Le MoDem, c'est pas le Gymnase Club
Je le devine à l'avance, je ne vais pas me faire que des amis avec cette note. Mais après tout qu'importe, pourvu que j'exprime ce que je pense avec sincérité. En ce lendemain de ce que nous devons appeler une déception au MoDem, je lis des notes désabusées (et fort bien argumentées et écrites pour la plupart) de militants emblématiques de cette "génération 2007" claquer la porte du mouvement. Ca me fait de la peine d'en voir partir certains mais je ne peux pas m'empêcher de me poser des questions sur la profondeur de leur engagement politique.
.
Faire de la politique, ce n'est pas prendre la carte d'une salle de sport, faire deux mois d'abdos-fessiers avec toutes les bonnes intentions du monde puis passer à autre chose à la première occasion venue. Un engagement politique, ce n'est pas un produit de consommation, ce doit être plus fondamental que ça.
Je ne fais la leçon à personne et je sais que chacun est libre de faire ce qu'il veut de sa vie (et de ses abdos) mais vouloir changer le monde, vouloir changer la démocratie, vouloir changer le pays, ça ne se fait pas en un claquement de doigts. Cela demande du temps, des sacrifices et une infinie constance. Si François Bayrou réussit son pari, il aura mis presque 40 ans pour y parvenir. Qui sommes-nous, nous les primo adhérents d'un MoDem en genèse pour exiger d'aboutir en quelques petits mois dérisoires à bouleverser 60 ans d'habitudes politiques ? Qui sommes-nous pour ne pas supporter d'avoir immédiatement la place à laquelle nous rêvons dans une démocratie parfaite ? Qui sommes-nous pour ne pas tolérer les imperfections inévitables d'un parti en train de s'inventer lui-même ?
Il me semble que nous devenons trop habitués à consommer notre vie et nos passions, bref tout ce que nous faisons en occultant parfois le référentiel temps, le moyen et le long terme. Nous ne vivons plus les choses, nous les consommons immédiatement et si elles ne sont pas à notre goût, nous les jetons. Certes, beaucoup se sont imaginés maires, députés, délégués, conseillers nationaux, comme ça en quelques mois. Beaucoup ont imaginé qu'il serait simplissime d'appliquer l'idéal de démocratie à nos instances nationales et locales. Qu'il suffisait de le vouloir. Après tout, il n'y avait qu'à se présenter, adhérer, le tour était joué. Il y avait de la place au MoDem, tout était à faire.
Pourquoi le cacher, je fais partie de ces gens qui sont arrivés il y a un an. Je fais partie de ces ambitieux qui veulent toujours aller plus loin et plus vite. Mais au lendemain de l'élection législative de juin dernier, j'ai compris qu'il faudrait tempérer mes ardeurs et apprendre à construire cet idéal, pas à pas et avec mes compagnons. J'ai compris que derrière ce rêve de victoire express, il y avait du boulot, de l'abnégation et beaucoup de pugnacité dans la détermination. J'ai compris que je n'étais pas encore prêt pour gagner cette bataille.
J'aime beaucoup Kennedy. J'aime énormément et sans nostalgie futile la fertilité des années 60. Au lieu d'enterrer l'esprit de mai 68 comme c'est la mode présidentielle, je pense que l'on devrait réfléchir à ce que cette décennie, et pas seulement ce mois de mai, a apporté de nouveau dans nos sociétés (et pas seulement en France). Kennedy a dit un jour dans l'un de ses discours "ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays". J'ai très souvent envie de dire ça aux militants du MoDem qui doutent. J'ai très envie de leur dire ça aujourd'hui.
Notre pari n'est pas gagné mais il vaut la peine que nous nous battions avec constance pour cet idéal. Notre combat est juste. N'oublions que ce qui nous a animé lorsque nous avons décidé de rejoindre ce mouvement constitue toujours ce vers quoi il souhaite tendre.


De toute façon le MODEM c'est plus à la mode maintenant tout le monde à des BOX.
Désolé, c'etait plus fort que moi...
Rédigé par: Guillaume LE COZ | 20/03/2008 at 12:17
Globalement d'accord avec cette note. On est tout de même deux trois à ne pas aller dans le sens du vent, comme toi ou comme le Grognard...
Rédigé par: L'hérétique | 20/03/2008 at 13:07
Non, l'Hérétique.
Je suis aussi à peu près d'accord.
Si ce n'est que...
Avancer pas à pas, avancer doucement, c'est avancer.
Or reconnaissons le, il n'y a pas grand chose de fait pour que nous avancions, et c'est un doux euphémisme :)
Rédigé par: KaG | 20/03/2008 at 13:45
Celles et ceux qui n'avaient pas compris pourquoi François Bayrou n'avait pas voté Sarkozy au second tour de la présidentielle de 2007 n'avaient, de fait, pas compris, ni adhéré à sa stratégie.
Il en va de même pour les municipales.
Le MoDem n'est ni un bar, ni un gymnase club, encore moins une secte d'initiés. On y adhère pour défendre et promouvoir une action politique et une éthique nouvelles, différentes de ce que proposent le PS et l'UMP (du moins s'ils ont quelque chose à proposer).
On n'y adhère pas par que c'est tendance et que ça fait bien de s'afficher démocrate sur le net.
C'est simple comme bonjour et si on trouve que Bayrou et le MoDem c'est ringard, he bien on quitte le MoDem (du moins là encore si on y a vraiment adhéré).
Rédigé par: og | 20/03/2008 at 13:50
Les 4 premiers paragraphes sont vraiment bons.
C'est exactement ça.
Rédigé par: Le Petit Grognard | 20/03/2008 at 14:13
Je doute comme tout le monde.
mais votre note est juste, réaliste!
Et me donne envie de continuer.
Merci !
Rédigé par: Benoît | 20/03/2008 at 14:17
Entièrement d’accord.
J’aimerais ajouter une chose. Certaines personnes ont envie de claquer la porte juste parce que ca se passe mal dans leur ville. J’aimerais leur dire de ne pas croire que, parce que ca se passe mal là où ils sont, ca se passe mal partout. Dans ma ville, les gens qui ont pris les rennes du Modem sont certes (pour la plupart) des anciens UDF, mais ce sont des gens qui ont pleinement intégré l’esprit Modem. Il n’y a pas de problème particulier entre les anciens et les nouveaux, et il n’y a pas eu de dissensions malgré un résultat décevant aux municipales.
Ceci pour dire que l’esprit démocrate progresse inéluctablement, même s’il ne progresse pas partout à la même vitesse, et qu’il ne faut pas baisser les bras.
Rédigé par: jm | 20/03/2008 at 14:25
J'ai apprécié cette réflexion profonde, qui tient en particulier compte d'un récent retour d'expérience.
Il faut certes savoir être modeste, mais je comprends le découragement de certains qui, en certains (et même nombreux) lieux sont confrontés à des "appareils" ou "barons" qui confisquent l'information, jouent "perso", expriment un certain dédain à l'égard des "nouveaux",.... tout en s'abritant derrière François Bayrou.
Comment dès lors progresser, lentement certes mais sûrement, sans perdre en chemin nombre de nos "combattants", si nous n'entretenons pas entre nous une certaine solidarité, si nous ne partageons pas nos convictions et nos compétences?
Puisque bon nombre de nos responsables locaux, à qui cela revient pourtant, ne le font pas, sachons nous rassembler, selon la "feuille de route" qui nous avait été donnée à Villepinte.
Ainsi, je vous invite à venir régulièrement nous rejoindre sur "e-soutiens" : très certainement serez-vous, par exemple, en mesure de conforter l'initiative de quelques-uns, "Construire en Mouvement".
Merci par avance, et cordialement
Rédigé par: Daniel Testard | 20/03/2008 at 15:01
Tout à fait d’accord avec toi, Christophe.
J’ai moi aussi adhéré au Modem, il y a peu de temps et ma 1re campagne, mes 1ers balbutiements de militante furent pour te soutenir lors des législatives.
Bien sûr que nous n’avons pas choisi la voie la plus facile, bien sûr qu’il nous faut parfois ravaler notre envie de crier face à tout ce qui est dit en ce moment sur le Modem, bien sûr qu’il nous faut aussi parfois nous asseoir sur nos ambitions et sur notre orgueil.
Mais nous avons fait ce choix en pleine liberté. Nous en assumons les conséquences en pleine liberté. Et cette liberté est beaucoup plus importante qu’un siège dans un conseil municipal ou dans un ministère. Car notre démarche nous grandit, nous permet de rester droit dans notre vie, pour nous, pour nos enfants et pour tous ceux qui croient encore que rassembler est du domaine du possible.
Je sais que lorsque des êtres humains partagent un même idéal, celui-ci est plus fort que toutes leurs différences sociales, culturelles, religieuses. Je le sais par expérience.
Certains trouvent que cela ne va pas assez vite… Il a fallu que des générations se succèdent pour que nous soyons, grâce aux engagements et aux combats de nos anciens, ce que nous sommes aujourd’hui.
Et comme tu le dis si bien, nous les « nouveaux », de quel droit pourrions-nous nous penser les meilleurs, les plus à même de savoir quelle est la stratégie la plus adéquate ?
Je voudrais tout de même rappeler que dans cette aventure, nous avons tout à gagner.
François, lui, a perdu beaucoup et est-ce que vous l’entendez geindre, se plaindre ? Non.
Je dois avouer que ça me met en colère de voir autant d’énergie dépensée dans des débats que je trouve sclérosant.
Réfléchir, travailler et construire, c’est ce qui m’a amené à m’engager.
Ce n’est pas le moment de baisser les bras. Le chemin est long et difficile mais c’est celui de la vérité et de la liberté.
Rédigé par: Dom Modem Vanves | 20/03/2008 at 15:03
Une belle analogie !
C'est une vraie course de fond que l'on doit mener ! Ca fait mal, c'est long, c'est souvent décourageant... mais l'unique moyen d'arriver à ses fins. La gonflette, dès qu'on se relâche, faut tout recommencer.
Nous sommes les propres acteurs de notre réussite. Et si on attends un retour sur investissement immédiat, c'est croire à une chimère.
Rédigé par: Sébastien | 20/03/2008 at 15:06
F. Bayrou et le modem devrait s'inspirer de Mario Dumont au Quebec qui a créé un parti et l'a amené en deuxième position. Mario Dumont s'est fixé une stratégie spécifique et l'a tenue. La stratégie d'alliance à géométrie variable de bayrou est vouée à l'échec. Mais il n'est jamais trop tard pour bien faire.
Rédigé par: GED | 20/03/2008 at 15:19
Tout a fait d'accord avec cette note.
Pour certains, rejoindre le MoDem était un effet de mode : c'était tendance, ils ont suivit ; ce n'est plus tendance, ils partent. Et ce, avant d'avoir apporté quoi que ce soit à la construction de cette aventure collective.
Effectivement, cela démontre le peu d'adhésion qu'ils avaient avec avec notre entreprise. Je ne les regretterai pas.
Plus généralement, nos sociétés actuelles sont dominées par l'immédiateté, et la satisfaction immédiate des appétits individuels. Au-delà de la question du MoDem, nous voyons bien que ces valeurs dominantes d'immédiateté sont responsable de nombres de maux actuels (dégradation écologique et épuisement des ressources, voracité des détenteurs de capitaux qui déstabilise notre économie et provoque des drames humains...). La recherche de la satisfaction individuelle immédiate est à l’origine de ces problèmes majeurs, mais également la raison de notre incapacité à les résoudre.
Au contraire, les vertus à restaurer sont celles de patience et de persévérance, ainsi que la vertu de modération. Ce sont, comme les appelle Bayrou, des valeurs de "résistance", car elles demandent de lutter contre nos penchants instinctifs. Ce sont elles qui nous permettent de construire sur la durée, d’agir dans l'intérêt général, d’agir en pensant aux autres et au futur.
Ce sont des notions fondamentales que le MoDem devra mettre au coeur du projet de société qu'il a à construire, et ce sont des valeurs qui devront guider l'action de ses acteurs. Si les membres du MoDem ne sont pas à même d'intégrer eux-même ces valeurs, comment peuvent-ils espérer contribuer à transformer la société ?
Rédigé par: BenoîtB | 20/03/2008 at 15:37
Je plussoie !
On ne lâche pas la "barre" ! Surtout dans la tempête... ;o)
Rédigé par: Jack13 | 20/03/2008 at 15:42
Le nouveau centre et l'UMP veulent faire exploser le Modem avant les Europeennes. Tout le monde le sait, mode proportionnel, elles sont favorables aux "petits" partis qui vont engranger les élus et permmetre un nouvel essor.
Courage.
Rédigé par: europeenne | 20/03/2008 at 22:03
Alors là Christophe, je suis bien d'accord.
Comme beaucoup, j'ai un petit chouia de temps en plus depuis quelques jours et me balade sur le blogosphère.
Je suis, litteralement attérée d'y lire ce qui est écrit sur certains blogs démocratiquement bien-pensants.
Qui oblige qui que ce soit à adhérer au MoDem ? Personne.
Que ceux qui ne sont pas contents se tirent et arrettent de cracher dans la soupe et sur tout ce qui bouge.
S'ils ne s'y retrouvent pas, bon vent, qu'ils agissent autrement qu'en déversant leur venin sur ceux qui, même maladroitement, essayent de faire avancer les choses et le monde dans lequel nous vivons.
Raz le bol de ces donneurs de leçons, qui pour certains n'ont même pas pris la peine d'aller voter, pour qui que ce soit, sous pretexte que le candidat local ne plaisait pas à leur suffisance exacerbée.
La vie c'est aussi se retrousser les manches et en matière de campagne électorale prendre, entre autres choses, le temps de distribuer des tracts dont l'encre salit les mains.
La vie s'est aussi lever les fesses de sa chaise pour parler à des gens qui ne seront jamais des copains mais qui peuvent comprendre ce qui compte pour nous.
La vie, dont la politique, ce n'est pas passer son temps à blablater et à tapoter sur un clavier au sujet d'un parti idéalisé, c'est aussi sortir de son trou et de ses peurs pour essayer de le construire.
La vie c'est aussi accepter de prendre le temps de bâtir sa maison, sans oublier les fondations.
Dans l'histoire des 3 petits cochons je préfère celui qui prend le temps de faire sa maison en briques.
Et je pense que le MoDem est une maison qui se construit en briques, quoi qu'en disent les fâcheux.
Rédigé par: Dona Quichota | 20/03/2008 at 23:37
J'étais intéressé par le MoDem, et vlà t'y pas qu'à s'entêter à se maintenir au second tour le MoDem offre le 5ème arrondissement de Paris sur un plateau à Tiberi, alors qu'une majorité de votants ne voulait plus de ce triste sir.
Le MoDem a t-il finalement plus d'intérêt à ce que certains restent au pouvoir ?
Le MoDem est-il destiné à ne présenter que des Ralph Nader dans les villes qui en ont marre de la droite (mais qui se la coltineront encore, effet Nader oblige) ?
Rédigé par: michel v | 21/03/2008 at 02:57
Je ne résiste pas à répondre Michel V : qui est coupable ? Le MoDem qui souhaitait une alliance avec Delanoë, qui aurait justement permis de faire tomber Tibéri, mais aussi le Ier, le XVe, et peut-être même le XVIIe arrondissement de Panafieu ?
Ou le coupable est-il plutôt Delanoë, qui pour de basses considérations tactiques concernant le prochain congrès du PS, se prive de remporter 3 à 4 arrondissements de plus (dont le fameux Ve) ?...
Rédigé par: BenoîtB | 21/03/2008 at 08:51
Pour revenir au fond du sujet...
Ceux qui partent sont certes en partie coupables, d'impatience en particulier. Toutefois, ce n'est pas la seule raison, et à une période où nombre d'adhérents claquent la porte, il y a urgence à se poser certaines questions et changer un certain nombre de choses au MoDem.
Je lis sur le blog de Christian St-Etienne la phrase suivante :
" Je quitte le MoDem car ma capacité de mener ce combat s'était réduite du fait d'un parti instrumenté au seul service d'une ambition présidentielle. De plus, à Paris, l'organisation de la campagne pour les municipales se fait dans l'opacité la plus totale, en contradiction avec les principes du parti. "
Ces critiques reviennent suffisamment souvent pour qu'elles ne soient pas dénuées de fondements (ajoutons à celles-ci les critiques sur la désorganisation du mouvement également). Il est très dommage de voir partir à cause de cela des adhérents de qualité, qui auraient pu beaucoup nous apporter.
Je n'écris pas cela pour lancer une polémique, mais parce qu'il me semble que nous devons rapidement et sérieusement nous pencher sur ces questions également, et surtout convaincre le "sommet" de changer ce qui doit l'être pour y remédier.
Rédigé par: BenoîtB | 21/03/2008 at 08:53
Christophe ton texte est touchant de sincérité et de volonté d'agir pour faire avancer les idées républicaines et démocrates.
Certains messages en réponse me font également penser au même idéalisme que nous avions à la fin des années 70 pour sortir de 30 années de plomb.
Mais Bayrou n'est pas Mitterrand, bien qu'il ait la même ambition d'accéder aux plus hautes fonctions. La troisième voie que le Modem aurait pu représenter se réduit à sauvegarder les miettes de l'UDF, sans stratégie innovante claire et avec une ambition individuelle évidente. Bayrou a loupé le coche du Blairisme dont il aurait pu reprendre les principes pour incarner une véritable nouvelle force politique en France.
Selon moi, celui qui représente le mieux cette démocratie sociale moderne est actuellement en poste à New York... J'attendrai qu'il revienne.
François
Rédigé par: François | 21/03/2008 at 09:23
Ce qui est dommage, c'est de voir partir des adhérents car ils ne sont pas d'accord... avec la forme, ou avec les hommes/femmes qui ont menés les campagnes!
Et les valeurs du Modem, ils en font quoi ?
Pour avoir vécu une toute première campagne de ma vie "à fond", j'ai été surpris par le peu de temps laissé à la prise de décision. Il est tout à fait normal qu'un groupe resserré se constitue à cette occasion, et fasse des choses sans "l'opacité" la plus totale pour ceux qui sont en dehors du groupe. Quand on doit éditer un tract en 12h, s'il fallait communiquer avec tous les adhérents de sa ville ou de l'arrondissement...
A un moment donné, même si nous avons la démocratie chevillée au corps, la recherche du consensus est souvent bien incompatible avec le temps d'une campagne et la capacité d'agir.
Bref on dit souvent qu'il y a 60 millions d'entraineurs de l'Equipe de France, quand je lis les blogs des militants déçus, c'est pas mieux...
A chacun d'agir en conséquence. Si on est déçu, il faut en parler avec l'équipe de campagne, échanger/débattre... Et peut être se proposer pour prendre en charge les futures actions. Mais généralement les donneurs de leçons vous sortent "qu'ils n'ont pas le temps...".
Quant à l'instrumentalisation d'une ambition présidentielle... Il nous faut bien un leader, et contrairement à certains, nous sommes un parti de gouvernance, avec des valeurs et des méthodes. Pourquoi se voiler la face ? Oui, François Bayrou souhaite être à l'Elysée en 2012. Et alors ? S'il n'avait pas une once d'ambition, on crierait au manque de charisme, de volonté et de leadership. Mais cette ambition personnelle se nourrit d'abord et avant tout d'une ambition collective.
Rédigé par: Sébastien | 21/03/2008 at 09:45
@François : si vos convictions sont liés aux valeurs et aux idées de DSK, pourquoi ne pas être alors au PS ? (ce que je respecte attention, ce n'est pas une attaque sotte). Bref, pour ma part j'ai jamais cru un instant que le MoDem était la traduction d'un blairisme à la française... surtout si c'est pour finir à discourir au congrès de l'UMP ;).
Rédigé par: Sébastien Hubert | 21/03/2008 at 09:52
@Sébastien: mais je suis au PS ! Même si je n'y suis plus encarté je continue à militer pour les valeurs de ce parti. Je ne me reconnais pas dans Ségolène Royal et je suis attiré par l'idée d'une vraie 3ème voie, moderne, alliant les principes de solidarité et les encouragements à l'initiative individuelle.
J'observe donc ce que François Bayrou propose avec le Modem depuis un an et je m'y retrouve de moins en moins.
Il y a donc de fortes chances pour que je reste encore profondément proche du PS, au moins jusqu'au prochain congrès...
Tout cela ne m'empêche pas d'apprécier le blog de Christophe, particulièrement riche et vivant.
Rédigé par: François | 21/03/2008 at 11:34
@François : ah ok ! ;). Peut être que l'avenir nous rassemblera, entre la reconstruction d'un PS et la construction du MoDem, le paysage politique va, je l'espère, évoluer profondément.
Rédigé par: Sébastien | 21/03/2008 at 11:48
"François, lui, a perdu beaucoup et est-ce que vous l’entendez geindre, se plaindre ? Non."
Il a demandé l'invalidation des élections à Pau, donc en toute rigueur, si, il se plaint. ;-)
(je ne porte pas de jugement de valeur sur sa plainte, d'autant plus que je ne connais pas le dossier)
"Qui sommes-nous, nous les primo adhérents d'un MoDem en genèse pour exiger d'aboutir en quelques petits mois dérisoires à bouleverser 60 ans d'habitudes politiques ?"
Dans ce cas, peut-être ne fallait-il pas, de la part de Bayrou/des dirigeants, nous affirmer qu'au contraire, tout allait changer très vite ? Peut-être aurait-il fallu ne pas publier la charte du parti, non respectée à plusieurs reprises (bordeaux en particulier) ?
Evidemment, vouloir faire voler en éclats 60 ans d'habitudes politiques, c'est loin d'être évident. Je ne prétendrai pas le contraire ; simplement, il me semble que, par exemple, ne pas soutenir Juppé, qui a utilisé de l'argent public d'une manière qui me semble éloignée des valeurs du Modem, aurait été un bon début.
Non, la politique n'est pas un gymnase club.
Mais si on tourne le dos aux fondements moraux que l'on a proclamé et mis en avant au sein du parti, il me semble que l'on s'éloigne un peu de la Politique telle qu'elle devrait être.
Rédigé par: J.F. Sebastian | 21/03/2008 at 12:44
Je ne suis pas une habituée de la blogosphère, j'ai lu quelques billets ici et là sur le net (comme "Au fond du blocal").
Ce que ces bloggeurs dénoncent, les adhérents sur le terrain en parlent aussi, sauf qu'ils sont plus patients car ont moins de temps pour s'informer et sonder leurs humeurs.
Tu parles à juste titre d'attitude consumériste, j'ajouterais que le militant MoDem, qu'il soit sans culture politique préalable ou qu'il vienne des rangs des déçus des autres partis, est au stade actuel de développement du MoDem condamné à être dans le "doute".
Il est jaloux de sa liberté, veut d'un côté un parti organisé et dénonce d'un autre côté tout langage politique standard qui témoignerait d'une cristallisation de la doctrine et des positions du parti. Il oscille entre pragmatisme et idéalisme, efficacité et élan romantique. Il veut voir en François Bayrou un leader, mais craint parallèlment de se faire instrumentaliser par lui. Il veut que le leadership prenne des risques et lui reproche en même temps le moindre échec. Il veut être fidèle et constant mais a peur de devenir un groupie sans discernement...
Ce qu'il lui faut ? Du fond, pour éviter d'être dans la posture permanente (que ce soit sur le terrain ou sur le net). Pour cela il faut le former en lui donnant des responsabilités, faire en sorte qu'il ne puisse de désolidariser du projet auquel il participe et aux personnes auxquelles il s'est librement associé dans un contrat moral citoyen.
Rédigé par: Fotini | 21/03/2008 at 14:02
J'ai adhéré à l'UDF en juin 2006, c'est à dire bien avant que bayrou soit à la mode. Je l'ai soutenu comme j'ai pu aux présidentielles, et, par la suite aux législatives, et j'ai adhéré au MoDem même si je commençais à avoir des doutes sur la stratégie suivie.
Les municipales (auxquelles je ne me suis pas présenté, sur paris, mais pour lesquelles j'ai mené campagne dans mon arrondissement) m'ont convaincu que cette stratégie n'est, pour moi, pas la bonne, et que j'ai une grande difficulté à la défendre en tant que militant.
Pour moi, l'engagement militant ce n'est pas le gymnase club. C'est s'engager pour défendre des idées et des valeurs, que personnellement je ne trouve plus au MoDem. J'aime les hommes politiques qui agissent concretement, pas ceux qui se mettent perpetuellement en observation, pour mieux critiquer sans rien proposer de plus que des postures ou un positionnement.
Je ne dis pas que le MoDem ne va pas arriver à se structurer, et finir par devenir un vrai parti politique, avec un vrai projet, et une vraie équipe dirigeante. Tout ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi il a fallu détruire de la sorte l'UDF et ses équipes pour bâtir quelquechose qui est aujourd'hui une coquille vide pleine de militants enthousiaste.
Rédigé par: Le fond du bocal | 21/03/2008 at 16:31
pourquoi dissoudre l'UDF ? Parce que la machine UMP voulait l'absorber, et qu'il serait arrivé ce qu'il arriva avec le Nouveau Centre. Bayrou est allé jusqu'au bout de sa logique d'avant le 1er tour, après le 1er tour... et qu'il était temps de s'émanciper, qu'il fallait rassembler au-delà de la démocratie chrétienne.
Les caciques de l'UDF ont eu peur de perdre leur électorat et leur mandat, c'est pas Bayrou qui les a mis dehors, ni les militants.
Et d'ailleurs nous sommes prêts à les voir revenir ;)
Rédigé par: Sébastien | 21/03/2008 at 19:34
Bon article de Marianne2.fr! A lire!
http://marianne2.fr/Candidats-sans-etiquette-bleu-sur-rouge,-rien-ne-bouge-!_a84895.html
Rédigé par: Renaud | 21/03/2008 at 19:46
UDf depuis 4 ans et MoDem depuis presqu'un an, j'ai l'impression d'être un vieux grognard !!!
Etant jusqu'à peu trésorier des jeunes UDF des yvelines, j'ai eu le bonheur (!!!) de voir partir mon président, mes deux vices présidents puis des délégués de circonscription remplacés par d'autres ...
La politique est à ce prix, celui de la trahison parfois, de la compromission un peu plus souvent et surtout de l'ambition personnelle. Les réalités locales sont malheureusement le terreau des alliances contre natures et de l'abandon de certains idéaux que l'on défendait au aparvant. C'est comme ça.
Tout le monde dit avec dédain que le modem n'est qu'une machine pour les présidentielles 2012? C'est, reconnaissons le en parti vrai.
Pour ma part, je ma batterai pour que FB soit candidat et élu en 2012. J'ai cru en lui en 07, et notre quotidien prouve que nous avions le bon diagnostic et surement les bons remèdes. Alors oui, FB 2012, c'est un objectif du MoDem parce que que cette future candidature se fera autour d'un projet construit dans la diversité du MoDem et nos valeurs communes.
Que ceux qui ne partagent pas nos objectifs quittent le navire n'est pas si gênant.
Rappelez vous ce qu'a dit Jean Lassalle samedi dernier à la maison de la chimie :A l'UMP ou au nouveau centre, ils seront DOusteblazysés!!!
Benoît Cordin Modem de Trappes (78)
Rédigé par: BCordin | 05/05/2008 at 01:09
Christian, vous dites :
[quote] Faire de la politique, ce n'est pas prendre la carte d'une salle de sport, faire deux mois d'abdos-fessiers avec toutes les bonnes intentions du monde puis passer à autre chose à la première occasion venue. [/quote]
Eh bien moi, me sentant appartenir à ceux que vous vous plaisez à moquer, je tiens à vous donner les raisons qui me feront partir.
Mon engagement politique, bien loin d'être un produit de consommation, est un engagement vital. Pour moi, il s’agit, notamment pour ses jeunes, de sortir notre pays de cette ornière dans laquelle toutes les élites dans ce pays (UDF y compris) voudraient bien le laisser pourrir.
Je croyais que ce projet pouvait se réaliser sous la conduite d’un homme politique aguerri !
C’est pourquoi j’ai rejoins le Modem, en espérant trouver, non pas une équipe de gymnastes mais de combattants : près à relever le défi du changement (véritable : pas les mesurettes présentées par tous les candidats à la présidence).
Mais comme vous le dites, je n’ai trouvé qu'un gymnaze avec des beaux moniteurs bronzés ne parlant que de crèmes et de pectoraux ; des fifilles gentilles prêtes à vous masser dans le bons sens, des prescripteurs d'exercices techniques pour apprendre à se la ramener en ville, ou des papotages sur les mecs et les filles du gymnaze d'à côté... puis des “commentaires” sur les compètes à venir, celles du printemps, les européennes... On y parlait aussi souvent d’une revanche sur un vieux match raté qui aurait lieu en 2012 !
De la politique, des constats réalistes sur la situation du pays, des vraies réflexions, des débats francs, une unité en construction, des prises de risque partagées, du soutien des uns et des autres dans l’adversité... ? Jamais ? Des gesticulations faciles (Tibet), des courses au pots aux roses... Des élections d’élus élus ... Des mic mac, cht’embrouille, en veux-tu ? en voilà ! Ah non y en pas ! (procédure de démocratie interne)... oui ça j’en ai vus !
Alors moi je vous le dis, pour les personnes qui n’habitent ni Neuilly, ni Issy, ni Passy, faire de la politique n’a jamais rimé ni avec gymnase ni avec sport ! Et ce n’est pas un abonnement “A fond la forme !” que j’ai cru prendre lorsque j’ai pris ma carte !
Non tout simplement, je voulais participer à la rénovation en profondeur de notre vie politique qui en a bien besoin ! J’ai cru un instant que Bayrou avait compris ? Mais après avoir patiemment attendu, interroger, travailler... il faut maintenant se rendre à l’évidence : Bayrou a compris à sa façon, c’est à dire pareillement que les autres leaders (de Lepen à Besancenot). Le modem n’est pas un nouveau projet politique, mais comme on dit pour les entreprises, une simple “reprise” ; dans le but d’offrir aux usagers une plateforme plus efficace, mieux adaptée aux temps ! Un changement d’enseigne aux couleurs plus moderm ! C’est tout ! Pas plus de politique(s) avec un petit ou un grand P, qu’avant ! Les mêmes donneurs de leçons, qui, confondent le fond et la forme, qui, parce qu’adoubés, se placent au dessus des autres, s’autorisant à projeter leurs phantasmes de convivialité oisive sur ceux qui en ont assez qu’on leur fasse prendre des vessies pour des lanternes.
Or pour moi, rien de mieux que le pied du mur pour juger du maçon ! Si le Modem, avait été vraiment l’aventure promise, nous le saurions aujourd’hui. Tout comme vous, si vous aviez été l’intègre démocrate dont nous avons besoin, si vous aviez en vous, la véritable volonté de voir naître une démocratie dans notre pays, vous n’auriez pas, à l’instar de Sarkozy et son jogging, comparer les nouveaux adhérents du Modem à ceux d’un gymnase ; vous auriez appris à respecter ces personnes, souvent très intelligentes, sensibles, qui avaient fait l’effort de s’engager à vos côtés. Enfin, surtout au lieu de vous écouter parler (ça se prend vite le pli du politicien !) vous auriez écouté, humblement, ce qu’elles avaient à dire...
Voilà pourquoi on va vous quitter monsieur Ginisty ! Car nous ne partageons pas les mêmes ambitions.
Dommage ! Beaucoup de bruit pour rien !
Rédigé par: Claire M3T | 05/05/2008 at 20:46