Trop de "petites phrases" tue la politique



Trop de "petites phrases" tue la politique
Ce week-end encore, nous avons eu l'illustration d'un phénomène de plus en plus important : le temps médiatique s'affole dès qu'une petite phrase outrancière percute l'actualité.

Les propos de Brice Hortefeux qui condamnait une décision de justice visant des policiers et ceux de Marine Le Pen parlant d'occupation à propos des prières de certains musulmans dans la rue ont occupé l'essentiel de l'actu politique du week-end. On a parlé presque que de ça.

Ces propos ont au moins deux points communs du point de vue de la communication : ce sont ce que l'on appelle des petites phrases et ils sont outranciers. Et c'est précisément cela qui les fait bousculer immédiatement l'agenda médiatique.

Les petites phrases sont des déclarations courtes et ciblées qui sont conçues pour marquer l'interlocuteur et être facilement mémorisées. Quant à l'outrance en communication, même si cette caractéristique est toujours sujette à appréciation, c'est la capacité à prendre à revers la parole habituelle par l'utilisation d'une provocation.

Ce qui est intéressant à observer, c'est la mécanique automatique qui crée l'emballement médiatique. Il suffit d'un rien pour occuper la première place, c'est aussi basique que d'appuyer sur le bouton "start"

Car nous sommes bel et bien à une époque où l'actualité est dominée par la succession presque sans fin de petites phrases outrancières. C'est du zapping permanent, bruyant, étourdissant, un vacarme savamment orchestré par les politiques en manque d'exposition médiatique, populistes en tête.

Il y a deux conséquences à cela : la première est que les politiques ne nous disent plus rien de consistant. Le fond s'amenuise à mesure que la surface se parsème de ces petites déclarations circonstancielles. La deuxième est que, du coup, les citoyens perdent peu à peu la notion de programmes ou d'idéologie pour s'en remettre aux postures.

Ce n'est pas très réjouissant pour la noblesse de la politique mais c'est comme ça que cela fonctionne en ce moment.

Espérons — comme je le crois d'ailleurs — que le fond ressurgisse et reprenne le dessus et que la dictature de l'actualité crée le besoin chez les gens de prendre du recul pour réfléchir à nouveau.

Rédigé par Christophe Ginisty le Lundi 13 Décembre 2010

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Commentaires articles

1.Posté par Jarodd le 13/12/2010 18:57
D'autant plus qu'il n'y a pas matière à s'affoler ! Je ne comprend pas qu'un propos raciste d'un Le Pen ou un propos pro-flic et anti-démocratique d'Hortefeux puisse étonner... C'est la rrrrroutine habituelle ! Qui touche le fond, à défaut d'en parler.

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