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  <title>Christophe Ginisty</title>
  <description><![CDATA[Blog personnel de Christophe Ginisty, Directeur Général Adjoint de Edelman EMEA, spécialiste de la gestion de la réputation, de la communication de crise, auteur du livre "Allons enfants de l'Internet" (éditions Diateino)]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2013-05-21T11:48:26+02:00</dc:date>
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   <title>Christophe Ginisty</title>
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   <title>Petite chronique amusée sur la famille des "homo-facebookus"</title>
   <pubDate>Thu, 16 May 2013 22:49:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christophe Ginisty</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Web 2.0]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
        <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.ginisty.com/photo/art/default/5520548-8234963.jpg" alt="Petite chronique amusée sur la famille des "homo-facebookus"" title="Petite chronique amusée sur la famille des "homo-facebookus"" />
     </div>
     <div>
      Des années que je suis sur Facebook, que je m’y promène, que je collectionne les amis pour n’avoir jamais vraiment filtré et avoir au contraire pris plaisir à accepter d’entrer en relation avec tous ceux qui en faisaient la demande et dont la découverte promettait peut-être quelques bons échanges. <br />  &nbsp; <br />  Des années que je vois cette société des réseaux sociaux prendre forme et se mouvoir. Des années que je l’apprécie aussi avec une vraie affection mêlée d’addiction légère. <br />  &nbsp; <br />  Je crois que ce qui m’amuse le plus est d’observer les comportements de certains spécimens que je ne connais pas forcément mais qui peuplent cet océan numérique. Cette société qui se donne rendez-vous sans se le dire est passionnante, tellement même que je me suis amusé à en dessiner les traits de certains d’entre eux vus de ma fenêtre. <br />  &nbsp; <br />  Pas une approche exhaustive, tout au plus une galerie amusée de portraits. <br />  &nbsp; <br />  <strong>Le baron</strong> <br />  Le baron est un aristocrate du web 2.0, un notable, un précurseur. Il est sur Facebook depuis longtemps et compte ses «&nbsp;amis&nbsp;» par milliers. Au début, il a cherché à être influent à tout prix. Il est désormais influent par coquetterie et aime rappeler qu’il s’est inscrit alors que Facebook n’était pas en français et qu’on disait encore «&nbsp;The Facebook.» D’ailleurs, il pousse l’adoration pour ses galons d’early adopter jusqu’à conserver son interface en anglais, parce que «&nbsp;like&nbsp;», ça le fait tout de même mieux que «&nbsp;j’aime&nbsp;» chez les garants de l’orthodoxie digitale. Il a prédit des dizaines de fois la mort de Facebook avec force d’arguments définitifs mais, que voulez-vous, il daigne encore s’y promener comme un seigneur parcourt ses terres. <br />  &nbsp; <br />  <strong>L’impliqué</strong> <br />  Pour lui, Facebook n’est pas un jeu, c’est une extension de lui-même et tout ce qu’il y fait, c’est pour de vrai. Incorrigible producteur d’invitations, il crée des groupes «&nbsp;pour&nbsp;» ou «&nbsp;contre&nbsp;» à chaque fois que l’actualité à fait vibrer son smartphone biologique. Il promet d’éradiquer cette vermine qui ne fait rien qu’à embêter ses amis et vous informe avec un sérieux d’académicien sur la situation de cet archipel lointain sur lequel se produit le plus grand scandale planétaire depuis l’éviction de Geneviève de Fontenay des miss France. Il ne vous téléphonera jamais mais créera une invitation pour inviter à prendre un café un ces quatre. <br />  &nbsp; <br />  <strong>Le malgré lui</strong> <br />  Si cela ne tenait qu’à lui, non seulement il ne se serait jamais inscrit sur Facebook mais il vous explique à longueur de statuts que ce réseau est le néant incarné, la vacuité faite hommes, et qu’il va de toute manière déguerpir d’ici dans les jours qui viennent en effaçant toutes ses données et profiter de la plus belle conquête de l’homme moderne&nbsp;: son propre droit à l’oubli. Promettre une disparition définitive de son profil est un acte militant pour lui. Sûr de son fait, il vous fera une énumération à la Prévert de tout ce que l’on faisait quand on n’était pas connecté sur ce foutu bordel. Avec des accents nostalgiques à vous faire passer feu Pascal Sevran pour un dangereux progressiste, il dissertera à foison sur la vraie vie, dernier rempart d’une virtualité qu’il ne parvient cependant pas à quitter depuis le temps qu’il nous le dit. <br />  &nbsp; <br />  <strong>Le LOLeur professionnel</strong> <br />  Elevé à la spiritualité et à l’épistémologie comparée par Bernard Montiel dans les plus grandes heures de Vidéo-Gag du temps où le caméscope et la VHS existaient encore, celui-là passe ses journées à disséquer YouTube à la recherche de cette gamelle de la mort-qui-tue non encore révélée au grand public ou de ce moment de solitude planétaire qui fera de lui le bon copain, celui par qui le sourire est arrivé. Son mur est aussi vibrant qu’un magasin de farces et attrapes et fait autant réfléchir que le refrain d’un tube de Patrick Sébastien. Il se rabat parfois sur des moments d’émotion et, si vous vous souvenez bien, c’est l’un des tout premiers à vous avoir passé la vidéo de Susan Boyle. <br />  &nbsp; <br />  <strong>Le révélé</strong> <br />  Dans la vie, il s’appelle Jean-Luc ou Barnabé (ou Florence et Anne-Cécile) mais sur Facebook, c’est Robespierre, Ché Guevara. Lui, il est là pour faire la révolution, pendre hauts et courts ces adversaires. Généralement entré en politique à la faveur des médias sociaux comme d’autres entrent en religion, il vénère au-delà du raisonnable un leader dont il reproduit chacune des prestations médiatiques avec une minutie frôlant le trouble obsessionnel compulsif. Sur son mur, ça parle tractage, réunion publique et fête des voisins et ça dézingue à tout va celles et ceux qui se permettent de critiquer le leader adoré. De jour comme de nuit, il est le gardien d'un temple numérique, le cerbère d'une forme qu'il croit nouvelle de citoyenneté.&nbsp; <br />  &nbsp; <br />  <strong>L’ami des femmes</strong> <br />  Je l’aime bien lui car son côté sournois réussit toujours à m’attendrir. Souvent dans la quarantaine épanouie, trop conscient de ses propres limites (et accessoirement du regard attentif, rouleau à pâtisseries en main, de son épouse toujours aussi prompte à lui envoyer&nbsp;: «&nbsp;c’est qui cette pétasse qui a liké ton statut quand tu as dit que tu partais pour deux jours de séminaire à la Baule&nbsp;?&nbsp;»), il est toujours le premier à déposer un commentaire faussement ébloui quand une nana de ses amies change la photo de son profil. Alternant les «&nbsp;Superbe&nbsp;» et les «&nbsp;Mmmm…&nbsp;», sans oublier le très couru «&nbsp;Bravo au photographe et surtout bravo au modèle&nbsp;;-)))», il n’a pas d’égal dans la flagornerie de supermarché, au cas où son petit compliment serait récompensé d’un innocent «&nbsp;Prenons donc un café pour se connaître IRL.» <br />  &nbsp; <br />  <strong>La positive</strong> <br />  Très présente sur Facebook et d’une assiduité sans faille, c’est une femme dans la trentaine fébrile ou la quarantaine affolée, perfusée à la bisounourserie vitaminée. Elle se balade, de-ci, de là en laissant toujours des commentaires poétiques et doucereux à chacune de ses apparitions. On la reconnaît facilement car elle ne dit jamais «&nbsp;bonjour&nbsp;» mais «&nbsp;belle journée&nbsp;» et fait un usage excessif de ce même adjectif pour parler successivement de&nbsp; «&nbsp;belle soirée&nbsp;», «&nbsp;belle rencontre&nbsp;», «&nbsp;belle nuit&nbsp;», «&nbsp;belle personne&nbsp;» et quand le nom est masculin, elle évite curieusement le «&nbsp;beau&nbsp;» pour le transformer en «&nbsp;joli&nbsp;», ce qui nous amènera à recevoir ses encouragements pour de «&nbsp;jolis rêves&nbsp;» et un «&nbsp;joli moment&nbsp;» passé ensemble. <br />  &nbsp; <br />  <strong>Scoopman</strong> <br />  Cousin germain du LOLeur, celui-ci s’est donné une mission dans la vie et accessoirement sur Facebook, être le premier à vous informer sur ce qui se passe dans le monde, sur Mars ou dans son immeuble. Journaliste contrarié (et souvent contrariant d’ailleurs), concurrent déclaré de l’Agence France Presse, son monde à lui est l’instant d’avant, celui où vous n’étiez pas connecté. Michael Jackson n’était pas encore dans l’ambulance qui le donnait mort à 5 contre 1. Son principal fait d’arme, vous avoir donné les résultats de l’élection de François Hollande vers 10h00 du matin parce qu’en plus de ne rien rater de ce monde en mouvement perpétuel, sa belle sœur tenait un bureau de vote à Montluçon. <br />  &nbsp; <br />  <strong>La femme aux doigts de pied</strong> <br />  Elle, on ne sait pas pourquoi mais ce qui la relie au monde extérieur n’est pas son visage que l’on suppose gracile et avenant mais le sempiternel Instragam de ses doigts pieds écartelés et savamment manucurés sous toutes les latitudes. C’est bien simple, dès qu’elle arrive quelque part, elle est prise d’une envie irrépressible d’enlever ses Louboutin pour immortaliser, téléphone en main ce détail si important de son anatomie. Quand elle part en vacances, vous attendez d'elle une photo des Pyramides de Gizeh ou un cliché du Temple de Borobudur. Eh bien vous l’avez, au loin, entre le pouce et l’index. <br />  &nbsp; <br />  <strong>Le citeur fou</strong> <br />  A son sujet, on se dit d’abord que son érudition est sans limite et qu’on est tombé sur le fils ou la fille spirituelle de feu-Maître Capello. A chacun de ses statuts, il ou elle publie une citation d’un auteur disparu, un truc auquel on n’avait pas pensé, qui nous fait réfléchir à notre destin et au sens même de notre existence. Mais les soupçons commencent à nous envahir quand il publie des phrases posées sur des images de petits oiseaux s’envolant au devant d’un arc-en-ciel, une fin d’après midi dans le sud d’un pays où il fait beau. Là, on devine qu’il appartient en réalité à la confrérie très secrète des adorateurs de la carte postale animalière. <br />  &nbsp; <br />  <strong>Le franchouillard</strong> <br />  On n’aime pas forcément croiser son chemin quand on est en voyage à l’étranger et qu’on le reconnaît à dix miles avec sa mine grise, son air de ne jamais apprécier le monde qui l’entoure et son obsession à déclamer au premier interlocuteur venu «&nbsp;non, mais c’est qui le client ici&nbsp;?&nbsp;» Eh bien on pensait pouvoir y échapper mais c’était sans compter Facebook où il prolifère et se répand sur nos murs. Il est au troll ce que la chenille est au papillon, c’est un nuisible en devenir qui fait ses gammes en critiquant successivement son pays, ses dirigeants (d’où qu’ils viennent), les journalistes, les présentateurs de jeu télé, les invités des émissions, la télévision abrutissante, ses voisins, son patron (quand il en a encore un), les réseaux sociaux,… <br />  &nbsp; <br />  Voilà ma petite galerie de portraits. A vous de voir si vous en connaissez des comme ça ou si vous vous reconnaissez simplement dans l’un ou l’autre de ces profils (ce qui serait un peu plus préoccupant). <br />  &nbsp; <br />  Quoiqu’il en soit, il n’y a pas que ça sur Facebook. Il y a tout plein de gens sympas et surtout de vrais amis, des gens dont on veut absolument partager un morceau de quotidien et qui nous manquent véritablment lorsqu’ils ne donnent pas de nouvelles. <br />   <br />  J’aime penser que vous faites partie de ces gens là. <br />  &nbsp; <br />  A suivre…&nbsp; <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Violence des ultras du PSG : Chronique d'une crise d'identité majeure</title>
   <pubDate>Tue, 14 May 2013 10:20:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christophe Ginisty</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Citoyenneté]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.ginisty.com/photo/art/default/5508682-8217335.jpg" alt="Violence des ultras du PSG : Chronique d'une crise d'identité majeure" title="Violence des ultras du PSG : Chronique d'une crise d'identité majeure" />
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      Au lendemain des affrontements qui ont opposé les ultras du PSG aux forces de l'ordre dans les rues de Paris et alors que les hasards de la vie on fait que je m'envole ce matin pour le Qatar, je voudrais revenir sur ce que nous apprennent ces incidents en termes de communication.&nbsp; <br />   <br />  Bien sûr, comme tous les observateurs, j'ai trouvé plus que désolant de voir une telle promesse de fête gâchée par des excités violents, irresponsables et totalement marginaux. Mais il ne faut pas s'arrêter à cette indignation de premier degré. Il faut chercher plus loin. <br />   <br />  Ce que le PSG a subi hier est un violent conflit d'image, une crise d’identité majeure. <br />   <br />  Les investisseurs du Qatar qui ont repris le club de la capitale ont sans doute été séduits par le prestige incomparable de Paris dans le monde entier. La capitale de la France, sa Tour Eiffel, ses Champs-Elysées, ses marques de luxe mondialement connues et enviées, son raffinement légendaire, sa cuisine étoilée, tout pouvait laisser penser que principal club de football de la capitale française pourrait endosser à son tour ces fabuleux attributs d'image. <br />   <br />  Ouvrant sans limite les robinets à millions de dollars, se payant les plus grandes stars du ballon rond, y compris les plus vieillissantes et mythiques, les investisseurs ont certainement fait le pari du prestige, du luxe, de tout ce qu'évoque Paris aux étrangers.&nbsp; <br />   <br />  Sauf que le PSG n'est pas Paris et que le foot n'est pas un produit de luxe, nous en avons eu hier soir une très cruelle démonstration. <br />   <br />  Dans un bassin de population confronté à une violence constante, à un chômage endémique, à une exclusion rampante, cette société des banlieues n’a plus d’horizon au-delà des murs implacables des barres d’immeubles qui les encerclent. Le foot est leur sport, leur défouloir, leur exutoire et même si je répugne à accepter l’outrance de leur violence, ce club était d’abord le leur. <br />   <br />  Regardons les choses en face, les investisseurs qataris ont sans en prendre conscience kidnappé un symbole populaire pour lui infliger de force une violente perfusion de luxe et d’argent liquide. <br />  &nbsp; <br />  Je n’ai absolument rien contre l’argent de ces gens là mais n’auraient-ils pas pu en investir un peu au service de ces supporters d’en bas afin d’éviter de transformer tout de suite le PSG en un carré VIP, une citadelle imprenable pour les marginalisés des quartiers pérphériques ? <br />  &nbsp; <br />  Exclus du stade comme ils le sont systématiquement des boites de nuit dans lesquels ils essayent de pénétrer le samedi soir, ils ont peut-être exprimé hier soir leur rage à ce moment si spécial où ce club qui les a quittés allait célébrer une victoire qui n’était finalement plus la leur. <br />  &nbsp; <br />  En réponse à l’arrogance tranquille et doucereuse de la victoire, ils ont opposé la violence de leur défaite personnelle sur cette capitale et son football de riches.&nbsp; <br />  &nbsp; <br />  Pourquoi est-ce selon moi une crise d’identité&nbsp;? Parce que lorsque l’on essaye de transformer les attributs fondamentaux d’une image, on se heurte toujours à la nostalgie résistante de ceux qui demeurent attachés aux attributs historiques qu’ils chérissaient. <br />  &nbsp; <br />  Pour faire simple, on ne modifie une image qu’avec l’assentiment de tout son public. Toutes les organisations publiques ou privées qui essayent d’écrire une nouvelle page de leur histoire n’y parviennent que si elles allient à la décision de changer l’adhésion des parties prenantes. <br />  &nbsp; <br />  C’est une règle absolue en matière de communication. <br />  &nbsp; <br />  Ne vous méprenez pas, je ne dis à aucun moment que je cautionne ou approuve de quelque manière que ce soit ces débordements qui m’ont désolés. J’émets uniquement l’hypothèse d’en comprendre les moteurs. Je ne fustige pas non plus l'argent qui a permis au club de ce redresser, j'emets l'idée que la transformation ultra rapide a pu laisser bon nombre de personnes sur le bord du chemin.&nbsp; <br />  &nbsp; <br />  A ce stade de mon propos, j’imagine que vous pensez que ma lecture des faits ne tient pas la route parce vous vous demandez pourquoi de tels incidents n’arrivent pas dans d’autres villes de France ou dans d’autres capitales européennes où la crise et les conditions de vie sont tout aussi dramatiques et où les clubs de foot sont aussi la propriété de milliardaires à la générosité débordante.&nbsp; <br />  &nbsp; <br />  C’est un très bon point et croyez bien que j’y ai réfléchi aussi. <br />  &nbsp; <br />  Je n’ai pas de réponse toute faite à la pertinence de cette objection. Sans disposer de données factuelles, je pense juste que d’autres villes ou d’autres clubs ont su mieux bâtir une dimension communautaire qui repose forcément sur la promesse de n’exclure personne. <br />  &nbsp; <br />  Pour ne prendre l'exemple d'une autre ville de France, Marseille et son O.M. me semblent former un couple plus uni où les supporters n’ont jamais été abandonnés malgré les millions de la famille Dreyfus. Le football y demeure une affaire de la plus haute importance et les psychodrames continuent de se jouer avec les supporters dans tous leurs excès. <br />  &nbsp; <br />  Je pense aussi que la société française est potentiellement plus violente que d’autres sociétés en Europe du fait de politiques publiques qui ont ghettoïsé les banlieues et&nbsp;régulièrement pointé du doigt la culpabilité supposée de minorités plutôt que de leur tendre la main. <br />  &nbsp; <br />  Le PSG du Qatar n’est pas le PSG de Daniel Hechter ou de Francis Borelli. Et s’il est évident qu’il fallait le faire évoluer pour qu’il puisse espérer jouer un rôle parmi les grands d’Europe, il eut sans doute été plus avisé de le faire grandir en faisant grandir aussi tous ses supporters plutôt que de leur interdire à jamais l’enceinte du stade pour des délits qu'ils ont commis par le passé.&nbsp; <br />  &nbsp; <br />  Les événements d’hier doivent faire réfléchir les investisseurs. <br />   <br />  S’ils veulent que le club franchisse une nouvelle étape dans son développement, ce dernier va devoir reconquérir l’affection apaisée des milieux populaires, alliés de la première heure. Il va devoir marquer une pause dans sa transformation, concevoir et mener des actions de communication pour embarquer avec lui et sans exclusive tous ceux qui le veulent. Et qui sait s'il pourra à nouveau accueillir des supporters venus de tous les horizons pour leur faire profiter d'un spectacle sportif de qualité.&nbsp; <br />  &nbsp; <br />  Et ce n’est qu’à ce prix, lorsque tous les supporters feront à nouveau partie de l’histoire, que les gens s’autoriseront à faire la fête ensemble.&nbsp; <br />  &nbsp; <br />  A suivre…&nbsp; <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>7 raisons d'être fier de pratiquer les Relations Publics*</title>
   <pubDate>Sun, 12 May 2013 19:51:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christophe Ginisty</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Citoyenneté]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
        <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.ginisty.com/photo/art/default/5504117-8210354.jpg" alt="7 raisons d'être fier de pratiquer les Relations Publics*" title="7 raisons d'être fier de pratiquer les Relations Publics*" />
     </div>
     <div>
      Au cours de mon voyage au Pérou cette semaine, j'ai eu le privilège de représenter l'International Public Relations Association (<a class="link" href="http://www.ipra.org" target="_blank">IPRA</a> ) dont j'ai été élu président pour l'année 2013 afin de remettre une récompense à l'Université San Martin de Porres de Lima pour sa contribution exceptionnelle à l'enseignement des relations publics.&nbsp; <br />   <br />  Tout au long de cette visite certes un peu protocolaire, j'ai eu l'opportunité de répondre à un grand nombre d'interviews de journalistes péruviens qui m'ont pratiquement tous posé la même question au cours des entretiens : en quoi les relations publics sont-elles importantes ?&nbsp; <br />   <br />  Je voudrais donc ici donner ma réponse à cette question et plutôt que de parler d'importance qui est un concept tout relatif, je voudrais parler de fierté et exprimer les 7 raisons qui font que, selon moi, les professionnels de ce secteur peuvent être fiers de développer cette expertise.&nbsp; <br />   <br />  <strong>1/ Nous sommes les artisans des liens d'une organisation ou d'une personne avec le public</strong> <br />  Comme l'a défini la Public Relations Society of American (PRSA) en lançant en 2011 <a class="link" href="http://www.prsa.org/AboutPRSA/PublicRelationsDefined" target="_blank">un appel à projet</a>  pour aboutir à une définition universelle des RP, <em>“Public relations is a strategic communication process that builds mutually beneficial relationships between organizations and their publics"</em> que l'on pourrait traduire par : les relations publics sont un processus de communication stratégique qui construit des relations mutuellement bénéfiques entre des organisations et leur publics.&nbsp; <br />   <br />  Je trouve pour ma part qu'il y a là une première source de fierté car le fait d'établir une relation bénéfique dans un contexte où la défiance gagne chaque jour du terrain est un point essentiel, un élément moteur pour notre démocratie. &nbsp; <br />   <br />  <strong>2/ Nous sommes des facilitateurs des flux d'information&nbsp;</strong> <br />  Je ne crois pas et je n'ai jamais cru que le rôle d'un professionnel des RP était de transformer l'information, de la manipuler ou de la dénaturer. Au contraire, j'ai toujours pensé que ma principale valeur ajoutée consistait à rendre l'information disponible en contribuant à fluidifier la transmission et l'accès à l'information.&nbsp; <br />   <br />  Tant pour les organisations ou les personnalités qui m'engageaient que pour les influenceurs qui me sollicitaient, j'ai conçu ma valeur ajoutée sur cette promesse et toujours oeuvré dans ce sens.&nbsp; <br />   <br />  <strong>3/ Nous sommes des acteurs d'une plus grande transparence</strong> <br />  Plus nous travaillons au service d'organisations exposées médiatiquement et plus notre travail consiste à les rendre accessibles et transparentes. Nous ne sommes pas des remparts contre les assauts de l'opinion publique via ses représentants mais au contraire les alliés de l'ouverture.&nbsp; <br />   <br />  Et croyez-moi sur parole, c'est un combat parfois compliqué que nous menons chaque jour tant nous sommes conscients de l'impérieuse nécessité d'améliorer un niveau de confiance qui est fonction du sentiment d'être correctement informé.&nbsp; <br />   <br />  <strong>4/ Nous sommes des acteurs du changement au sein des organisations qui nous mandatent</strong> <br />  Une organisation qui consacre du temps aux relations publics est une organisation qui progresse et se transforme. Parce que nous aidons à établir des relations mutuellement bénéfiques, parce que ces relations font une place importante aux interactions, nous sommes au coeur d'un processus conversationnel dont l'organisation a tout à apprendre.&nbsp; <br />   <br />  Les professionnels des RP sont les ambassadeurs des commentaires de l'opinion et font souvent bouger les lignes grâce à ce qu'ils retiennent des échanges.&nbsp; <br />   <br />  <strong>5/ Nous sommes à la croisée des chemins de l'influence&nbsp;</strong> <br />  Ne cherchez pas plus loin, n'allez pas regarder du côté des spécialistes de la communication digitale ou autres générations spontanées de community managers, les professionels les plus légitimes pour être au coeur des stratégies d'influence sont les professionnels des RP. Parce que leur métier a toujours consisté à fluidifier les flux d'information auprès des médiateurs qui ne sont autres que des influenceurs, les pros des RP détiennent un savoir irremplaçable.&nbsp; <br />   <br />  Même si certains n'ont pas voulu évoluer par méconnaissance des opportunités offertes par le digital, la communication d'influence est au coeur des RP.&nbsp; <br />   <br />  <strong>6/ Nous protégeons nos clients des manipulations et des rumeurs&nbsp;</strong> <br />  Alors que beaucoup de gens se préoccupent légitimement de l'éthique de celles et ceux qui détiennent le pouvoir (médiatique, politique, économique), il ne faut pas oublier que le monde de l'information doit également se protéger des manipulations qui viennent d'en bas et qui sont, du fait de l'explosion des médias sociaux, de plus en plus nombreuses.&nbsp; <br />   <br />  L'un des rôles les plus importants des professionnels des RP est de protéger les organisations et les personnalités pour lesquelles ils travaillent contre ce que l'on appelle aujourd'hui l'infowar.&nbsp; <br />   <br />  <strong>7/ Les relations publics sont un indice de modernité d'une société&nbsp;</strong> <br />  Enfin et j'ai eu l'occasion de le dire à de nombreuses reprises dans les entretiens que j'ai eus avec les journalistes péruviens, le fort développement du secteur des relations publics dans un pays permet d'apprécier la modernité de la société de l'information et, derrière elle, la modernité de la société toute entière.&nbsp; <br />   <br />  Un public correctement informé est un public capable de prendre des décisions de manière éclairée. Des organisations plus ouvertes sont des organisations qui deviennent par la force des pressions publiques plus éthiques et plus responsables au sein de leurs communautés.&nbsp; <br />   <br />  Pour toutes ces raisons, je crois que le métier des relations publics est un métier absolument essentiel dont les professionnels peuvent être fiers de pratiquer au quotidien. A des années lumières des clichés qui enferment ce job dans un univers de paillettes aussi superficiel qu'idiot, nous faisons et nous devons faire un travail indispensable qui mérite d'être valorisé à sa juste place dans la société.&nbsp; <br />   <br />  J'ai essayé de passer le message au fil de mes rencontres au Pérou et je continuerai de le faire tout au long de mon année de présidence de l'IPRA. C'est ma mission principale et j'y consacrerai toute mon énergie.&nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <u>Pour aller plus loin :&nbsp;</u> <br />  - <a class="link" href="http://www.codigo.pe/publicidad/christophe-ginisty-el-president-award-para-la-universidad-de-san-martin-de-porres-es-por-su-contribucion-a-la-formacion-en-rr-pp/" target="_blank">Interview donnée au site Codigo Publicidad</a>  <br />   <br />  <em>* "Relations Publics" n'est pas une faute d'orthographe mais représente le fait que ce métier consiste à établir des relations de confiance avec les publics et non de rendre nos relations publiques (ce qui n'a aucun sens). Cette terminologie a été adoptée à l'unanimité par le Syntec-RP en juin 2011.&nbsp;</em>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.ginisty.com/photo/art/imagette/5504117-8210354.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.ginisty.com/7-raisons-d-etre-fier-de-pratiquer-les-Relations-Publics_a974.html</link>
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   <title>RP et déontologie : le numérique nous impose-t-il de nouvelles règles ?</title>
   <pubDate>Wed, 08 May 2013 08:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christophe Ginisty</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Web 2.0]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
        <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.ginisty.com/photo/art/default/5493286-8193333.jpg" alt="RP et déontologie : le numérique nous impose-t-il de nouvelles règles ?" title="RP et déontologie : le numérique nous impose-t-il de nouvelles règles ?" />
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      Personne ne le dira jamais assez, les métiers de la communication ont été bouleversés par la révolution numérique qui a tout chamboulé et transformé en profondeur nos expertises.&nbsp; <br />   <br />  S'agissant des RP en particulier, j'ai été récemment invité en Suisse pour animer une soirée débat au cours de laquelle il m'avait été demandé par la <a class="link" href="http://www.srrp.ch/" target="_blank">Société Romande des Relations Publiques</a>  (SRRP) de répondre à la question suivante : En quoi la révolution numérique nous impose-t-elle de nouvelles règles ? Et quelles sont ces règles ?&nbsp; <br />   <br />  Avant de détailler mon point de vue, sachez que j'ai conçu pour l'occasion une présentation Powerpoint que vous pourrez visionner et&nbsp;<a class="link" href="http://fr.slideshare.net/ginisty/dontologie-et-relations-publiques-dans-un-monde-digital" target="_blank">télécharger ici</a>.&nbsp; <br />   <br />  <strong>Pour résumer ma pensée, voici quels en sont les axes principaux.</strong> <br />   <br />  Tout d'abord, j'ai voulu rappeler que les codes de déontologie qui ont inspiré notre profession et singulièrement le Code d'Athènes voté par l'International Public Relations Association (<a class="link" href="http://www.ipra.org" target="_blank">IPRA</a>  ) en 1965 décrivent parfaitement notre métier et sont d'une étonnante modernité quand on pense à l'avènement des médias sociaux. Tout y est déjà et j'ai pu constater avec plaisir que je n'aurais franchement pas dit mieux. <br />   <br />  Par ailleurs, en travaillant ce sujet, je me suis rendu compte que la définition des RP était très proche de la définition des médias sociaux, signe que la dimension sociale fait partie de notre ADN depuis toujours. <br />   <br />  Du coup, il ne m'est pas apparu pas forcément nécessaire d'en rajouter si l'objectif était de décrire la manière avec laquelle nous devons travailler au service des organisations qui nous engagent <br />   <br />  Par contre, il y a un point qui a attiré mon attention. <br />   <br />  Ce que nos pères fondateurs n'avaient pas prévu, ce sont les conséquences des nouveaux pouvoirs de l'opinion. <br />   <br />  Pour faire simple, nos codes ont été conçus dans un esprit qui visait à protéger l'opinion des dérives potentielles des autorités communicantes (nos clients, nous-mêmes). Il faut dire que les fondateurs de l'IPRA se réunirent pour la première fois en 1949, quatre après la fin de la seconde guerre mondiale, à un moment singulier où il fallait tourner le dos aux insupportables propagandes qui avaient dominé des années durant les relations entre les gouvernants et les citoyens. <br />   <br />  Dans un élan consitutionnaliste spectaculaire, le monde réécrivait son destin en promulgant un nombre conséquent de lois fondamentales. <br />   <br />  Inspirés par la récente adoption de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et notamment son article 19 qui définit la liberté d'expression, les fondateurs de l'IPRA conçurent un texte orienté vers la protection du citoyen. <br />   <br />  La société de l'information a changé depuis et la révolution numérique a bouleversé l'équilibre des pouvoirs. Si nous devons toujours oeuvrer à la préservation des lois fondamentales qui protègent le citoyen, nous devons aussi regarder le monde tel qu'il est. <br />   <br />  C'est cette observation qui nous commande désormais de protéger aussi la société dans son ensemble contre les dérives potentielles de l'opinion qui a acquis un pouvoir sur l'information. <br />   <br />  Et ça, ce n'est nulle part abordé dans nos codes. <br />   <br />  C'est pour cela que j'ai émis l'idée dans ma présentation de travailler à de nouvelles règles déontologiques en changeant radicalement de point de vue. <br />   <br />  Les trois pistes de travail que je suggère sont donc les suivantes : <br />   <br />  1/ Faire des professionnels des RP les adversaires engagés et actifs de la manipulation d'où qu'elle vienne et les promoteurs déterminés d'une information juste, authentique, vérifiable,... <br />   <br />  2/ Inscrire dans nos codes la volonté d'ouvrir davantage les organisations pour lesquelles nous travaillons afin de les rendre plus transparentes, plus accessibles et plus engagées dans les conversations. <br />   <br />  3/ Nous engager à lutter contre "l'infowar" sous toutes ses formes : les rumeurs, le brand hacking et les attaques organisées conçues pour nuire à la réputation des organisations ou des personnes. C'est un point corolaire du premier mais c'est un point spécifique tout de même. Le premier évoque un combat pour une information authentique alors que celui-ci s'intéresse à lutter contre une forme active et voulue de malveillance. <br />   <br />  En tant que Président de l'IPRA pour 2013, je vais essayer de faire avancer ce sujet sur un plan international. Et je vous en reparlerai. En tout cas, je serais très fier d'avoir pu faire avancer ce sujet.&nbsp; <br />   <br />  A suivre...&nbsp;
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   <title>Bilan de la première année du quinquennat de François Hollande sous l’angle de la communication.</title>
   <pubDate>Mon, 06 May 2013 07:30:03 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christophe Ginisty</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualité en débats]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
        <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.ginisty.com/photo/art/default/5485967-8182589.jpg" alt="Bilan de la première année du quinquennat de François Hollande sous l’angle de la communication." title="Bilan de la première année du quinquennat de François Hollande sous l’angle de la communication." />
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      Il y a un an tout juste, la France votait et élisait François Hollande(1) à la Présidence de la République. C’est l’occasion pour moi de me livrer à l’exercice qui consiste à revenir sur les moments clés de cette première année. Laissons aux observateurs politiques le soin de commenter le fond et intéressons-nous ensemble aux événements marquants sous l’angle de la communication. <br />  &nbsp; <br />  Beaucoup d’événements et d’attitudes caractérisent des douze mois sous l’impulsion de l’hôte actuel de l’Elysée et vous me pardonnerez donc à l’avance la longueur exceptionnelle de cette note. <br />  &nbsp; <br />  Il y a évidemment des causes conjoncturelles qui le dépassent et qui lui sont extérieures mais essayons de commenter les faits dont il est en partie responsable ou tout du moins acteur. Je voudrais évoquer ces derniers et exprimer ainsi de quelle manière l’action publique peut rencontrer (ou pas) l’adhésion de l’opinion publique. <br />  &nbsp; <br />  <strong>L’énigme du rejet et de l’adhésion </strong> <br />  La légitimité politique ne vient pas uniquement du nombre de voix que l’on a recueillis dans les urnes, elle vient aussi du sentiment qui fut moteur dans le choix d’un candidat plutôt que d’un autre. Le 6 mai 2012, la question de savoir si c’est François Hollande qui avait été préféré à Nicolas Sarkozy et donc voulu par la majorité des français ou si c’est Nicolas Sarkozy qui avait été rejeté par ces mêmes français pouvait se poser. <br />  &nbsp; <br />  Peu de présidents avaient jusqu’alors accumulé à la fin de leur mandat autant de détestation que l’ancien président de la République qui en a rajouté une couche en commettant l’erreur fatale de personnaliser à outrance l’élection. <br />  &nbsp; <br />  Du coup, le soir de l’élection, si la légitimité démocratique était indiscutable et indiscutée, on pouvait s’interroger sur l’autre légitimité, celle issue de l’adhésion. <br />  &nbsp; <br />  En termes de communication, cette dimension est fondamentale car elle conditionne la capacité de celui qui est élu de gouverner dans des conditions acceptables d’adhésion de l’opinion publique à son action. <br />  &nbsp; <br />  Mon analyse est que les équipes qui entourent François Hollande ne se sont peut-être pas suffisamment penchées sur la question. Ils ont commis là une erreur. <br />  &nbsp; <br />  Une légitimité d’adhésion vous donne carte blanche pour dérouler un programme sans avoir un besoin excessif de conquête de l’adhésion. Une légitimité principalement électorale et circonstanciée vous oblige à développer des trésors d’imagination pour séduire afin d’exécuter un programme qui n’était finalement pas la raison principale de votre élection. <br />  &nbsp; <br />  <strong>Une intronisation sous le déluge </strong> <br />  Je sais ce que vous allez dire, le fait qu’il pleuvait des cordes sur Paris le jour où François Hollande a pris officiellement ses fonctions n’est pas un acte de communication et personne n’est responsable d’un tel déluge qui n’est que la «&nbsp;faute à pas de chance&nbsp;» comme on dit familièrement. <br />  &nbsp; <br />  Certes, vous avez parfaitement raison. Il n’empêche que cela a produit des images désastreuses pour l’image du nouveau président de la république. Les téléspectateurs y ont vu l’image de la victime, du puissant ridicule rabaissé à la condition de simple piéton détrempé, les lunettes embuées et le costume à tordre, seuls éléments distinctifs d’une silhouette misérable mais néanmoins souriante sortant d’un toit ouvrant totalement inadapté pour l’occasion. <br />  &nbsp; <br />  Cela fit au mieux sourire au moment où la présidence espérait projeter les attributs du prestige, de la grandeur et de la solennité. Au pire, cette scène inspirait le ridicule et je n’ai pour ma part jamais compris pourquoi le programme n’avait pas été modifié pour s'adapter à ces conditions exécrables. <br />  &nbsp; <br />  <strong>Le changement par l’absence</strong> <br />  Nicolas Sarkozy était un président omniprésent et François Hollande a choisi de rompre avec ce style qui avait conduit son prédécesseur à être inaudible en fin de mandat. Du coup, il s’est immédiatement imposé une discrétion médiatique qui a pris de cours les commentateurs. <br />  &nbsp; <br />  On passait d’un discours par jour à une intervention tous les mois, voire une fois par trimestre. <br />  &nbsp; <br />  Ce que le nouveau président a voulu faire passer pour de la mesure en rupture avec le passé a été ressenti comme de l’absence. Et pour l’opinion, quand on est absent, cela signifie que l’on ne s’occupe pas des problèmes. Les gens sont incapables d’imaginer ce qu’on ne leur dit pas et que l’on ne démontre pas. <br />  &nbsp; <br />  C’est vraiment un effet pervers. Pourtant, l’intention était louable. <br />   <br />  Je pense pour ma part que les équipes présidentielles auraient dû ne réduire que progressivement les apparitions du chef de l’exécutif et pas d’un seul coup. Un peu comme une cure de désintoxication.&nbsp; <br />  &nbsp; <br />  <strong>Une compagne antipathique </strong> <br />  Attention, je ne dis pas un seul instant que Valérie Trierweiler soit quelqu’un d’antipathique. Rien ne m’autorise à le penser ou le dire. Ce que je veux exprimer ici dans mon analyse de la communication de la première année de la présidence de François Hollande est que la première dame a débuté sa carrière médiatique par une action désolante qui a fait croire au public qu’elle était antipathique. <br />  &nbsp; <br />  Son fameux Tweet meurtrier balancé dans les terres de Ségolène Royal était d’une très rare inélégance et c’était tellement inutile que cela s’est immédiatement retourné contre celle qui en était l’auteur. <br />  &nbsp; <br />  140 caractères pour se faire détester des français, voilà une performance dont le président se serait bien passé. <br />  &nbsp; <br />  Si l’on ne peut pas refaire l’histoire et effacer ce qui a été posté sur la toile, je ne comprends pas pourquoi l’Elysée n’a pas tenté d’organiser une campagne de séduction pour la compagne de François Hollande en tentant simplement de mieux la faire connaître. <br />  &nbsp; <br />  <strong>Ayrault, même pas un collaborateur</strong> <br />  Lors de sa fameuse tirade «&nbsp;Moi, Président de la République,…&nbsp;» du débat d’entre deux tours, François Hollande avait dit <em>«&nbsp;Moi, Président de la République, je ne traiterai pas mon Premier Ministre de collaborateur&nbsp;»</em> en réaction ce qu’avait fait Nicolas Sarkozy en son temps en évoquant François Fillon. <br />  &nbsp; <br />  C’était une très bonne idée que de dénoncer le mépris contenu dans les propos de Nicolas Sarkozy pour le chef du gouvernement mais que dire alors de l’attitude qui consiste à ne pas en parler du tout&nbsp;? L’absence de mention n’est-elle pas plus assassine que le qualificatif de collaborateur&nbsp;? <br />  &nbsp; <br />  Car lors de plusieurs apparitions médiatiques d’importance, François Hollande n’a même pas pris soin de citer celui qui dirige le gouvernement. J’ai pour ma part trouvé que cela pénalisait gravement la possibilité de la confiance envers l’exécutif dans son acceptation collégiale et institutionnelle. <br />  &nbsp; <br />  En ces temps difficiles où la popularité est au plus bas, un Jean-Marc Ayrault fort serait de nature à contrebalancer la défiance présidentielle et ce ne serait pas inutile pour l’action de ce gouvernement. <br />  &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br />  <strong>Montebourg, le mauvais perdant des primaires</strong> <br />  Il a beau être ministre et membre d’une équipe gouvernementale, Arnaud Montenbourg est un cavalier seul qui communique comme s’il était toujours dans la séquence des primaires socialistes qu’il a pourtant perdues. <br />  &nbsp; <br />  On peut disserter sur le bienfondé de ses prises de position, l’important n’est pas là dans l’analyse de la communication de l’exécutif depuis un an. <br />  &nbsp; <br />  Une entreprise, une marque, un gouvernement, toute structure communicante a besoin d’adresser un message cohérent et clair pour recueillir l’adhésion des parties prenantes. La confusion et le bordel génèrent mécaniquement de l’anxiété dans l’opinion. Pire, une organisation qui ne communique pas de manière ordonnée est toujours perçue par le public comme une organisation dans laquelle il y a des problèmes structurels. <br />  &nbsp; <br />  Encore une fois, je ne discute pas du fond. Montebourg a peut-être raison ou peut-être tort. Peu importe car dans la matière qui m’occupe, ses prises de parole intempestives décrédibilisent l’action du gouvernement dans son ensemble. <br />  &nbsp; <br />  <strong>Une classe dissipée </strong> <br />  J’en ai déjà parlé à plusieurs reprises et notamment sur mon blog, l’absence de leadership dans la communication de l’exécutif crée des velléités de prises de parole tout à fait surprenantes. <br />  &nbsp; <br />  La nature ayant une sainte horreur du vide, ce n’est pas parce que vous ne vous exprimez pas que d’autres ne le font pas à votre place. C’est d’autant plus vrai à l’heure des médias sociaux où les conversations vont dans tous les sens et sont permanentes. <br />  &nbsp; <br />  Tout comme je viens de l’évoquer en parlant d’Arnaud Montebourg, cette situation fragilise la lisibilité de l’action collective et l’empêche de récolter l’adhésion du plus grand nombre. <br />  &nbsp; <br />  Car comment et autour de quoi se rassembler quand les émetteurs ne sont eux-mêmes pas unis&nbsp;? C’est mission impossible. <br />  &nbsp; <br />  C’est pour cela que je pense qu’un des principaux efforts en termes de communication pour restaurer la confiance consisterait à organiser la prise de parole de manière très précise. <br />  &nbsp; <br />  <strong>La maîtrise malienne </strong> <br />  S’il y a une action qui fut remarquablement bien gérée du point de vue de la communication, c’est bien la crise malienne qu’il faut citer. Ce fut parfait du début jusqu’à la fin, un cas d’école. <br />  &nbsp; <br />  Une décision rapide et déterminée qui ne s’embarrasse pas de palabres inutiles face à une urgence humanitaire, une rapidité d’exécution, une séquence de liesse populaire qui conclut l’offensive par la représentation de la victoire, la communication qui a entouré l’intervention de la France au Mali fut un vrai sans faute. <br />  &nbsp; <br />  C’est suffisamment rare pour être cité. <br />  &nbsp; <br />  Mais est-ce une si bonne nouvelle que ça pour l’équipe gouvernementale&nbsp;du point de vue de l’image ? Oui et non. <br />  &nbsp; <br />  Oui car cela consacre l’efficacité d’une action présidentielle. Non, car cela peut générer le sentiment du hors sujet, mais nous y reviendrons ultérieurement. <br />  &nbsp; <br />  <strong>La star Taubira </strong> <br />  Toutes les histoires sont propices à la création de légendes et toutes les légendes ont leurs stars. <br />  &nbsp; <br />  Dans la très [trop] longue séquence du mariage pour tous et alors que cette réforme a été votée par le parlement au moment où j’écris cette note, une personnalité a émergé, Christine Taubira. <br />  &nbsp; <br />  Peu connue du grand public, issue d’une formation politique confidentielle, la Garde des Sceaux a été la plus grande sensation médiatique de l’année présidentielle. Elle s’est acquittée de sa mission de manière exceptionnelle et ses mots ont été à la fois justes et historiques. <br />  &nbsp; <br />  Du point de vue de la communication, c’est un atout maître sur lequel il faudra s’appuyer pour la suite. <br />  &nbsp; <br />  <strong>La résistance à la rue </strong> <br />  Je vais sans doute me faire étriper en écrivant cela mais j’ai trouvé l’impassibilité de François Hollande face à la rue remarquable dans l’épisode du mariage pour tous. <br />  &nbsp; <br />  Même si, comme je l’évoquais dans mon tout premier point, il n’avait pas forcément été élu par des gens qui avaient approuvé toutes les propositions de son programme, le président n’a pas cédé et est resté ferme et droit dans ses bottes, Sarkoziste pourrait-on même dire sans risquer de l’insulter. <br />  &nbsp; <br />  Oui car s’il y a bien quelqu’un qui a pratiqué l’obstination qu’aucune manif de pouvait ébranler, c’est bien l’ancien président de la République. C’est d’ailleurs assez amusant de réaliser que ceux-là même qui soutenaient Sarkozy dans son intransigeance face à la notion même de «&nbsp;démocratie de la rue&nbsp;» fustigent aujourd’hui Hollande dans son impassibilité. <br />  &nbsp; <br />  François Hollande a tenu et, encore une fois, que l’on soit pour ou contre cette mesure, c’est de la responsabilité du chef de l’état de gouverner. <br />  &nbsp; <br />  <strong>Le tsunami Cahuzac</strong> <br />  Le scandale du feuilleton de l’évasion fiscale de l’ancien ministre du budget est sans conteste l’événement le plus dévastateur de l’année sur le plan de la communication. <br />  &nbsp; <br />  Dévastateur car l’exécutif n’était pas préparé, dévastateur aussi car le président a bafouillé quelques mesures expresses, dévastateur encore car la réponse proposée par l’exécutif (la transparence) était hors sujet, dévastateur enfin car cela a jeté la suspicion de connivence sur d’autres membres du gouvernement. <br />  &nbsp; <br />  C’est certes la faute d’un homme, d’un tricheur et en aucun cas une affaire gouvernementale mais l’impréparation fut telle que le gouvernement est apparu très amateur sur cette séquence alors que l’on attend de l’autorité qu’elle soit rapide, cinglante, efficace, professionnelle. <br />  &nbsp; <br />  <strong>Du hors sujet ressenti au procès en incompétence&nbsp; </strong> <br />  Quand on regarde cette année avec attention et les événements qui ont marqué la volonté du président de la république, on retient évidemment le long processus législatif pour l’adoption du mariage pour tous, on pense aussi à l’intervention au Mali, mais également à quelques déplacements importants sur la scène internationale. <br />  &nbsp; <br />  Au plan économique ou industriel, la carte postale est nettement moins nette. On retient le cafouillage sur Arcelor Mittal où les français ont eu l’impression qu’il y avait trois voix divergentes au sein du gouvernement, on retient aussi la lettre du propriétaire de GoodYear Amiens, les errements autour de la remise du rapport de Louis Gallois. On retient aussi l’affaire Depardieu et celle évidemment des Pigeons. <br />  &nbsp; <br />  Bref, sur les sujets économiques les plus sensibles, les français ont ressenti de l’imprécision et tu tâtonnement qui donnent l’impression que les choses importantes ne sont pas correctement gérées et que l’exécutif se concentre sur des réformes ou des actions moins fondamentales. <br />  &nbsp; <br />  Le risque ici est que l’opinion ait le sentiment que l’exécutif est hors sujet et, par extension incompétent. <br />  &nbsp; <br />  Il est donc devenu indispensable de recadrer la communication et de se concentrer sur les messages qui explicitent l’action économique en faveur du retour à la croissance pour que le sentiment de hors sujet disparaisse peu à peu. <br />  &nbsp; <br />  <strong>La «&nbsp;merkelophobie&nbsp;» tranquille</strong> <br />  Avant dernier fait marquant du début de la présidence de François Hollande, les distances prises vis à vis de la chancelière allemande sont un élément important du bilan de la communication de l’équipe en place. <br />  &nbsp; <br />  Il ne s’agit pas d’aller l’affronter mais de faire entendre un point de vue différent et, pour ma part, j’ai le sentiment que François Hollande fait un pari risqué mais qui sera formidablement payant. <br />  &nbsp; <br />  En prenant une sorte de leadership sur l’opposition à Angela Merkel, le président français pourrait bien récolter à court terme les fruits de ses désaccords lorsque la chancelière sera désavouée par un plus grand nombre de pays, étranglés par une austérité suicidaire. <br />  &nbsp; <br />  C’est pour le moment une posture de communication difficile à tenir mais je fais le pari qu’elle sera payante avant la fin de l’année 2013. <br />  &nbsp; <br />  <strong>L’aubaine des divisions à l’UMP </strong> <br />  Dernier point remarquable sur la première année de communication du quinquennat de François Hollande, on peut dire que ce dernier a eu de la chance de trouver en face de lui une UMP désolante en proie à des luttes intestines sur fond de magouilles électorales internes. <br />  &nbsp; <br />  Ce fut du pain béni pour l’équipe gouvernementale mais, il faut bien aussi le reconnaître, pour les deux guetteurs aux extrêmes, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, ramasse-miettes du PS et de l’UMP. <br />  &nbsp; <br />  La déconfiture de l’UMP s’est même ressentie jusque dans les débats en faveur du mariage pour tous où une absence de leadership à droite a permis à des porte-parole exotiques comme Frigide Barjot de percer. <br />  &nbsp; <br />  Voilà ce que j’ai retenu des éléments marquants de la première année du quinquennat de François Hollande. Contrairement à la majorité des personnes interrogées dans les sondages, je lui fais toujours confiance mais je l’exhorte, lui et ses conseillers, à travailler un nouveau mode d’expression et de communication pour rendre l'action publique intelligible. <br />  &nbsp; <br />  L’enjeu n’est ni de faire de la propagande ni de manipuler qui que ce soit mais de passer des informations dans un esprit collégial et uni, de se focaliser sur les sujets les plus importants et de montrer à l’opinion qu’il y a un vrai travail d’accompli au service d’une vision nouvelle de la société française. <br />  &nbsp; <br />  Au regard de ce qui a été fait depuis un an, il faut prendre un virage à 180 degrés dans la communication. Mais c’est toujours possible et, de vous à moi, le jeu en vaut vraiment la chandelle. <br />  &nbsp; <br />  A suivre… <br />   <br />   <br />  (1) Dans un souci de transparence, je rappelle que j'ai voté pour François Hollande lors de cette élection.&nbsp;
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