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18/03/2008

MoDem : prenons le problème dans l'autre sens

Admettons deux secondes que la stratégie d'alliances n'ait pas été claire, que le MoDem ait manqué de lisibilité, que c'est pour ça que nous avons perdu les élections dans de nombreuses villes. Même si je ne le pense pas, admettons.

Quelle serait la conséquence de cette hypothèse de travail ? 

.

C'est simple, si l'on retient ce postulat, il aurait donc fallu dire qu'on allait s'allier à droite ou à gauche AVANT le premier tour. Mais que choisir entre la droite et la gauche ? Faire allégeance au pouvoir en place avec toutes les dérives que l'on dénonce ou se rapprocher des socialistes qui n'ont aucun programme au plan national et qui sont englués dans une guerre des chefs ? Et puis s'il faut s'allier avant le premier tour, à quoi sert de présenter des listes autonomes ? Autant se fondre dans celles avec lesquelles on promet de s'allier, cela évite de disperser l'électorat et le risque de faire gagner celui auquel on s'oppose.

Alors, me direz-vous, il faut être autonome et s'allier APRES le premier tour, soit à droite, soit à gauche. Et pour que tout le monde comprenne la stratégie du MoDem, il est nécessaire que ce soit la même alliance pour tous les candidats. Mais encore une fois, avec qui s'allier ? Avec l'UMP qui mène la politique que l'on connaît ou le PS qui n'a toujours pas de programme, car les problèmes de posture sont les mêmes entre les deux tours. Et là, vous me direz que ce n'est pas une élection nationale mais une élection locale. Et vous aurez raison ! Le problème, c'est que si vous admettez qu'il s'agit d'une élection locale, vous admettez que le choix des alliances se fasse au cas par cas, c'est-à-dire au plan local.

CQFD.

On a beau prendre le problème dans tous les sens, la vraie question que pose l'épisode que nous venons de vivre est vraiment fondamentale : peut-on créer un nouveau parti politique indépendant en France ou le paysage est-il déjà saturé ? C'est la seule question à laquelle finalement tout le monde doit répondre. Ne pointons pas du doigt la stratégie d'alliance au cas par cas. C'était la seule attitude plausible car elle s'inspirait du pragmatisme et de la plus élémentaire des logiques.

Si vous vous intéressez à la politique en France, la seule question à laquelle vous devez répondre est celle-ci. Et là, on peut vraiment discuter car après tout, c'est peut-être impossible compte tenu des institutions, du mode de scrutin et des pratiques courantes.

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Voici les sites qui parlent de MoDem : prenons le problème dans l'autre sens:

Commentaires

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Non, on n'avait pas le choix et on n'a plus le choix que de persévérer dans ce positionnement indépendant. Le retour au bercail n'est plus possible pour les uns et une alliance systématique avec une gauche superficielle qui n'a pas d'alternative à proposer et reste dans la posture n'est pas possible non plus. On contribue à modifier le paysage politique français pas à pas... on verra ce que ça donnera dans les années à venir (émergence d'une vraie social-démocratie en France ? émergence d'une droite plus intelligente ?) mais pour l'instant ça bouge et c'est le principal : tout sauf le statu-quo et la résignation des années 80-90 !

Le manque de lisibilité est le problème n°1 du MODEM dans cette campagne mais il n'est pas le seul. Le MODEM n'a pas réussi à prouver qu'il était un parti politique structuré et structurant. L'appareil (je sais que la politique d'appareil est révolu selon le MODEM)n'a pas réussi à fédérer les candidats MODEM autour d'un ensemble de valeurs, lors du premier tour. Au sujet des alliances, il semblerait que les divers candidats aient choisi leur alliance en fonction de la personnalité des candidats (je n'ose pas croire que les alliances étaient fonction des intérêts perso) et non par rapport à des élus.

Et pourtant je suis sympathisant MODEM

Je pense que le MoDem a un problème de communication.
Sur les plateaux télé, radio etc.., il faut réussir à trouver quelques visages (nouveaux) à mettre en avant (en plus de F. BAYROU et Marielle de SARNEZ) afin de préparer les prochaines élections (Européennes) et surtout de pouvoir ne pas laisser PS, UMP, NC, autres partis et même journalistes s'enfermer dans des débats sur l'avenir du Modem sans même qu'un représentant du MoDem soit la pour en débattre et apporter des élements contradictoires.

Ensuite, toujours en matière de Communication, il y a nécessité de développer des argumentaires en riposte aux argumentaires tout-fait UMP et PS afin de pouvoir sortir des arguments de niveau 0 qui leur permettent d'éviter tout discours sur le fond et le projet.

Exemple entendu : Le Modem n'est pas capable de "tenir" ses électeurs et de faire respecter les consignes de vote :
... quel parti peut ou est capable de cela ?
Pour les militants peut-être mais il est nécessaire que les électeurs agissent de leur propre choix et non sur consigne

Sur la stratégie de F. BAYROU et la critique qui lui est faite de ne viser que 2012 :
1) quel mal a cela, étant donné que seule l'election présidentielle permet d'avoir les moyens de faire changer la France (en mieux)
2 ) qu'a donc fait M. SARKOZY, que veulent faire les ténors du PS de si différent ?

etc..

Oh toi... tu sèches sur le sujet et tu cherches des arguments. La réponse est : tant que tu n'auras pas changer le mode électorale de la Vème Rép, tu seras dans une logique de bipolarisation. Le reste, c'est de la masturbation intellectuelle pour le Modem !

...et une petite pour finir : Pas de Pau pour Bayrou !

>@ Pierrot,
Tout à fait d'accord.

Je pense que n'arriverai pas à me satisfaire d'un système où, au motif de scrutin majoritaire, sur 49 sièges
56,8 % des voix donnent droit à 39 sièges au lieu de 28 sièges
29,4 sont représentés par 7 sièges au lieu de 14
et 13,8 sont représentés par 3 sièges au lieu de 7

Cela ne peut être que générateur de manque d'écoute des attentes des minoritaires et que source d'alternance (trop) importante - lorsqu'elle se produit -

Bonjour,

La stratégie qui a été celle du modem était la seule possible compte tenu de son positionnement. C’était une stratégie claire, logique, même s’il est vrai qu’elle n’est pas habituelle dans la vie politique française.
Et pourtant, on n’a cessé d’entendre l’inverse. On n’a cessé d’entendre que c’était une stratégie illisible, confuse, ou illisible.
Le fait est, à mon avis, que les média sont globalement hostiles au Modem, raison pour laquelle ils ont fortement relayé le discours des 2 partis politiques dominants.
La stratégie de François Bayrou pendant ces municipales a été en droite ligne avec ce qui a été la sienne aux présidentielles ; et pourtant nulle part dans les média on ne loue son honnêteté et sa cohérence.

Ensuite, il est vrai que les institutions poussent à la bipolarité, et handicapent fortement le Modem dans son désir de liberté face aux 2 partis dominants. Pour autant, je ne pense pas qu’une telle stratégie soit par nature vouée à l’échec.
Même si il avait été annoncé longtemps à l’avance que le Modem pourrait s’allier au PS dans certains cas, il me semble que, généralement, certaines têtes de liste du PS ne s’y étaient pas préparées, ce qui a fait donner à certains ralliements de derrière minute une impression d’improvisation et d’opportunisme.
En supposant que le Modem soit dans une situation similaire dans 6 ans, il faudra, je crois, anticiper certaines alliances, et, si possible, les effectuer des le premier tour. Et il faudra, à mon avis, éviter des alliances contre-nature (en contradiction flagrante avec les discours tenus au cours de la campagne), et dont la seule motivation serait la hauteur des concessions faite par la liste qu’on rallie.

En attendant, il faudra labourer le terrain, y être régulièrement présent sous les couleurs du Modem pour expliquer aux électeurs notre positionnement.

En ce qui concerne les résultats, je dirais qu’ils ne me semblent pas mauvais compte tenu de la jeunesse du parti. Il faut simplement persévérer, et cela finira par payer, j’en suis convaincu.

J’ai même envie d’aller plus loin.

Tout le monde soupçonnait le Modem de ne pas être capable de se libérer de la droite, beaucoup de gens pensaient que, contrairement à ce qui était annoncé, le Modem allait nécessairement redevenir assujetti a l’UMP.

Or, par ces élections (et même si une grande partie de candidats Modem ont été élus dans le cadre d’accords avec la droite), le Modem a définitivement prouvé qu’il était réellement indépendant et libre. Autrement dit, le Modem a prouvé qu’il pouvait continuer à exister en tant que tel.
Et d’ailleurs, cela s’est payé cher, car il a fallu entre autres que François Bayrou sacrifie ses chances de victoire à Pau pour qu’il en soit ainsi.
Et même si certains contestent encore ce positionnement (récemment, Jean Arthuis), les adhérents du Modem le soutiennent dans une grande majorité, et sont prêts à en assumer les conséquences, à savoir, un manque de résultats a court terme.

Lors de ces élections, la consigne était que les candidats du Modem se présentent sur des listes séparées au premier tour, pour ensuite nouer des alliances au second tour. Cette consigne n’a pas contribué à rendre ces élections faciles pour le Modem. Mais elle était nécessaire pour briser l’alliance traditionnelle entre le centre et la droite.

Mais maintenant que cette alliance est définitivement rompue, et que le Modem s’est clairement affirmé comme étant libéré de la droite et indépendant, une telle consigne ne sera plus nécessaire pour les prochaines municipales, ce qui pourra donner lieu à de meilleurs perspectives, comme on l’a vu pour Lyon (avec Alain Juppé, UMP) ou Dijon (avec François Rebsamen, PS).

Cela dit, si François Bayrou parvenait à se faire élire président en 2012, il est probable que le contexte soit alors très différent, et que le PS et l’UMP soient en moins bonne posture qu’aujourd’hui.

>@ Pierrot :
J'irais plus loin dans l'analyse. Le scrutin majoritaire est l'équivalent de la loi du plus fort : celui qui arrive en tête du scrutin a tout les pouvoirs et n'a pas besoin de se préoccuper des autres. L'union faisant la force, ce mode de scrutin pousse les partis à se regrouper au maximum, d'où l'apparition de 2 blocs.

Le defi pour le Modem est de devenir suffisament important pour pouvoir soit remporter seul une élection majeure, soit au minimum devenir l'allié indispensable sans lequel aucun des 2 blocs ne peut gagner.
Sans cela la survie du Modem sera compromise.

Il y avait un autre choix, ne s'allier avec personne ni au premier, ni au second tour, c'est dangereux mais sur le long terme n'est-ce pas ça qui finira par payer ? Je pose la question...

Si vous vous intéressez à la politique en France, la seule question à laquelle vous devez répondre est celle-ci.

Si vous vous intéressez à Christophe Ginisty, la seule question à laquelle vous devez répondre est celle-ci: comment christophe ginisty décide-t-il que "seules les questions" qui lui semblent pertinentes sont celles qui méritent d'être posées?
Quant à Pierre, il a défini l'alternative "osée": nous ne soutiendrons PERSONNE. ni au 1er tour. Ni au 2eme. Nous ne sommes pas au "centre", car on nous demanderait si nous sommes "centre gauche", ou "centre droit". Nous sommes démocrates. Là où nous serons majoritaires, nous étudierons les conditions du rassemblement de nos adversaires, sur nos bases. Là où nous pourrons nous maintenir, nous nous maintiendrons, sans tambouille. Et là où nous serons battus, nous ne donnerons pas de consigne de vote. Le résultat aurait peut etre été le même, en tous cas pas pire. Au moins aurait il été plus clair que la garbure paloise de l'ami bayrou, et la potée parisienne de De Sarnez. Le modem est mort. vive le modem.

Bonjour Christophe

Comme tout bobo/catho qui se respecte je lis Télérama et j'ai relevé cette semaine dans l'interview de François Florent, le fondateur/animateur du fameux Cours Florent, la petite phrase suivante :

Q : C'est quoi, le style ?

R : La concordance euphonique et visuelle entre celui qui donne - l'acteur - et celui qui reçoit - le spectateur. Je suis très sensible, par exemple, au débit des gens. François Bayrou ne sera jamais président de la République parce qu'il parle trop lentement ; Michel Rocard, lui, parlait bien trop vite...

C'est dur, je sais....

Rafi

Source Télérama de cette semaine, dispo en ligne : http://www.telerama.fr/scenes/26489-entretien_avec_francois_florent_les_acteurs_francais_ont_art_de_indiscipline.php

Tout à fait d'accord avec ceux qui disent que cette stratégie d'indépendance et d'alliance au cas par cas est la seule possible, et la seule logique.

Cependant, est-ce une stratégie vouée à l'échec compte tenu d'un mode de scrutin très bipolarisant, et nous condamnant à l'isolement ? Je ne crois pas.

Premier point, malgré notre poids électoral tout de même très faible comparé aux partis dominants, le paysage politique français, et les alliances traditionnelles, ont été fortement tourneboulés dans l'entre-tours.
Que l'on souhaite accepter de le reconnaître ou non, nous avons réussi, bien qu'en étant minoritaire, à imposer notre vision et nos choix (alliance aux cas par cas) aux deux partis majoritaire dans nombre de villes.

Qu'a-t-il manqué pour que cette stratégie se concrétise brillamment en terme de succès et d'élus, et que l'onde de choc que nous avons provoqué soit beaucoup plus significative ? A mon avis, très peu de choses : cela a tenu à 2 à 3% seulement.

Selon mon pointage, si nous avons 37 listes qui ont pu se maintenir, nous en avons 54 qui étaient entre 8 et 10% (et 33 entre 7 et 8). Ce qui signifie qu'avec 2% de plus, nous aurions eu 91 listes en position de se maintenir au second tour, et 124 avec 3% de plus.
En particulier, avec 2% de plus sur Paris, nous aurions été en
position de nous maintenir dans 15 arrondissements et non 3
seulement. Quelle aurait été alors la position de Delanoë ?...

A 2-3% près, la physionomie aurait été toute autre, l'onde de choc du MoDem sur le paysage politique bien plus forte et riche de conséquences, et le bilan de ces élections fort différent...

Et en y réfléchissant depuis 1 semaine, je pense que ces 2-3% manquants étaient à portée de main, malgré nos insuffisances actuelles.

Conclusion : même si certains doutent, même si nous sommes un poil en dessous du poids électoral qui permettrait à notre stratégie de réussir, nous sommes sur la bonne voie. N'abandonnons pas alors que l'aventure ne fait que commencer !

...Le problème du scrutin reste à mes yeux crucial. Mais il est vrai que celui de la lisibilité par l'électeur est également important.
Pour positionner une formation politique dans l'esprit des Français, il faut parfois des décennies. Le problème de l'indépendance affichée ou réelle du MoDem (ne s'agit-il pas tout simplement d'aller vers le plus offrant ? Oui, c'est un autre débat mais je n'ai pas jeté la première pierre...), c'est qu'elle ne permet pas aux électeurs de se repérer aisément dans l'offre politique qui lui est faîte.
On peut très certainement le regretter et je n'ai pas de statistiques précises sur le sujet, mais force est de constater (de visu) que dans un bureau de vote, les électeurs se repèrent plus par un positionnement politique supposé que sur un programme qu'ils auraient lu...
Outre le problème du mode de scrutin, se pose donc celui du temps que l'électeur va consacrer à sa "formation idéologique ou programmatique" avant de voter. Et la matière, le MoDem, ne constitue pas un choix simple ou binaire.
Certes, s'il passe la barre du 20%, il pose directement un choix binaire puisqu'il a des chances d'être au second tour et qu'il devient l'alternative. Dès lors il abandonnera cependant son caractère "extrême centriste" pour se positionner au Centre gauche de l'échiquier, en opposition à l'UMP et au Nouveau centre.
La seule voie pour le MoDem est donc celle du succès... Bonne chance à vous...

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  • Christophe

    Je tiens ce blog depuis le 16 novembre 2004. Je suis entrepreneur et chef d'entreprise. Je suis engagé politiquement aux côtés de François Bayrou et je suis conseiller municipal du Mouvement Démocrate à Issy-les-Moulineaux (92).

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