Coming out : Pourquoi je vais voter François Bayrou
Comme promis, je vous annonce aujourd'hui mon choix politique pour l'élection présidentielle. J'ai décidé de soutenir la candidature de François Bayrou et de voter pour lui. C'est un choix personnel que je tiens à vous expliquer. Il y a plusieurs raisons qui m'ont amené à prendre cette décision. Des raisons qui m'ont fait choisir ce candidat et d'autres qui m'ont fait rejeter ses concurrents.
Au premier rang des raisons qui m'ont conduit à choisir François Bayrou, il y a sa vision de la politique et notamment son appel à briser le clivage droite/gauche qui parasite notre vie politique depuis 1958 et empêche peu à peu de moderniser et reformer ce pays sous le poids écrasant des antagonismes. D'un côté nous aurions l'appétit du gain animé par les méchants capitalistes qui veulent s'en mettre plein les fouilles au détriment des travailleurs et, de l'autre, nous aurions les bons sentiments, la générosité et l'altruisme porté par des valeurs exclusivement sociales, au mépris des réalités économiques. Cette bipolarisation sans mesure est absurde et ne correspond pas à ma réalité de citoyen.
Il y a des choses qui m'inspirent dans les deux "camps" et je suis convaincu qu'on gagnerait tous à en faire la synthèse plutôt que de s'opposer de façon manichéenne à chaque élection. La France est malade de cette opposition systématique moins idéologique que découlant des institutions de la cinquième République (notamment dans les modes de scrutin). Malade depuis très longtemps et souvenons-nous que le fameux "vous n'avez pas le monopole du coeur" de Giscard à Mitterrand date tout de même de 33 ans. En voulant rassembler les français au centre dans le cadre d'une vraie social-démocratie qui fait travailler les gens ensemble, François Bayrou fait, à mon sens, preuve d'un très grand courage et incarne une vraie modernité politique. Qu'on soit de droite ou de gauche, je suis convaincu, comme François Bayrou, qu'on ne pourra pas faire avancer ce pays sans faire le deuil de ce clivage archaïque. Notre pays a besoin de réformes importantes mais on ne peut pas réformer dans une société coupée en deux, caricaturée entre le bien et le mal.
Une autre raison de ma préférence pour François Bayrou est la très grande lisibilité de son programme. Contrairement aux autres candidats qui se cherchent encore et qui peinent à formaliser leur plateforme, François Bayrou a mis en ligne un index thématique à l'adresse suivante qui permet à chacun d'entre nous de consulter la position du candidat sur le thème de son choix. J'ai pu trouver facilement les réponses à mes interrogations et ainsi prendre une décision (même si l'un de mes thèmes de prédilection, le développement des technologies de l'information et de la communication, est encore un peu absent du programme).
Je vous conseille particulièrement les lectures suivantes qui m'ont inspirées et dont j'approuve le contenu :
- L'activité universelle
- Les banlieues
- Le développement
- Modèle de société
- Médias
- L'entreprise
Il existe d'autres motifs qui m'ont conduit à préférer la candidature de François Bayrou. Ces motifs renvoient au rejet de ses deux principaux concurrents.
Même si je partage certaines positions de Nicolas Sarkozy, je suis très perturbé par les accents d'extrême droite que prend périodiquement sa campagne, notamment dans la manipulation des médias et dans l'utilisation des ressources du Ministère dont il a la charge à des fins personnelles. Il y a un comme parfum de totalitarisme qui plane dans l'air quand il fait renvoyer le patron de Paris Match pour avoir publié des photos de Célicila à New York avec son amant d'alors. Il y a une forme d'abus du bien public quand le standard du QG de campagne se confond avec celui de la place Beauvau. Il y a les vieux démons de l'ORTF qui ressurgissent quand on voit les Doc Gyneco, Tapiro et autres Le Meur accèder soit à des contrats publicitaires, soit aux faveurs des médias. Même son site Internet est un modèle de nouveau média construit selon les bonnes vieilles règles propagandistes des vieux médias. On croirait la télé russe du temps de Breijnev. Nicolas Sarkozy se gâche en faisant de la politique à l'ancienne car je pense que le bonhomme est bien meilleur que ça. Et puis, je suis choqué quand le Ministre des cultes intervient dans un procès tel que celui de Charlie Hebdo et quand il ironise en direct sur les arabes qui tuent le mouton dans leur appartement.
Même si j'ai une authentique sympathie pour la manière participative avec laquelle Ségolène Royal a démarré sa campagne, et même si je trouve le site du Parti Socialiste remarquable, j'ai un vrai problème avec la gauche française qui s'enclave dans une idéologie fantasque. Eléphants du PS ou non, le parti socialiste a du mal à se réformer, à admettre publiquement l'inadaptation de certaines de ses idéologies et ne parvient pas à intégrer de façon plus pragmatique les contraintes du monde dans lequel nous vivons. Je l'ai déjà écrit ici, j'avais une réelle faiblesse pour l'approche de Dominique Strauss-Kahn et je trouvais son socialisme réaliste car tenant plus compte de la mondialisation et du modèle économique sous jacent. Je regrette que la candidate ait mis à ce point la barre à gauche pour son discours programme.
Il y aurait encore beaucoup de choses à dire ici et je pense que j'y reviendrai au cours des prochaines semaines. Toujours est-il que mon choix est fait et que je tenais à l'exprimer publiquement. Je rappelle que je ne suis membre d'aucun parti et que ma réflexion s'est faite librement, en mon âme et conscience et qu'elle n'a été inspirée par aucune pression.



Je partage ton analyse et j'en suis arrivé à la même conclusion : prenons le meilleur de la droite et de la gauche et formons un gouvernement d'union nationale.
Autre chose, voter massivement au centre va affaiblir les extrêmes. Et ca, c'est toujours bon !
Je vais voter Bayrou au 1er tour.
Rédigé par: Julien | le 14/02/2007 à 09:41
Môssieur Resse : justement, j'ai vu le vrai François Bayrou ce matin et il m'a dit que c'était vraiment lui qui avait laissé le commentaire.
(PS : et effectivement, bien sûr, certains des comms signés "Bayrou" sur des blogs sont émis par des farceurs).
Rédigé par: FrédéricLN | le 14/02/2007 à 22:27
Bravo pour ce texte très pertinant. Je te rejoins entièrement, tout en regrettant qu'il manque encore à François Bayrou une certaine prestance amène à rameuter le français lambda.
Si j'avais votre nationalité, je voterais pour lui.
Ce qui me désole, c'est qu'énormément de gens penchent pour lui, mais voteront plutôt ... parce que ...
Rédigé par: JPADPS | le 15/02/2007 à 10:24
Excellent choix et excellent article, venez aussi participer au débat sur bayrou.fr... pour plus d'engagement. Je n'ai pas votre notoriété, mais j'ai fait ça... et mon petit blog se politise...
Rédigé par: Acrerune | le 15/02/2007 à 11:15
Helas, Bayrou n'a aucune chance, la boussole Sud Duhamel votera pour lui.
Il s'est toujours gourré de cheval depuis plus de 30 ans...
Rédigé par: Pidji | le 23/02/2007 à 14:57
Je suis tout à fait d'accord sur ton choix politique et j'ai fait le même .
Bayrou est le seul candidat qui pense à l'avenir des générations futures. Cela faisait longtemps qu'un candidat ne l'avait pas fait .
Perso j'ai deux enfants de 7 et 2 ans et je voudrais pas leurs laisser un pays avec une dette abyssale et qu'enfin ils puissent travailler et vivre sans avoir l'impression que le fruit de leur travail ne sert à rien ce qui est le cas pour moi. Je n'ai pas à me plaindre nous gagnons assez bien notre vie mais nous contastons que rien ne bouge au niveau de l'état et des institutions alors que nos taxes ne font qu'augmenter.
Et l'idée de faire travailler des personnes de gauche et de droite ensemble me semble une très bonne idée. Enfin quelqu'un qui n'a pas la prétention d'avoir la vérité absolue et la solution à tout nos problèmes (vive les fausses promesses).
A+
Rédigé par: franck genetay | le 02/03/2007 à 11:12
J'ai envoyé un message le 1 mars. Aujourd'hui nous sommes le 2, le message n'y est plus. Pourquoi?
d.Cheben
Rédigé par: Dan Cheben | le 02/03/2007 à 20:10
oui je voterai fBss états d'ame c'est le seul candidat à dire :je ne rase pas gratis demain !!il va falloir sea retrousser les manches et je suis d'ac prete à payer mes impôts ss barguigber oui !!j'ai des enfants et ptts enfants dont 1 adu partir au "diable" pour gagner sa vie ça me tue de voir cette situation ici alors à présent j'attends 1 programme "etoffé' de la part de FB et vite car il est en cet instantpresse par tous ,candidats et électeur de "dire" ce qu'ilveut faire clairement ;je regarde les émissions auquelles participent ses amis et je les trouve moins que lui sur la clarté :là ilfaut "travailler" sur le langage
merci de dire ce que vous en penser les filles ...et les mecs
Rédigé par: moune | le 15/03/2007 à 13:05
me revoili j'ai 1 mauvais souvenir deFB (alors que je vote pr lui ) mais en 95 je l'ai vu détaller comme 1lapin devant qqes étudiantsen pétard ;entouré de ses barbouzes et laissant là la très jeune maire udf d'1 ptte ville del'essonne cà me revient :dis moi FB que s'est -il passé , il faut que je sache et pourquoi simone Veil t'enveut-elle autant?
autant de questions qui méritent réponses ..si qqun sait :éclaurez moi
et pourtant il me plait !!!! m
Rédigé par: re moune | le 19/03/2007 à 13:22
Comme nous sommes à trois semaines de l’élection présidentielle, que j’ai arrêté mon choix depuis un certain temps déjà, qu’Internet participe pleinement à cette campagne électorale, j’ai décidé moi aussi d’y prendre part et d’expliquer mon choix, qui ne s’est pas fait simplement. Il y a plusieurs raisons au fait que je vote pour Ségolène Royal et que je tente de convaincre d’autres d’en faire autant.
Tout d’abord, en portant mon regard sur les 5 ans qui viennent de s’écouler, il est évident que je ne veux pas d’une continuité de la politique menée par un gouvernement de droite et du centre. Casse sociale, remise en cause des services publics, criminalisation des sans-papiers, des sans-logis, des sans-emploi, des jeunes, de ceux à qui on dénie tout avenir. Politique du tout sécuritaire, du fichage, de la délation. Insultes envers la population des quartiers populaires, privatisations, remise en cause de l’indépendance de la justice. Tout ceci constitue pour moi des attaques contre la population, et contre les services qui lui sont rendus. Le candidat de la continuité de cette politique, Nicolas Sarkozy, à travers quelques réformes phares, montre bien qu’il ne préconise pas du tout une rupture avec celle-ci, mais bien qu’il souhaite passer à la vitesse supérieure : non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, création de peines-plancher, cumul emploi retraite, remise en cause des 35 heures et du droit (constitutionnel) de grève et création d’un ministère de l’identité nationale et de l’immigration qui n’est pas sans rappeler certaines idées phares d’un parti nauséabond. Donc je n’irai pas dans cette direction.
Ensuite, vous l’aurez deviné, j’évacue sans plus d’états-d’âme l’idée de donner ma voix à Jean-Marie Le Pen ou à Philippe de Villiers. Mon traumatisme il y a 5 ans, mes luttes contre les thèses et les thèmes racistes, réactionnaires et sécuritaires ne sont pas compatibles avec ces deux partis qui les cultivent.
L’hypothèse de François Bayrou, pour moi qui suis de gauche est complètement impossible. D’une part, son passé politique parle de lui-même, ainsi que ses alliances locales dans les exécutifs régionaux ou dans les scrutins législatifs. François Bayrou appartient à une formation politique qui est traditionnellement de droite, profondément libérale et clanique. Loin d’être un candidat anti-système, il a choisi par conviction un parti politique qui est issu du système des notables locaux. D’autre part, je ne connais pas son programme de gouvernement, si ce n’est de s’habiller en orange, de distribuer des clémentines pour vitaminer la campagne, de supprimer les charges sociales pour deux emplois créés en entreprise. Son idée de réunir les meilleurs de chaque camp est une profonde remise en cause de ce qui fait la politique : la volonté et la conviction. Ce que j’attends de la politique, ce n’est pas de réunir des technocrates qui vont « gérer » le pays pour l’adapter à une prétendue modernité. Ce que j’attends de la politique, c’est d’avoir une volonté de changer les choses, de rétablir la dignité et la voix des citoyens, des travailleurs, des chômeurs et de ceux que l’on accueille. En ce sens, pour moi, le clivage droite gauche a encore un sens. Tout responsable politique qui dit n’être ni de droite, ni de gauche, est soit le défenseur d’un intérêt particulier, soit un dangereux populiste. François Bayrou a tenté de remettre en cause la laïcité de l’école lorsqu’il était ministre de l’éducation, il a soutenu le CIP de Balladur, soutenu la candidature de Balladur en 1995, soutenu la politique répressive de Pasqua entre 1993-1995, voté les budgets de 2002 à 2005 il est donc pour moi clairement un responsable politique de droite et je ne peux pas voter pour lui malgré ses contorsions actuelles.
J’ai éliminé depuis longtemps l’idée de voter pour Lutte Ouvrière parce que je n’ai confiance dans cette formation politique.
En mai 2005, j’ai voté non au Traité Constitutionnel Européen. J’ai dénoncé les pratiques de tous les partis institutionnels qui souhaitaient nous forcer la main. Après ce vote, j’ai espéré voir naître une coalition antilibérale forte qui aurait eu ma voix. Toutefois, je n’ai jamais cru à leur union réelle, parce que les appareils travaillaient à la saper. C’est ainsi que je n’ai pas été surpris de voir Besancenot, Buffet, Autain, Salesses et Bové faire échouer cette union et partir en ordre dispersé. Je ne leur pardonne pas non plus. Ils auraient pu faire naître un infime espoir de voir la gauche du non représentée à l’élection présidentielle et faire un score substantiel. Maintenant qu’ils sont chacun de leur côté, chacun ayant sensiblement le même discours, je me dis qu’une voix pour l’un ou l’autre d’entre eux serait une voix inutile. Ainsi, je les retire également de mon choix, bien qu’ils défendent plus que d’autres des idées et des convictions proches des miennes, surtout Marie-Georges Buffet.
Ségolène Royal a été désignée par les militants socialistes, à une forte majorité, candidate à l’élection présidentielle. Elle est donc la seule candidate de gauche à être en position de l’emporter. Le souvenir du 21 avril 2002 est encore cuisant pour nombre d’entre nous. Même si cet argument a un impact certain sur mon choix, il n’est pas le seul. Je trouve aussi dans le fait qu’elle soit soutenue par Christiane Taubira et Arnaud Montebourg, l’assurance qu’elle n’est pas inerte face au « non » de gauche. Quand elle parle de l’Europe par la preuve, qu’elle parle d’Europe sociale, d’Europe qui crée des emplois, j’y suis sensible. Cela lève déjà un premier barrage. Ensuite, ses propositions sociales ne me mettent pas dans l’embarras. Elle ne propose pas de criminalisation des chômeurs, ni de remise en cause de l’Etat-providence. Elle vise à un syndicalisme de masse, ce qui donnera d’autant plus de poids aux travailleurs. Elle ne remet pas en cause d’acquis sociaux fondamentaux. Sa politique fiscale, même si elle paraît floue, semble vouloir revenir sur les baisses d’impôt accordées par la droite, ne remet pas en cause le bien-fondé de l’ISF. Sur le logement, sa politique est ambitieuse, avec la construction de logements sociaux. Elle n’est pas uniquement fondée sur l’accession à la propriété comme le programme de Sarkozy. Sur l’emploi, elle mettra en place ce qu’elle fait en Poitou-Charentes : des emplois aidés, des sanctions pour les entreprises qui profitent du système (parce qu’il n’y a pas que les Rmistes qui en profitent…). Sur l’innovation, l’industrie, l’énergie, ses positions rejoignent bien souvent les miennes.
D’ailleurs, pour être tout à fait franc, après avoir lu les programmes des antilibéraux et celui du Parti socialiste, je dois avouer n’y avoir vu que très peu de différences. J’ai bien quelques réserves sur l’école ou sur les sans-papiers, même si ses dernières déclarations m’ont un peu rassuré, mais j’adhère en grande partie à son programme.
Pour toutes ces raisons, je voterai pour Ségolène Royal. Et que ceux qui disent qu’elle n’a pas de programme le consultent avant de dire cela. Que ceux qui disent qu’elle est sociale libérale lisent bien son contenu et me le démontrent.
Quant aux autres, eh bien je les attends sur le fonds, et non pas sur la forme. Ségolène Royal a les épaules pour être présidente, ça ne plaît pas à nombre de misogynes de gauche ou de droite, et je n’y peux pas grand-chose. Pour moi, le fait qu’il y ait enfin une femme éligible à cette élection renforce ma conviction, mais votons d’abord pour des idées. Et c’est ce que je ferai.
Rédigé par: Lolo | le 03/04/2007 à 11:45
Voilà un an d'écoulé . les Evènements montrent bien que , même battu , François Bayrou a raison ; de plus, Pau n'est pas obligatoirement la France. De qui parle-t-on depuis un an ? de François Bayrou ! De qui a-t-on peur tant à l'u.m.p qu'au parti Socialiste ? de Fraçois Bayrou .Ce qui veut dire que les idées qu'il véhicule inquiètent car seule la vérité fait peur à ceux qui la détourne... .Libre aujoud'hui d'un amas de charges , il va pouvoir enfin mettre en place et expliquer ce Centre qui devrait réunir toutes les opinions sur un sujet politique qui sert l'intérêt des Français . Il y en assez de dire que les bons sont d'un côté , les imbéciles de l'autre . quant à la méthode Sarkosy , elle ressemble plus à du détournement d'idée que de coopération , car une fois dans la place on peut dire qu'on est socialiste , qu'on est Nouveau entre , mais on ne peut rien dire d'autre que ce que Sarkosy a dit ;cela s'appelle l'asservicement ... Comme François Bayrou je n'en veux pas . .Alors, persévérez et dans peu de temps les Français auront compris . Courage.
Rédigé par: jean-françois ARNAUD | le 21/03/2008 à 11:33