent reconnaître des intérêts communs et collaborer. Elles ne le font pas suffisamment en France à la différence, là aussi, de l’Allemagne ou de l’Italie. Toutes les entreprises qui fournissent des groupes français et des groupes américains ou allemands disent constater la différence. Les filières, sauf exception, ne fonctionnent pas comme telles : les relations entre les grands donneurs d’ordre, leurs fournisseurs et les sous-traitants sont souvent dégradées, en tous cas, insuffisamment explicitées et organisées ; elles n’identifient pas les intérêts communs.

Il en est de même des solidarités territoriales : elles s’expriment encore trop peu, même si les pôles de compétitivité constituent une avancée significative dans ce sens. Il convient d’ajouter que les délocalisations ont trop souvent porté en France sur l’ensemble des processus industriels concernés, à la différence d’autres pays qui ont su conserver sur leur sol les éléments les plus critiques de ces processus (segments de haute technologie, assemblage). L’impact déstructurant de ces délocalisations sur les filières industrielles en a été amplifié.


- Page 31 : le faible nombre d’entreprises de taille intermédiaire (ETI) comme la faible solidarité entre entreprises sont des carences réelles de l’industrie française. Elles pèsent, bien sûr, sur notre compétitivité industrielle en nous privant du dynamisme des ETI comme des synergies dont bénéficient nos concurrents allemands ou italiens beaucoup plus solidaires.

- Page 32 : La solidarité des filières est d’abord de la responsabilité des entreprises qui les composent. C’est, en particulier, l’affaire des grands groupes qui en sont les « têtes de pont » et des organisations professionnelles qui les fédèrent.

Cependant des dispositifs peuvent pousser les acteurs à développer leurs synergies et leurs coopérations ; ils devront être renforcés. En particulier, l’obligation d’associer les fournisseurs et les sous-traitants aux actions des grands groupes dès lors qu’ils bénéficient d’aides de l’État ; le lancement de grands programmes du type de ceux soutenus par les Investis sements d’Avenir peut être l’occasion de tels rapprochements (par exemple, l’avion du futur, la voiture du futur, les hydroliennes, l’hôpital numérique…). Nous avons vu également que des structures de coopération – type IRT ou pôles de compétitivité – conduisent les grands groupes, les ETI et PME à travailler ensemble. Enfin, la BPI devra avoir une politique de filière, pour ses activités de fonds propres, éventuellement à travers des fonds spécialisés (voir plus loin).


Cette lecture est intéressante du point de vue de la communication. Car la compétitivité dont tout le monde parle est une finalité alors que la solidarité est un moyen.

Mais, en focalisant l'opinion publique sur cette finalité et en axant tous les messages sur ce thème, ne prend-on pas le risque d'occulter le chemin indispensable qu'il faudrait emprunter pour y parvenir ?

En d'autre termes, n'est-il pas plus porteur politiquement parlant d'éclairer l'opinion sur l'impérieuse nécessité pour les acteurs de l'industrie d'être solidaires plutôt que viser un objectif comptable beaucoup moins rassembleur ?

Notre pays souffre-t-il d'un manque de compétitivité ou d'un manque de solidarité ? La question reste ouverte.

Personnellement je pense que la solidarité est porteuse d'un projet de société, pas la compétitivité.

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Professionnel de la communication, optimiste exigeant et idéaliste compulsif, j'essaye de consacrer du temps au projet de changer le monde.

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