Troisième épisode de ma rétrospective 2010 : l'année des mains sales
Ce n'est certes pas nouveau, mais l'année 2010 a été le théâtre de l'explosion des affaires sur la place publique. Et c'est tant mieux car depuis le temps que la politique était salie par des soupçons plus ou moins fondés de corruption, 2010 nous aura au moins donné l'opportunité d'en débattre.
En premier lieu, on pense au feuilleton de l'été, l'affaire Woerth - Bettencourt où un ministre de la République ne comprend même pas le problème qu'il peut y avoir entre un homme, ministre du budget et son épouse qui fait de la défiscalisation pour l'une des plus grandes fortunes de France. Un homme qui cumule ses fonctions de ministre avec celles de trésorier du parti présidentiel, qui crée un micro-parti chez lui, dans l'Oise, pour s'assurer des dons de riches supporters qu'il reversera au parti qui le nourrit. Un homme d'apparence tellement sincère qu'on en vient parfois à penser que sa normalité à lui, eh bien c'est celle de la collusion permanente. Mais Woerth est loin d'avoir animé en solo cette année plus que troublante du point de vue des conflits d'intérêt. Deux membres du gouvernement, Christian Blanc et Alain Joyandet se sont faits prendre en flagrant délit d'abus de bien public, notion qui n'existe pas mais qui a le mérite d'illustrer assez bien le propos. Là encore, l'exécutif a montré par sa lenteur à réagir, qu'il ne trouvait presque rien à redire à ces hommes qui se servaient pourtant dans les caisses de l'état pour s'accorder quelques plaisirs aussi personnels qu'indécents. Et puis il y a eu aussi le retour sur le devant de la scène d'Edouard Balladur que l'on croyait à tout jamais installé au Panthéon des candidats malheureux à l'élection présidentielle et dont le nom fut cité dans la dramatique affaire de l'attentat de Karachi ou une dizaine de nos ressortissants sont morts dans un attentat terroriste. On y découvre alors que l'ancien premier ministre aurait reçu des millions de francs en liquide pour financer sa campagne, sans en connaître la provenance exacte. Là encore, on nous propose d'aller voir ailleurs ce qui s'y passe. Si maintenant, il faut s'inquiéter pour chaque million qui arrive en petites coupures, où va-t-on, mon bon ami ? Oui car le fond du problème est bien là. Nos dirigeants et nos élus semblent à chaque fois ne pas comprendre pourquoi on leur cherche des poux dans la tête. Ils ont un aplomb formidable en affirmant qu'ils ne voient pas où est le problème, que tout le monde fait la même chose et ce, depuis toujours. C'est sans doute ça : le système politique en France se nourrit de ces petits arrangements au point d'en avoir fait la norme. Les années d'un député comptent double pour le calcul des droits à la retraites ? Ils ne voient pas, en plein débat sur la réforme des retraites, pourquoi on devrait y mettre un terme. Ils ne voient pas alors qu'un gamin de 10 ans percevrait l'indécence de la situation en quelques secondes. Tout récemment encore, les députés ont bataillé pour éviter que la dissimulation volontaire d'éléments de patrimoine ne soit assortie d'une peine de prison, se mettant encore une fois à l'abri de la loi ordinaire, celle qui touche les simples citoyens. 2010 nous a offert un spectacle pitoyable en France ! Les élus et les membres du gouvernement doivent retrouver la voie de la probité et de l'exemplarité. Il n'est pas digne d'une démocratie moderne — ou d'une démocratie tout court — d'assister à ces comportements. Il faut que les citoyens se montrent plus exigeants vis à vis de leurs édiles et il est urgent d'aménager la loi dans une logique qui ferait peser sur les élus bien plus d'obligations que sur les citoyens ordinaires car ils ne font pas un job comme les autres et tiennent leur légitimité des peuples qui les élisent. Rédigé par Christophe Ginisty le Mardi 28 Décembre 2010
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Petite chronique énervée contre ces leaders qui se moquent de leurs militants




