Le libéralisme de circonstance
Le premier ministre a déclaré qu'il ne laisserait pas des banques étrangères tenter d'acquérir la Société Générale. Yves Jégo, porte-parole de l'UMP, a déclaré quant à lui que la Société Générale ne "devait pas être mise à mal par cet incident de parcours". Dimanche dernier, le cerveau présidentiel, non pas Sarkozy mais Guaino, adoptait la même posture. C'est du grand n'importe quoi et encore une fois cela ressemble à une tentative de manipulation de l'opinion publique. Car de quoi parle-t-on ?
Il s'agit d'une entreprise totalement privée, cotée à la bourse de Paris et dont le destin ne dépend absolument pas de l'état. De quelle manière le gouvernement compte-t-il empêcher les prédateurs d'acheter des titres au moment où d'autres les vendent en masse ? Les bourses mondiales sont certes réglementées mais libres et à moins de surenchérir (ce qui reviendrait à une nationalisation), je ne vois pas comment l'état pourrait empêcher une OPA victorieuse sur la SocGén.
Derrière cet épisode, il y a une contradiction fondamentale dans l'approche des politiques économiques. D'inspiration essentiellement libérales depuis que nos dirigeants actuels sont au pouvoir, ces politiques deviennent super interventionnistes à la première occasion, de quoi déstabiliser l'opinion publique qui ne comprend pas la ligne que suit le gouvernement, si ce n'est une ligne médiatique. Et après cela, on s'étonne que les français n'aient pas le moral.
Je crois que la politique consiste à proposer et mettre en oeuvre une vision. Cette vision doit reposer sur des convictions fortes auquel il faut tenir car ces convictions sont le socle de l'action. Pour ma part, et même si je ne me réjouis pas du sort de la Société Générale, je ne pense pas qu'il soit du rôle de l'état d'intervenir sur les marchés boursiers et de mettre en place un bouclier protectionniste pour réparer les failles du système de contrôle du management de la banque.


"Je crois que la politique consiste à proposer et mettre en oeuvre une vision."
Pour l'instant, je te vois surtout adopter la posture du "contre et de l'opposant" et pas vraiment celle de celui qui propose ou construis.
Mais peut-être le fais-tu sur ton blog de campagne...
Rédigé par: XavZ | 29/01/2008 at 15:04
"Je crois que la politique consiste à proposer et mettre en oeuvre une vision."
Pour l'instant, je te vois surtout adopter la posture du "contre et de l'opposant" et pas vraiment celle de celui qui propose ou construis.
Mais peut-être le fais-tu sur ton blog de campagne...
Rédigé par: XavZ | 29/01/2008 at 15:06
Les représentants étatiques donnent des avis, font de grandes déclarations, roulent des yeux et des épaules ... ça ne veut pas dire qu'ils vont faire quelque chose.
C'est juste destiné au(x) JT de 20h00
C'est comme ça depuis une jolie lurette, ça s'est amplifié en ces sarkoziennes périodes et il n'y a aucune raison pour que ça change.
Rassure-toi.
Rédigé par: Claudius | 29/01/2008 at 15:13
Je suis 100% d'accord avec ton analyse. C'est vraiment dommage et c'est malheureusement souvent la façon dont réagissent les gouvernements pseudo libéraux. Qu'ils ne s'occupent pas des affaires des grandes entreprises !
Rédigé par: Thomas | 29/01/2008 at 16:51
Vous croyez vraiment que ça déstabilise "l'opinion publique" le prétendu interventionnisme des pouvoirs publics dans la gestion des affaires privées ? Je pense à l'inverse que ça rassure plus que ça ne déstabilise. J’en veux pour preuve l’absence de panique des clients de la SG. L’état est là. Le message apaisant est passé.
Rappelons-nous l'aveu de faiblesse du premier ministre Jospin et donc des pouvoirs publics face aux décisions de l'entreprise Michelin. Il le paya très cher à l'élection présidentielle.
Par contre, je partage votre point de vue concernant l’aberration inhérente à un pouvoir souhaitant moins d’Etat, mais qui à la première occasion venue se pose en décisionnaire de la chose privée.
Rédigé par: sandiet | 29/01/2008 at 17:18
Je pense vraiment que la politique de la girouette et de la circonstance destabilise l'opinion qui ne sait pas sur quel pied danser.
Prenons l'hypothèse de l'arrivée d'une OPA hostile à la Mittal; C'est la loi des marchés et aux actionnaires de trancher. L'état n'a pas à arbitrer et ne peut pas interdire le principe même d'OPA. La seule possibilité est donc l'achat d'actions qui équivaudrait à une nationalisation.
Comment croyez-vous que les gens vont réagir après qu'on leur ait dit, s'agissant de leur pouvoir d'achat, que les caisses étaient vides. Croyez-vous réellement que l'opinion va accepter qu'on ne fasse pas un geste en faveur de leur porte-monaie et dans le même temps qu'on dépense des milliards pour conserver la nationalité d'une banque privée dont le management a été défaillant ?
Voyons !
Rédigé par: Christophe Ginisty | 29/01/2008 at 19:21
"je me réjouis du sort de la Société Générale"
Tu es tombé sur la tête, Christophe??? Je pense qu'à toi aussi, il va falloir que je donne quelques cours de rattrapage sur la finance.
Sans compter que je te rappelle que dans cette histoire, les premiers (et les seuls) à payer seront les 120,000 salariés et les actionnaires (ce qui inclus une majorité des salariés, qui ont dans les 8% du capital).
Olivier
Rédigé par: Olivier S. | 29/01/2008 at 21:08
Olivier S. -> Je pense qu'il est temps pour toi d'acheter des lunettes.
Rédigé par: Christophe Ginisty | 29/01/2008 at 21:38
Oups, pardon, je viens d'effacer mon nouveau commentaire, j'ai effectivement mal lu, honte à moi!!!! Pour ma défense, ça fait 5 jours que je lis les commentaires les plus immondes (et foncièrement stupides) vis-à-vis de la SG, dont beaucoup qui effectivement se réjouissent de ce qui arrive, je n'en peux plus!
Rédigé par: Olivier S. | 29/01/2008 at 23:16
Je ne comprends pas en quoi votre commentaire est contradictoire avec celui que je vous ai laissé.
Je signifiais simplement que l'intervention fictive ou réelle de l'Etat dans les choses privées a dans LE CAS DE LA SG plutôt tendance à rassurer l'opinion qu'à le désatbiliser. J'en voulais pour preuve l'absence de frénésie aux guichets de la SG cette semaine. NS tapant sur les doigts de Bouton rassure les plus "nantis" sur le fait que l'Etat semble acter le contrôle bancaire et brosse dans le sens du poil du populisme les moins "nantis" en jouant le méchant contre le riche patron inconséquent. C'est tout ce que je voulais signifier.
Pour le reste, je ne sais pas trop. Les phrases à la Zemmour du genre "croyez vous que les gens...", j’évite. Je préfère : « Je pense que… ». Je n'ai jamais trop compris ce que signifiait "Les Gens". Toutefois je ne nie pas les comportements des groupes décrits par le toujours actuel Gustave Le bon dans son "psychologie des foules", mais force est de reconnaître que les groupes se font et se défont désormais à la vitesse de l'éclair et surtout du barnum médiatique. Donc, j’ai du mal à prévoir ce que sera demain et encore moins après-demain pour ce qui est du comportement de l’opinion publique.
Rédigé par: sandiet | 30/01/2008 at 01:39
Olivier Kerviel, le frère aîné de Jérôme Kerviel, aurait été poussé à la démission alors qu'il occupait un poste de courtier pour une filiale de BNP-Paribas, indique Europe-1, mardi 29 janvier. Il y a un an, Olivier Kerviel "aurait pris des positions dans le dos de ses clients avant de détourner les plus-values", toujours selon la radio, qui précise qu'il y aurait eu "enrichissement personnel".
Cette affaire n'aurait cependant aucun lien avec les fraudes à la Société Générale.
C'est génétique, M. Sarkozy?
Rédigé par: Renaud | 30/01/2008 at 10:59
Enfin un peu de bon sens dans ce monde de dingues... Bravo Christophe.
Rédigé par: Thierry | 31/01/2008 at 13:27