République des Blogs et François Bayrou
Ce soir, c'est le deuxième anniversaire de la République des Blogs, rencontre de blogueurs politiques initiée par Versac. J'y ferai certainement un tour.
J'ai une affection particulière pour cet événement car c'est là que j'ai rencontré François Bayrou pour la toute première fois. Thierry Crouzet qui l'avait interviewé l'après midi même lui avait proposé de passer à la République des blogs. Je crois que c'était en octobre ou en novembre 2005. A l'époque je préparais l'organisation du tout premier Festival de Romans et j'avais le projet d'en parler aux principaux candidats à l'élection présidentielle. Lorsque j'ai vu François Bayrou dans la place, j'ai compris que c'était l'occasion de tenter ma chance.
Bien que très entouré et très protégé, je parvenais à me frayer un chemin pour l'approcher. J'étais derrière lui lorsque je suis arrivé à son niveau. Il conversait poliment avec un autre blogueur puis se retourna pour aller vers une autre conversation. C'est là que nous nous sommes retrouvés nez à nez :
- Bonjour Monsieur Bayrou, je m'appelle Christophe Ginisty et j'organise en février prochain le tout premier festival de la création sur Internet et je voulais vous y inviter. Internet produit une révolution majeure dans notre société et cet événement sera unique en son genre. Je vous propose de venir échanger avec les festivaliers sur votre vision du web.
- Eh bien ça m'intéresse, je viendrai !
- Merci mille fois pour votre réponse. J'en suis très heureux.
- Oui vous pouvez compter sur moi.
- A qui dois-je m'adresser pour les détails pratiques ?
- Voyez avec l'une des deux jeunes filles qui sont là, elles vous renseigneront. A bientôt.
Il m'a serré la main puis est parti a continué son chemin dans la soirée enfumée. Les deux jeunes filles en question étaient Virginie Votier et Quitterie Delmas.
Ce fut mon tout premier contact avec François Bayrou. Il n'est pas venu au festival car il n'a pas pu y assister pour des raisons uniquement logistiques. Il m'a appelé sur mon portable pour s'en excuser et je sais qu'il était sincère.
Voilà le vrai début de mon histoire politique au Mouvement Démocrate. Il faut toujours tenter sa chance dans ces moments là.


Comme c'est beau !... Au lieu de célébrer Versac et son excellente idée, tu ramènes la chose à toi... ce penchant nombrilique du politicien qui veut se placer...
Rédigé par: Pierrot | 25/06/2008 at 16:59
@ Pierrot : en quoi cela vous gêne-t-il que Christophe parle de son expérience personnelle? Après tout, c'est bien SON blog, il choisit donc SES sujets. Apparemment il ne choisit pas ses lecteurs, le devrait-il...? Pour ma part, je zappe les blogs qui me saoulent et après tout, pas d'hypocrisie, il y a du narcissisme chez tous les blogueurs et les premiers à le savoir sont bien les lecteurs qui l'alimentent, ce que vous faites à merveille.
@ Christophe : toujours un plaisir de te lire, donc j'attends ton prochain billet nombrilique avec impatience !;))
Rédigé par: force_hyeres | 25/06/2008 at 22:18
Force Hyeres -> Merci Chantal pour ton commentaire.
Pierrot -> Vous êtes désespérant, d'autant plus que cette note parle d'une rencontre, pas de moi. Et puis voyez-vous, beaucoup de gens me demandent souvent de me livrer un peu plus sur mon blog, d'être plus "intime" que je ne le suis, de me lâcher et d'être moi-même.
Nous ne sommes pas ici sur un média mais sur un blog perso et il est assez prévisible d'y lire des notes sur ce qui m'arrive. Je ne suis pas journaliste, je suis blogueur.
Et puis comme je vous l'ai dit à de très nombreuses reprises : si la lecture de ce blog vous indispose, passez votre chemin.
Rédigé par: Christophe Ginisty | 25/06/2008 at 22:52
Ginisty dans toute sa "splendeur" ou l'art de se pencher par la fenêtre pour mieux se voir passer dans le rue. Le récit de cette rencontre avec "les jeunes filles" est d'un troublant ... waouhhh, j'en ai des frissons dans le dos. Que c'est beau, le monde des bisounours !
Rédigé par: Tamino | 26/06/2008 at 09:07
Le merveilleux monde des blogs ..... et du MoDem :
"Consultation des adhérents du Mouvement Démocrate
Communiqué de presse
Philippe Arnaud, Président du Comité de Conciliation et de Contrôle du Mouvement
Démocrate, vient d'annoncer qu'une seule des deux motions reçues dans le cadre de la
consultation annoncée par François Bayrou lors de sa conférence de presse du 14 avril
2008 avait été déclarée recevable : celle de François Bayrou. La seconde, la nôtre,
pourtant présentée en conformité avec les textes statutaires du MoDem, a été écartée.
Cette motion, proposée par Eric Julliard, un simple adhérent, avait pourtant réuni
environ 280 signatures, dont plus que les 20 signatures de Conseillers nationaux du
Mouvement requises pour être déclarée recevable.
Après avoir annoncé, trois heures avant la clôture de la période de transmission des
motions (!), qu'une seule motion avait été déposée, François Bayrou a ensuite souhaité
que nous retirions la nôtre, ce que nous aurions fait volontiers si un certain nombre de
demandes touchant notamment à la démocratie interne et à l'efficience du
fonctionnement du parti avaient été retenues.
Plutôt que de négocier, la direction du MoDem a préféré trouver un prétexte à tous les
égards indéfendable pour écarter notre motion. Ce prétexte est l'absence de signatures
matérielles sur le texte transmis, alors même qu'aucune disposition du règlement
intérieur ne l'exige, qu'à aucun moment il ne nous a été demandé de les fournir, et que
des opérations internes au MoDem se sont déjà déroulées sans que cette exigence soit
jamais formulée.
Le procédé employé par la direction du Mouvement Démocrate est inqualifiable. Il est en
tout cas indigne d'un parti qui se qualifie de "démocrate" et prétend incarner les valeurs
d'une démocratie et d'une citoyenneté nouvelles.
Le Mouvement Démocrate, pour novateur qu'il soit, n'est pas pour autant au-dessus des
lois. C'est pourquoi il doit respecter tant les règles et principes de la République au
service de laquelle il entend agir que les siens propres. La noblesse de la cause qu'il
défend ne saurait excuser les dénis de démocratie dont il se rend coupable. La justice
tranchera.
Eric JULLIARD
le 25 juin 2008 à 15:50"
Rédigé par: Tamino | 26/06/2008 at 10:24
A Tamino
"la justice tranchera " . Diable !
Ca me paraît quand même logique et en tout cas la moindre des choses que des signatures matérielles ou authentifiées s'agissant de signatures électroniques figurent sur une contribution que l'on entend soumettre à l'ensemble des adhérents.
La politique c'est quelquechose de sérieux qu'il faut donc faire sérieusement.
Au lieu d'inonder la blogosphère avec avec des ressentiments stériles et marginaux et des attaques sur les hommes , il eut mieux valu que le(s) auteur(s) de cette contribution la prépare avec un minimum de rigueur !
Rédigé par: juste milieu | 26/06/2008 at 13:08
Cher Monsieur Ginisty,
Je salue votre papier et souligne son caractère particulièrement didactique quand aux techniques d'expressions orales. Nous sommes nombreux, adhérents, à devoir progresser sur notre façon de faire passer les messages. Profitons en avant de retourner vers nos concitoyens.
Comme vous le savez mieux que quiconque, plus l'expression est simple plus elle est économe et donc efficace pour l'émetteur comme pour le récepteur.
Dans le cas présent, recourrir à une telle technique permettrait à Monsieur Julliard d'économiser son énergie personnelle, le temps et la patience des adhérents, les processus du MoDem et bientôt les procédures judiciaires de notre pays.
Imaginez, il aurait simplement pu avoir cet entretien avec notre Président :
"Bonjour Monsieur Bayrou, je m'appelle Eric Julliard, personne ne me connait, mais je souhaite prendre votre place de Président du Mouvement Démocrate car je suis intimement convaincu que la France et les français m'attendent. Je voulais vous inviter à me laisser les commandes. Le Mouvement Démocrate ainsi dirigé par des citoyens inconnus créera une véritable révolution en France. Je vous propose de me laisser tester ce scénario.
- Eh bien vous avez du toupet, saperlipopette, je serai heureux de poursuivre la discussion !
- Merci mille fois pour votre réponse. J'en suis très heureux.
- Oui vous pouvez compter sur moi.
- A qui dois-je m'adresser pour les détails pratiques ?
- Voyez avec l'une des deux jeunes filles qui sont là, elles vous renseigneront. A bientôt."
Flâté, Eric Julliard aurait immédiatement pris rendez-vous. François Bayrou l'aurait aimablement accueilli sans pour autant lui cacher ses convictions les plus fortes quand aux théories révolutionnaires développées par notre ami, qui aurait alors immédiatement compris que la prise de pouvoir par les couteaux, c'est à l'extrême gauche que ça se passe.
Ils se seraient quitté heureux et sereins quand à leurs parcours respectifs. Et nous autres, adhérents, n'aurions pas été obligés de nous replonger dans l'histoire de la constrution de la SFIO pour comprendre les mouvements aléatoires auxquels nous sommes confrontés.
Eva.
Rédigé par: Eva Fauchon | 26/06/2008 at 14:30
Eva,
votre message est très drôle, en regard de celui de Juste milieu. Néanmoins, le danger avec l'utilisation de l'humour est de taper complètement à côté de la plaque. Je vous incite vivement à vous renseigner, dans le détail, sur les étranges comportements des uns et des autres et, si vous avez un brin d'honnêteté intellectuelle, ce dont je ne saurais douter, vous verriez vous-même que votre humour n'est pas complètement adpacté à la situation. Désolé de déranger vos merveilleuses certitudes.
Rédigé par: Tamino | 26/06/2008 at 14:42
Christophe, je crois que tu n'aimes que les "suçes boules".
Ah... nous avons parlé 30 mn hier soir... ;-)
Rédigé par: Pierrot | 26/06/2008 at 15:10
@ Tamino:
Votre commentaire est interessant,mais grave et révélateur du drole d'esprit démocrate qui règne dans les instances dirigeantes du MoDem,si ce que vous dîtes est vrai.
Aussi,maintenant,vous en dîtes trop ou pas assez: pourquoi donc n'a-t-on pas formalisé la motion dont vous parlez par des signatures matérielles(comme le souligne Juste Milieu)???En droit,c'est essentiel! Etait-ce vraiment rédhibitoire pour accepter la conformité de votre motion?
Et à quoi faites-vous allusion lorsque vous dîtes que "des opérations internes au MoDem se sont déjà déroulées sans que cette exigence soit jamais formulée"???
Vous avez raison de ne pas lacher le morceau,mais vos accusations sont graves pour la légitimité d'un mouvement qui veut soi-disant faire de la politique autrement et qui prone la démocratie comme valeur suprême.
il faut donc vous expliquer dans la plus grande clarté,et ne pas laisser ceux qui vous lisent dans la confusion.
Rédigé par: Eric | 26/06/2008 at 15:31
@Tamino
Je suis bien heureuse que vous appréciez l'humour. Et je tiens à vous assurer du fait que vous ne dérangez rien en moi, si ce n'est la curiosité qui, elle, en revanche, ne se trouve guère satisfaite par votre intervention peu éclairante.
Nous connaissons tous les faits. Venons en au raisonnement maintenant :
1. Solliciter les adhérents sur le modèle de société que nous souhaitons défendre ensemble, comme c'est l'objet du processus de consultation en cours, induit une mise en position de leadership
2. La recherche du leadership a plusieurs raisons d'être :
-> Conduire un collectif vers la mise en oeuvre de son projet
-> Destabiliser un leadership en place dont on considère qu'il est inefficient ou dangereux quand à la tenue de ses propres objectifs
-> Et dans les cas extrêmes de comportements irrationnels (ce dont je n'affuble en aucun cas Monsieur Julliard), créer la disruption
3. Compte tenu de ces possibles perspectives, j'attendais deux choses de la démarche initiée : un texte phare accompagné d'une communication de Monsieur Julliard expliquant le sens politique de sa démarche
4. Pour texte phare et explication de la démarche, nous avons eu droit à un condensé de considérations que chacun d'entre nous aurait su écrire mais dont je doute qu'il éclaire les français à un moment où leur moral est au plus bas - le tout accompagné d'un effroyable brouhahaha procédurier sans aucune espèce d'intérêt stratégique (c'est à dire qui n'impacte en rien la ligne dessinée actuellement, qui ne la fait même pas osciller pour dire vrai)
5. Pourtant une telle démarche aurait pu recevoir mon opprobe si :
a) Le texte avait constitué une contribution majeure à la refonte de notre modèle de société français et européen ET SI b) simultanément Monsieur Julliard avait été en mesure de nous dire qu'il était le prochain successeur de François Bayrou (comme vous, je suis convaincue que les successions s'amorcent avant même que les transitions n'aient vu le jour)
Ces éléments factuels n'étant à l'évidence pas rassemblés, mon seul élément de conclusion est qu'il s'agit bien d'une tentative de positionnement sur l'appareil, de nature spontanée et donc touchante, ou pilotée au service d'intérêts tiers (aucune certitude sur le scénario).
L'appareil est en construction, c'était un moment tactiquement opportun pour se faire. Dommage, il eut fallu être en mesure d'être plus percutant.
Demain sera plus difficile pour ces jeux là. Une fois que l'ensemble des commissions nationales et départementales seront en place, que l'ensemble des dispositifs de production de la pensée seront animés, chaque adhérent pourra librement prendre au part au débat politique. Le jeu se fera alors sur les idées et non plus sur les processus, encore moins sur les procédures... Bien à nos esprits, tant mieux pour l'oxygénation démocratique française, que la force soit avec le MoDem !
Eva
Rédigé par: Eva Fauchon | 26/06/2008 at 15:55
@ eva fauchon. Vous maniez la dialectique brillamment mais sur des pré-supposés qui ne m'apparaissent pas corrects. L'auteur de la motion, que vous appeler monsieur Julliard, s'exprimera lui-même si l'idée lui en vient. Je me hasarderai à vous contredire sans être sûr qu'Eric partagerait mes dires.
Vous dites :
1. Solliciter les adhérents sur le modèle de société que nous souhaitons défendre ensemble, comme c'est l'objet du processus de consultation en cours, induit une mise en position de leadership.
Il n'a jamais été question de remettre en cause le leadership de FB. Il me semble même que EJ, lors d'un entretien qu'il eût avec FB lundi soir, a été on ne peut plus calir sur ce sujet. Si FB ne souhaitait pas prendre le risque de se sentir remis en cause dans son leadership, il n'avait qu'à pondre une déclaration sans l'appeler motion et surtout ne pas appeler à la multiplicité des motions.
2. Vous vous trompez tout autant sur les objectifs de la démarche d'EJ. Aucune volonté de prendre quelque leadership que ce soit, mais juste rappeler à FB que les promesses de bâtir le premier parti du 21è siècle et de faire de la politique autrement ne sont pas tombées dans une trappe pour tout le monde et que quelques adhérents l'ont naïvement pris au mot. Si vous lisez bien les 2 motions, celle de FB se contente de répéter le DIRE de sa campagne 2007, alors que la motion signée EJ reprenait certains thèmes tout en proposant quelques éléments du FAIRE, notamment en proposant que les belles paroles en faveur d'un renforcement de la démocratie en France prennent effet dans notre propre parti.
3. Je suis assez d'accord avec l'identification du manque d'explication sur le sens de la démarche. Mon petit doigt me dit que FB avait comblé son propre questionnement puisqu'il semblait prêt à lâcher quelques postes en échange d'un retrait de la motion qui le gênait.
Sur les points 4 et 5, vous tombez dans une critique de texte qui est joliment troussée et savamment habillée d'une redoutable mauvaise foi. Que dire de la motion FB si vous ocnsidérer que sa "concurrente" aurait pu être écrite par n'importe qui ? Eh quoi, faut-il être abscons pour avoir droit d'écrire une motion ?
Je suis sûr qu'Eric sera sensible à des critiques aussi joliment formulées. Quant au manque de percutant, attendez de voir la fin de l'histoire.
Rédigé par: Tamino | 26/06/2008 at 16:34
@ Eva Fauchon:
Pourquoi tout ce bla-bla sur le leadership?
On peut très bien,comme Eric Julliard l'a fait,vouloir soumettre une motion différente sur certains points de LA motion du Céleste Chef....sans vouloir lui piquer sa place!!...Non?
Alors,si à chaque fois que l'on n'est pas d'accord avec la direction,on est soupçonné de fomenter un coup d'état,notre Mouvement "Démocrate" porte bien mal son
adjectif!....
Le MoDem voudrait-il ressembler à l'UMP??
"A vos rangs,fixe!Et silence dans les rangs!" Voilà plutôt la devise qui semble s'imposer à de plus en plus d'adhérents MoDem.
Ce n'est pas pour celà qu'ils ont adhéré il y a un an,Madame Fauchon.
Rédigé par: Eric | 26/06/2008 at 16:55
@Fotini
Vous venez de conquérir ma considération. Je comprends désormais beaucoup mieux ce que vous ne faisiez que suggérer, et la démonstration tient la route. Merci pour cela !
En ce sens nous avons beaucoup progressé dans le dialogue et j'entends même tout à fait plusieurs points développés.
Notre ligne de démarcation est bien réelle toutefois : tous les jours je vois se construire le mouvement du 21ème siècle que tous nous recherchons. Je regrette que vous ne bénéficiez pas du même angle de vue. C'est en ce sens que le Mouvement doit progresser, mieux laisser à voir ce qui est entrain d'être accompli pour que chacun y trouve sa place. La constitution des mouvements départementaux aidera beaucoup en ce sens, et bien d'autres étapes viendront consolider cet objectif au fil des tous prochains mois.
Bien à vous,
Eva
Rédigé par: Eva Fauchon | 26/06/2008 at 17:43
@Tamino... et non pas @Fotini, pardon pour cela
Rédigé par: Eva Fauchon | 26/06/2008 at 17:46
J'apprécie beaucoup les remarques de Fotini, même si elles me semblent quelque peu empreintes d'un désir de ne pas voir la réalité telle qu'elle est mais telle qu'elle est rêvée. Ce qui vous rapproche d'elle, d'ailleurs, chère Eva.
En tout cas, je prends la confusion pour un compliment.
Rédigé par: Tamino | 26/06/2008 at 17:52
Cessez Tamino, vous allez réveiller la jeune fille qui sommeille en moi ;-) J'en rougirais presque...
Rédigé par: Eva Fauchon | 26/06/2008 at 18:08
L'initiative de Julliard est fidèle à tout ce qu'il a fait depuis que je le suis au Mouvement Démocrate : intelligente et pertinente sur le fond, calamiteuse et désolante sur la forme.
Je lui ai dit en face à de nombreuses reprises. Je ne comprends pas qu'il n'arrive toujours pas à comprendre cela.
Rédigé par: Christophe Ginisty | 26/06/2008 at 18:08
@Christophe, pourquoi la motion d'Eric est calamiteuse et désolante sur la forme. Je l'ai fait lire à des personnes qui n'étaient pas spécialement en phase avec lui et qui l'ont trouvé au contraire très bien aussi bien sur la forme que sur le fond ...
Rédigé par: Farid | 26/06/2008 at 18:25
Farid -> "La forme", ce n'est pas le texte lui-même. Le texte lui-même, c'est le fond.
J'ai lu la motion (et pas parce que Julliard me l'a adresse mais parce qu'on me l'a faite suivre).
Bref, quand je parle de la forme, je parle de la manière d'avoir amené ce texte, du moment pour le faire, de la façon de le faire circuler, etc.
Pour faire court (mais je pourrais développer beaucoup plus), je pense que ce n'était pas opportun de présenter une motion lors de cette consultation. Parlons clair : cette consultation est la consultation de François Bayrou en tant que Président du Mouvement Démocrate. Il a été contesté par un groupe de sénateurs menés par Arthuis et il a répliqué en disant qu'il soumettrait sa stratégie au vote de tous militants. Arthuis et les autres ayant mis en en cause sa légitimité, cette consultation est la manière de François de réaffirmer sa vision et de réclamer un vote de confiance. C'est une affaire très personnelle, très intuitu personae et je pense qu'il fallait le laisser seul dans ce dialogue avec les adhérents. En déposant une motion "concurrente", Julliard perturbe ce rendez-vous et tente de priver Bayrou de sa rencontre avec les militants et attaque sa légitimité (vous me direz, c'était peut-être le but recherché... allez savoir).
C'était très maladroit de le faire à ce moment là. Je crois que c'était même le pire moment.
Et c'est dommage car la motion en question était intéressante. Je la trouve bien écrite et assez sensée même si je lui reproche un peu d'enfoncer des portes ouvertes et de manquer un peu de relief.
J'aurais été à la place de Julliard, j'aurais laissé cette consultation se dérouler pour revenir avec une motion lors d'un futur événement (type congrès ou conférence nationale). Mais vous aurez compris que je ne suis pas à la place de Julliard...
Rédigé par: Christophe Ginisty | 26/06/2008 at 18:50
à Eva Fauchon | le 26/06/2008 à 14:30
et à celles et ceux qui ont réagi sur son commentaire
L'analyse d'Eva me semble très intéressante. Elle peut ne pas refléter exactement la réalité ou ne pas rendre compte avec précision de mon dessein. Mais elle a au moins le mérite d'être articulée et raisonnable, donc plausible. Rien à voir, donc, avec les aboiements des esclaves.
Avec les événements liés à cette histoire de motion, quelque chose d'essentiel a changé je crois, dont nous ne mesurons pas encore la portée : nous voici plongés désormais dans une discussion –ou bien est-ce un combat ? – politique.
Jusqu'à hier, nos initiatives, convenablement instrumentées et "relayées" par des gens dont le premier métier est - on aurait tort de l'oublier - de manipuler les opinions, n'étaient qu'entreprise de déstabilisation du frêle esquif démocrate.
Ainsi, nous n'aurions été que des intégristes de la démocratie intégrale, donc irréaliste, poursuivant comme unique objectif la destruction pure et simple du Mouvement Démocrate, au bénéfice bien entendu de tous ces déviants qui, tapis dans l'ombre, attendent patiemment la chute de Bayrou pour rafler la mise.
Peut-être même étions-nous payés pour cela ou pire, comme j'ai eu l'occasion de l'entendre de mes propres oreilles, étions-nous les instruments innocents d'une immense œuvre de déstabilisation orchestrée au plus haut niveau de l'Etat visant à priver notre pays de cette fameuse "troisième voie" pour la plonger dans un bipartisme suicidaire.
Julliard, pauvre adhérent de base du MoDem, avec quelques idées peut-être, mais sans mandat électif, sans expérience politique, sans amis et sans réseau structuré, ne serait donc rien qu'un instrument de désordre téléguidé par une puissance destructrice élyséenne ?
Sarkozy, grand pourfendeur de la "troisième voie" ? Je me marre. Si l'on veut bien considérer que sa victoire aux élections présidentielles n'est pas tout à fait due au hasard, il a sûrement déjà compris que le plus sûr moyen de détruire le MoDem était de ne pas s'en occuper et de le laisser s'auto-consommer tranquillement.
Julliard, instrument de déstabilisation ? Je me marre ! Moi qui le connais un peu, je crois pouvoir vous dire, s'il veut bien m'y autoriser, que c'est une espèce de furieux pratiquement incontrôlable, qui peut à peu près tout entendre sauf un ordre aboyé, quel qu'il soit et d'où qu'il vienne.
La manœuvre a failli réussir. Mes amis et moi-même avons été consciencieusement pilonnés, bafoués, humiliés, fustigés, dénigrés, désignés comme fauteurs de trouble, cloués au pilori, et j'en passe.
Mais le mieux est l'ennemi du bien. Voici qu'avec cette histoire ridicule de motion, le zèle à vouloir nous faire taire devient excessif, attirant non seulement l'attention d'adhérents qui, jusqu'à présent, étaient demeurés silencieux, mais provoquant même des prises de position brutales de certains que l'on pensait plus enclins à la mansuétude.
"Ce qui est excessif est insignifiant", disait Talleyrand. Nous y sommes. Cette obstination à faire taire de modestes adhérents qui ont démontré depuis un an, à travers des contributions concrètes et positives, leur volonté de construire est devenue insignifiante. Elle est aussi devenue suspecte désormais.
Les preuves de l'insuffisance de démocratie interne s'amoncellent. Ce qui apparaissait comme des erreurs de parcours il y a un an, à la création du parti, se révèlent aujourd'hui comme des manœuvres délibérées qui sont autant d'atteintes à la liberté d'expression, et même au droit de ce pays.
La question aujourd'hui n'est plus de savoir si Julliard est gentil ou méchant. Elle n'est pas davantage de savoir s'il veut prendre la place de Bayrou (*). Elle est simplement de savoir si un parti totalitaire peut promouvoir des valeurs démocrates et, dans la négative, si le MoDem peut devenir un parti démocrate.
Il est assez singulier qu'il faille déjà réformer un parti à peine né et, en tout cas, qui est loin d'être entièrement construit.
C'est en cela que le sujet est maintenant devenu politique. Julliard n'a aucun intérêt. Il n'est que le papier sur lequel la question a été couchée. Ce qui compte désormais, ce n'est certainement pas le papier : c'est la réponse que feront à la question posée ceux qui liront ce papier.
(*) S'il s'agit de prendre la suite pour faire la même chose, la réponse est clairement "non". Par ailleurs, selon les informations qu'il vient de me communiquer à l'instant, Julliard n'aime ni les rubans bleus, ni les rosettes rouges, ni quoi que ce soit qui puisse y ressembler. Il paraîtrait – enfin c'est ce qu'il dit – qu'il est un homme libre, et qu'il ne tient pas à jouer les gourous : "J'ai horreur du prêt à penser. Il n'est rien à quoi je sois plus attaché que le libre arbitre. Ceux qui ont besoin qu'on leur dise quoi penser, comment penser et quand penser ne son pas mes amis.", aurait-il récemment déclaré.
Rédigé par: Eric JULLIARD | 26/06/2008 at 19:44
Je constate que sur ce blog, et sans aller jusqu'à overdose, le nom de Quitterie apparaît encore une fois et celui de Virginie également...!
=)
Rédigé par: Serge Brière | 30/06/2008 at 20:33