« Les Terre de Notes c’est qui déjà ? | Accueil | « Les Minutes célibataires », deuxième prix de la catégorie Podcast »

08 février 2007

Happydeutschlehrerin, 2ème prix de la catégorie littérature

J'aimerais revenir sur la notion de littérature. Certains nous ont démontré ici et ailleurs ce qui n'était pas "littérature", en prenant pour exemple les textes primés, mais je cherche encore celui qui nous montrera ce qu'est la "littérature" et, à fortiori, la littérature cuvée 2007.
Prenons le dictionnaire...
Zut, il est où, ce dico....??????
15 minutes plus tard :
D'après Wikipedia :
Le mot littérature (du latin littera, « lettre », puis litteratura, « écriture », « grammaire », « culture ») désigne principalement :
1- L'ensemble des œuvres écrites ou orales fondées sur la langue et comportant une dimension esthétique (à la différence par exemple des œuvres scientifiques ou didactiques) : sens attesté en 1764;
2- Les activités de production et d'étude de telles œuvres : sens apparu dans la première partie du XIXe siècle;
3- Ensemble de textes publiés relatifs à un sujet, qu'ils aient ou non une dimension esthétique (d'après l'allemand Literatur, 1758). C'est en ce sens que l'on peut parler par exemple de littérature scientifique.

Ainsi :
1- Ce qui nous intéresse ici : "écrit" et "esthétique". Nous avons déjà un gros problème : définition de la notion d'"esthétique", une notion qui a toujours divisé les philosophes, et "écrit". Si l'on part du principe que l'on écrit en prenant son plus beau stylo, effectivement, ce qu'on trouve sur internet n'est pas de la littérature. Or, nous nous situons là dans une optique rétrograde, qui n'admet point le progrès et l'évolution.
Comme nous ne voulons pas être des gens rétrogrades, nous allons considérer qu'aujourd'hui, en 2007, on écrit bien souvent à l'aide de claviers blancs décorés de petites pommes si l'on est un "gens bien", de claviers gris sans petites pommes si l'on est un "gens bien mais un peu moins quand même".
Et puis nous allons partir du principe que chacun a sa propre perception de la notion d'esthétique, c'est à dire de ce qui entre dans le cadre du beau, de la morale etc...etc...etc...

2- Ici, nous allons retenir le terme "activité de production". Le fait de produire du texte écrit signifie que l'on "fait" déjà de la littérature. En clair, lorsqu'on écrit un blog, on se place dans le domaine de la production de texte écrit, et donc de littérature.

3-Un "ensemble de textes" désigne la "littérature relative à...". Par exemple, les posts relatifs au rouge-à-lèvre qu'il faut absolument acheter en ce moment, c'est la "littérature rouge-à-lèvresque".
Euuuuhhhh........
Enfin bref.

Vous l'aurez compris, chers amis, "littérature" est un terme on ne peut plus vaste, et il convient d'être extrêmement prudent avant d'émettre un jugement de valeur qui n'implique que nous.

Dans notre société, lorsqu'il y a eu progrès, ce progrès a toujours été accompagné de voix qui s'élèvent, de gardes-fous de l'ancien. Effectivement, si l'on me demande ce qui est plus littéraire, mon blog, ou le "Doktor Faustus" de Thomas Mann, je réponds sans hésiter : mon blog Thomas Mann ! Evidemment, cela va de soi.
Avant les blogs, devenir auteur, cela signifiait : noircir des pages et des pages, envoyer le paquet à des éditeurs, recevoir des tonnes de refus, publier, peut-être, rester dans l'anonymat, souvent.
Aujourd'hui, n'importe qui peut s'auto-proclamer "auteur" et publier son oeuvre, d'un simple clic.
Or, je constate que pour beaucoup, la finalité de cette publication virtuelle reste, et restera encore longtemps, la VRAIE publication d'un VRAI livre, avec tout ce que cela implique.
Cela m'amène à la question suivante :
Tout écrit virtuel mérite-t-il d'être publié ? Non, of course ! Tout comme 100 000 manuscrits finissent chaque année à la poubelle. Il y a des blogs qui donnent matière à "plus", c'est-à-dire au livre, et d'autres qui, tout en étant très intéressants, ne seront jamais édités.
L'édition, un gage de qualité, alors ? Pour l'éditeur qui a pris la décision de publication, oui. Pour les autres, cela reste subjectif. Personnellement, j'ai lu certains très mauvais livres...
Internet offre une bien plus grande visibilité de ce qui se fait en matière d'art, et cela est bien. C'est comme si chacun d'entre nous pouvait écouter chaque maquette envoyée, lire chaque manuscrit, voir chaque peinture, même, et surtout les choses qui n'auront pas de succès.
Nous avons subitement un champ de possibilité énorme, et une liberté de jugement incroyable. Nous ne sommes plus limités à ce qui aura déjà été validé par le jugement de professionnels, avec tout ce que cela implique de subjectif. Subitement, nous sommes producteurs, éditeurs................
C'est en ce sens aussi que le jury littéraire du festival de Romans était bien choisi :
- Un "garde-fou" à l'expérience avérée du monde littéraire "à l'ancienne", avec le goût des belles choses, des beaux textes.
- Une journaliste, représentante de la nouvelle façon d'écrire, blogueuse aussi, et donc compétente pour discerner une éventuelle qualité de plume dans un blog.
- Un jeune auteur édité, parti du blog, qui possède donc à la fois le regard du lecteur de blog, mais aussi la plume de qualité suffisante pour avoir intéressé un éditeur.

En ce qui me concerne, je suis très heureuse d'avoir obtenu ce 2ème prix. Je dois dire que c'était totalement inespéré. Cette reconnaissance professionnelle me motive au plus haut point, car j'ai encore beaucoup de choses à dire, à écrire.
Or, avec cette profusion de textes sur internet, il n'est pas facile de s'auto-évaluer, de savoir si ce que l'on écrit peut intéresser.
En ce sens, le festival de Romans a apporté une plus grande visibilité à mon blog, j'ai pu avoir cet avis critique que j'attendais, et je crois savoir que les messieurs des maisons d'édition ne sont pas inintéressés par ce que je fais.
Wait and see...
J'ai également été contactée par un créateur de sites, qui m'offre de faire gratuitement un site tout neuf, tout beau, avec un vrai nom de domaine et tout et tout. Ca, c'est cool!!!!!

Il me reste à vous inviter à venir lire mes petites bafouilles. Si vous êtes persuadés que les profs sont des êtres gris, ternes, sadiques, si vous croyez que les profs vivent au fond du placard de la salle de cours, venez voir ! Votre vision de l'éduc'nat' sera bouleversée pour toujours!!!!
happydeutschlehrerin

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/t/trackback/198461/7825975

Voici les sites qui parlent de Happydeutschlehrerin, 2ème prix de la catégorie littérature:

Commentaires

Bravo à toi ! Tout simplement bravo ! Je trouve ton analyse très clairvoyante et pour le moins convaincante ;)

Mais si j'ai tout bien compris on en reparlera ce soir ! ;)

Oui, c'est en mieux expliquer, ce que je disait l'autre jour, un blog peut exister en lui-même comme une création... Evidement que si ça débouche sur une expo, ou une édition, ça fait toujours plaisir, c'est un plus mais bon... Et d'accord, les profs ne sont pas triste et terne, regarde-moi ;)

Pardon pour "expliqué" et "disais", la fatigue...

Justement, les fôtes, parlons-en. Quand on tape sur un clavier, on fait des fautes, c'est inévitable. L'oeil est programmé pour lire un mot dans sa globalité, et pour cela, il suffit que la première et la dernière lettre de ce mot soient à la bonne place.
Je connais des agrégés de lettres qui font des erreurs énoooormes. Cela n'enlève rien à leur érudition et à la qualité de leur langage.

«2- Ici, nous allons retenir le terme "activité de production". Le fait de produire du texte écrit signifie que l'on "fait" déjà de la littérature. En clair, lorsqu'on écrit un blog, on se place dans le domaine de la production de texte écrit, et donc de littérature.»

C'est là que j'accroche. La première question que notre prof de TP nous a posée en études littératures était justement : «Qu'est-ce que la littérature?». Et tous les élèves y sont allés de leur meilleure définition, de la plus pompeuse à la plus risible.

Si on prend cette définition (celui qui écrit fait donc immanquablement de la littérature), on met tous les légumes, les fruits, les arbres et les bouts de béton dans la même marmite et hop! on fabrique plein de littérateux.

Décrire le dernier film qu'on a vu ou parler du dernier rouge à lèvres ce n'est pas de la littérature. Dans le premier cas, c'est de la critique cinématographique (et encore, la plupart du temps, ça relève plus des états d'âme du blogueur que de la «critique»); dans le deuxième cas, ce sont des banalités.

Décidément, dans ce festival, et selon l'avis de mes consoeurs et confrères blogueurs y participant, la littérature n'est pas seulement un terme galvaudé qui ne veut rien dire dans notre ère post-post-moderne. La littérature, toujours dans le cadre de ce festival, c'est n'importe quoi.

Poster un commentaire

Les commentaires sont modérés. Ils n'apparaitront pas sur ce weblog tant que l'auteur ne les aura pas approuvés.

Le site du Festival

Partenaires du Festival


  • Partenaires du Festival de Romans

L'actualité des blogs sur Pointblog.com

Shopping