A l'esprit de mai 68, je préfère celui des années 60
La France en fait trop avec le souvenir mai 68 qui tourne à la vénération et au culte historique un peu démesuré. Il y a ceux qui veulent en finir avec l'esprit de 68, d'autres qui veulent nous l'expliquer par le menu. Moi je trouve tout ça trop étriqué dans un double référentiel temporel et géographique. Trop étriqué dans le temps car il me semble qu'on ne peut pas percevoir mai 68 sans le corréler à l'esprit des années 60. Trop limité géographiquement car même si les gens de l'époque n'en avaient pas pleinement conscience, la mondialisation devrait nous interdire de traiter cet événement dans le seul cadre franco-français.
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Vénérer ou conspuer mai 68 comme un événement phare et déclencheur, c'est avoir la naïveté de croire que le monde moderne s'est écrit au quartier latin en quelques semaines.
Je préfère voir mai 68 comme un épiphénomène. C'est certes un événement qui a marqué ceux qui en étaient les acteurs, mais le vent de révolte, l'appétit de créativité, la soif de vivre autre chose, autrement, tout cela trouve ses racines au tout début des années 60 aux Etats-Unis. Kennedy en a été l'un des symboles. Le pasteur Luther King aussi. Le début de prise de conscience de l'enlisement dans la guerre du Viêtnam quelques années après l'intervention des USA en 1964 a sûrement pesé sur les consciences, quelques années après l'échec de la France en Indochine. Et puis il y la guerre froide qui met en scène l'antagonisme de deux mondes que tout oppose idéologiquement, tout cela étant porté par une culture qui se réinvente et abat les tabous les uns après les autres, une musique populaire qui inonde le monde. La soif de liberté est immense.
Mai 68 est entré en tant que tel dans nos livres d'histoire et en France nous dissertons longuement sur sa portée. Je pense qu'en en parlant ainsi, nous négligeons l'environnement mondial et les influences culturelles de l'époque.
Et c'est bien là un mal français que de n'envisager son destin qu'au moyen du seul prisme national, comme si le monde n'existait pas ou que son influence était limitée. C'est un défaut que l'on retrouve souvent dans la définition des politiques économiques ou culturelles.


C'est un défaut que l'on retrouve souvent dans la définition des politiques économiques ou culturelles. http://mtsivas.googlepages.com
Rédigé par: guguz gunay | 16/05/2008 at 11:53