Christophe Ginisty

UMP : l'impossible sortie de crise qui en dit tant sur la politique


Rédigé le Mardi 27 Novembre 2012



UMP : l'impossible sortie de crise qui en dit tant sur la politique
Décidément, cette crise à l'UMP est inspirante et n'en finit pas de nous donner des éléments d'appréciation sur la manière avec laquelle on doit se comporter en situation de crise.

Oui, car mon propos n'est encore une fois pas de décoder le fond sous l'angle politique mais de rester sur le plan de la communication.

J'ai déjà eu l'occasion d'écrire ici le fait que les deux protagonistes avaient fait tout ce qu'il ne fallait pas faire en pareille situation, je crois que nous sommes aujourd'hui les spectateurs d'une nouvelle phase, éminemment critique, celle de l'impossible quête de sortie de crise.

Toute crise doit avoir une fin, voilà une règle absolue en matière de communication. Et il appartient aux parties prenantes de travailler à cette fin avec ardeur et créativité.

Lorsque l'on est confronté à une situation difficile, il faut certes communiquer, reprendre le contrôle de la situation, faire acte de compassion (ce que les deux candidats à la présidence de l'UMP n'ont d'ailleurs pas su faire) mais il faut en plus rechercher la manière la plus honorable de conclure aussi rapidement que possible l'épisode afin que le public soit rassuré et puisse sereinement passer à autre chose.

Dans le cas de l'UMP, les antagonismes sont si profonds et les orgueils si échauffés que la sortie de crise par le haut semble impossible.

Car quel objectif Copé et Fillon devraient-ils afficher pour rassurer leur sympathisants quant à la possibilité d'une fin heureuse ? Le rassemblement et la réunification, fruit d'une série de compromis inspirés par la conscience de l'intérêt supérieur.

Pour l'heure, ils ont tous les deux pris le chemin inverse.

Leur communication est autodestructrice car elle est axée sur l'intransigeance et la volonté de travailler pour soi-même et non pour le collectif, aux antipodes de l'idée que l'on se fait de la politique.

Laissons la chose politique derrière nous et concentrons nous sur les stratégies de communication.

Spectateur d'une situation de crise, le grand public a besoin de constater quatre postures essentielles :

  1. Le ou les principaux responsables ont correctement identifié la crise
  2. Le ou les principaux responsables compatissent avec les victimes de la crise et travaillent en leur faveur
  3. Le ou les principaux responsables travaillent pour restaurer les valeurs de l'organisation en affichant une volonté farouche d'y arriver
  4. Le ou les principaux responsables sont capables de mettre un terme à l'incident et communiquent des bilans d'étapes.

Il faut au moins contribuer à ces quatre attentes lorsque l'on gère une situation de crise.

Or, dans le cas qui nous occupe. Si tout le monde a identifié le problème et reconnaît sa gravité, les points 2, 3 et 4 sont totalement délaissés car sacrifiés à l'impératif de ne servir qu'un intérêt personnel. Il n'y a pas de compassion vis à vis des vraies victimes que sont les militants, les deux protagonistes travaillent pour eux seuls, les avancées se font manifestement dans le sens contraire à l'intérêt de l'organisation et les seuls bilans d'étape présentent une situation qui s'aggrave par rapport au bilan précédent.

Les dégâts seront importants et il m'apparait désormais évident qu'aucun des deux n'est en mesure de gagner à terme la bataille de la communication. Ils sont tous les deux carbonisés.

Que sont Copé et Fillon en train de faire comme démonstration ? Qu'ils sont ailleurs, sur une autre planète, à se battre pour un combat stérile et que la politique se résume à une sordide bataille de cour d'école pour un pouvoir qui n'en est même pas un.

Ils font plus que dégrager leur image personnelle et celle de l'UMP, ils dégradent un peu plus l'image du politique dans une société qui aurait pourtant un grand besoin de croire en la vertu de cette fonction organisatrice et fédératrice.

Avec cet épisode, nous avons une illustration supplémentaire que ce n'est pas la politique qui est en mesure de changer notre société en veillant attentivement à la préservation de l'intérêt général.

Je l'ai dit quand j'ai décidé d'arrêter de faire de la politique : les vrais combats sont ailleurs, dans le monde associatif, dans les entreprises et en chacun d'entre nous. Le reste n'est que spectacle de mauvais goût pour égos dévorés d'ambition.

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Professionnel de la communication, optimiste exigeant et idéaliste compulsif, j'essaye de consacrer du temps au projet de changer le monde.

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Wow... worth reading ! https://t.co/vhSvMM7que
Dimanche 26 Mars - 12:09
#Fillon sur écoute ? Bien oui, y'a des millions de français qui attendent qu'il dise quelque chose de censé depuis des mois !
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Non, #Fillon n'est pas mis en cause par la presse mais par des juges, la presse ne se contentant de relayer
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