La génération de la culpabilité
Je me demande souvent quelle peut être la conséquence pour nos enfants d'une série de prises de conscience que nous avons, jour après jour, à propos des grands fléaux qui nous guettent. Grâce au progrès de la science et à la sophistication des moyens d'information, nous sommes chaque jour confrontés à la connaissance d'un péril mondial dont l'inéluctabilité est à rechercher dans nos propres comportements. Nous qui peuplons le monde occidental développé, nous sommes responsables du réchauffement climatique, de la raréfaction des ressources naturelles, des pénuries alimentaires, de la paupérisation des populations du tiers monde et de la violence de certains régimes.
Lorsque l'on vit aujourd'hui dans le monde occidental, on vit dans une responsabilité et une culpabilité permanentes.
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Vous avez un 4x4 ? Vous polluez. Vous roulez aux bio-carburants ? Vous êtes complice d'un crime contre l'humanité du fait que les agriculteurs préfèrent produire de quoi remplir votre réservoir plutôt que le ventre de leurs congénères. Vous vous approvisionnez en huile de palme ? Vous trouez la couche d'ozone et déforestez gravement l'Indonésie. Vous gaspillez du papier ? Vous tuez des arbres. Vous fumez ? Vous tuez vos proches. Vous commercez avec la Chine ? Vous êtes complice du non respect des droits de l'homme. Etc.
Bien sûr, tout est vrai et l'on pourrait allonger cette liste à l'infini. L'accumulation de ces informations qui sont toutes mises en lumière à des fins essentiellement pédagogiques et non culpabilisantes, crée malgré tout un sentiment de honte qui va animer les générations futures.
Si tout cela peut faire évoluer les comportements dans le bon sens, tout le monde devra s'en réjouir. Cependant, la culpabilité d'un monde sur l'autre n'est pas si anodine que cela. Le politique et la finance mondiale ont beau dos à faire de nous des coupables alors qu'ils sont à l'origine des dysfonctionnements et des incohérences qui président à la destinée de notre petite planète.
Il est évident qu'il faut alerter le grand public des dangers qui nous menacent mais j'ai souvent l'impression que l'on se trompe d'accusés dans ce gigantesque procès en irresponsabilité.


Et c'en est tellement grave que parfois je me prend à culpabiliser (vraiment) lorsque je ne jette pas une feuille de papier ou un emballage en carton dans la corbeille de recyclage... Et à coté de ça l'annuaire des pages jaunes qui avait été déposé devant ma porte avant l'hiver vient tout juste d'émerger du banc de neige qui à fondu en ce début de printemps... ben je vais pouvoir le remettre directement au recyclage.
Rédigé par: Mox Folder | 14/04/2008 at 15:29
C'est effectivement une bonne manière de détourner l'attention des effets de l'idéologie néo-libérale dominante. C'est comme quand on présente les fonctionnaires comme des nantis pour mieux cacher l'enrichissement scandaleux de certains... comment demander aux gens d'accepter de se serrer la ceinture dans ce cas ?
Maintenant qu'on a la preuve de ce à quoi peut mener le populisme extrêmiste, de quelque bord qu'il soit, j'espère qu'on pourra dénoncer cet état de fait sans se faire pour autant accuser de gaucho ou de facho... nous sommes des citoyens responsables, tout simplement.
Espérons seulement que les puissances oligarchiques aux commandes ne mèneront pas la politique du pire pour avoir en face d'elles que des extrêmistes... afin de justifier un état policier, dernier rempart de leurs privilèges.
Rédigé par: Fotini | 14/04/2008 at 15:49
Et n'oubliez pas d'éteindre la lumière en sortant de la pièce ! Pendant ce temps, les tours de la Défense et les 3/4 des magasins des centres-ville restent allumés et désespérément vides...
Rédigé par: jarodd | 14/04/2008 at 19:04