Voici les raisons qui ont poussé Sarkozy à annoncer le remaniement 6 mois à l'avance
Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais ce feuilleton du remaniement annoncé il y a six mois par Nicolas Sarkozy et qui tarde toujours à arriver commence à me courir sur le système. Je trouve ça gonflant et assez dévalorisant pour la classe politique dans son ensemble qui montre là son plus détestable visage, entre clientélisme et flagornerie.
Mais savez-vous au moins pourquoi cette partition a-t-elle été jouée ainsi ? Il y a trois avantages pour Nicolas Sarkozy à avoir orchestré ce futur remaniement de cette manière. S'assurer de la fidélité des partisans A l'instant où Nicolas Sarkozy a annoncé son intention de remanier profondément à l'automne, la quasi-intégralité des membres du gouvervement s'est sentie menacée. Les ministres et secrétaires d'état ont alors eu immédiatement à coeur de ne pas faire de vague et de rapporter des bonnes notes pour prouver leur dévotion au chef. Ils ont essayé autant que possible de se placer dans les médias pour promouvoir haut et fort la qualité des politiques suivies, ce qui est potentiellement bénéfique pour un Nicolas Sarkozy en situation précaire dans les sondages. Mais il n'y pas que les membres du gouvernement qui se sont mis à faire du zèle : tous les "ministrables" se sont également mis en marche pour se faire remarquer de l'Elsyée, constituant ainsi une armée spontanée de courtisans bien utile en ces temps tourmentés. Tester l'opinion publique A moins de deux ans de la présidentielle, il ne fait pas bon se mettre l'opinion à dos et se planter dans la désignation d'une nouvelle équipe gouvernementale. En annonçant très en avance le remaniement, l'Elysée laisse la presse phosphorer sur des remplaçants potentiels à François Fillon, note les louanges et les critiques et, surtout, observe la réaction des français face à chaque nom avancé. Evidemment, quand on fait un remaniement surprise, on n'a pas le temps de faire ce genre d'étude, seul un épisode aussi long que celui que nous vivons permettait d'avoir des retours fiables et nourris et c'est particulièrement précieux pour un président qui dirige avec un oeil rivé en permanence sur les sondages d'opinion. Réaffirmer son leadership "Le chef, c'est moi et personne d'autre", c'est un peu ce que tente de prouver Nicolas Sarkozy en mettant tout le monde en apesanteur, le souffle coupé, soumis à son bon vouloir. Il y a quelque chose de très monarchique dans cette attitude qui place le choix des ministres au rang d'une sorte de "droit divin". En agaçant les observateurs, en les laissant spéculer, en n'écoutant pas les conseillers qui lui pressent d'annoncer sa décision, le président veut se montrer comme le maître (absolu) du jeu politique intérieur. Bien sûr, cette stratégie est agaçante car on a le sentiment que la France est désormais une république de cour et que le casting est un exercice people bien éloigné des problèmes réels des français. Mais c'est comme ça que nous sommes gouvernés. Rédigé par Christophe Ginisty le Lundi 8 Novembre 2010
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Le remaniement est politicien et c'est un coup de pouce déguisé aux centristes




