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  <title>Christophe Ginisty</title>
  <description><![CDATA[Blog personnel de Christophe Ginisty, Directeur Général Adjoint de Edelman EMEA, spécialiste de la gestion de la réputation, de la communication de crise, auteur du livre "Allons enfants de l'Internet" (éditions Diateino)]]></description>
  <link>http://www.ginisty.com/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2013-05-25T08:54:30+02:00</dc:date>
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   <title>Christophe Ginisty</title>
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   <title>Nomination de Laurent Solly à la tête de Facebook : ce que nous devons en retenir et en attendre</title>
   <pubDate>Thu, 25 Apr 2013 18:01:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christophe Ginisty</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Citoyenneté]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.ginisty.com/photo/art/default/5451661-8133485.jpg" alt="Nomination de Laurent Solly à la tête de Facebook : ce que nous devons en retenir et en attendre" title="Nomination de Laurent Solly à la tête de Facebook : ce que nous devons en retenir et en attendre" />
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     <div>
      L'annonce était sur tous les réseaux sociaux depuis des mois et je connais des dizaines de gens qui y ont postulé. Malheureusement pour eux, c'est Laurent Solly, ex-Sarko boy, ex TF1 publicité qui <a class="link" href="http://www.leparisien.fr/high-tech/laurent-solly-tf1-nomme-a-la-tete-de-facebook-france-25-04-2013-2758339.php" target="_blank">vient d'être nommé</a>  à la tête de Facebook France.&nbsp; <br />   <br />  Autant vous le dire tout de suite, je ne connais pas personnellement Laurent Solly et je n'ai donc aucun avis à donner sur la personne pour laquelle j'éprouve tout simplement un respect naturel. <br />   <br />  Malgré tout, sa nomination m'inspire quelques réflexions que je voudrais partager avec vous.&nbsp; <br />   <br />  Car ce qui est important n'est pas tant la personnalité ou les compétences de celui qui a été choisi que les raisons pour lesquelles il a été choisi. <br />   <br />  En effet, derrière une nomination de cette importance, il y a toujours un message et c'est le message qu'il est intéssant de décoder pour comprendre la direction prise par l'entreprise.&nbsp; <br />   <br />  Souvenez-vous, lorsque Laurent Solly a été nommé à la direction de TF1 Publicité, les gens ont conspué ce qu'ils ont pris comme un délit de favoritisme, un piston grossier de Nicolas Sarkozy devenu Président de la République en faveur de l'un de ses fidèles lieutenants. <br />   <br />  Beaucoup y ont vu (et moi le premier, je dois le confesser) une illustration de la fameuse bouilimie sarkoziste de contrôler les médias en y plaçant ses pions.&nbsp; <br />   <br />  Que penser alors de Facebook aujourd'hui avec cette nomination ? Il y a deux choses qui me paraissent intéressantes.&nbsp; <br />   <br />  La première est que Facebook n'est pas allé chercher quelqu'un du web mais quelqu'un provenant du plus mainstream des médias traditionnels, la télévision. Alors que la moitié des dirigeants du web francophone a dû postuler à cette annonce (j'en prends le pari), l'entreprise de Mark Zuckerberg a jeté son dévolu sur une personnalité qui a su développer un modèle publicitaire innovant pour la première chaîne de télévision française et qui ne bénéficie d'aucune expérience significative dans le web.&nbsp; <br />   <br />  Complexe d'infériorité du web qui cherche à apprendre de la télé ou arrogance du réseau social qui met sur un plan d'égalité son attractivité potentielle avec celle de la télévision ? Toujours est-il que ce choix est un message clair, celui de la volonté de Facebook de jouer dans la même cour que celle dans laquelle sont installés les plus grands médias.&nbsp; <br />   <br />  Finies les références à l'internet social et à l'esprit révolutionnaire initial qui ont fait le sel du printemps arabe et d'autres mouvements populaires. On est là dans une dimension essentiellement commerciale qui prend ses distances avec ses origines et son identité, ce qui n'est pas rien, très loin de la technologie dont est pourtant issu son patron, <a class="link" href="http://www.linkedin.com/in/jamesquarles" target="_blank">James Quarles</a>, un ancien de Dell.&nbsp; <br />   <br />  D'ailleurs, le mot de Laurent Solly sur son profil Facebook est sans équivoque. Le web est relégué à une vague mention entre parenthèses. <br />   <br />  <em>Chers amis, <br />  Je veux vous annoncer aujourd'hui mon plaisir et mon enthousiasme à rejoindre Facebook. C'est un grand honneur pour moi d'intégrer cette grande entreprise, et de participer à la croissance de ses activités françaises. J'espère pouvoir apporter mon expérience acquise chez TF1, chez qui j'ai passé près de six années passionnantes, et mon énergie, à ce leader du monde digital (web et mobile) qu'est Facebook. Je me réjouis de travailler avec son large écosystème de partenaires en France. <br />  Laurent</em> <br />   <br />  La deuxième réflexion que cette nomination m'inspire est que Facebook se place uniquement dans une démarche de développement de son marché publicitaire et l'affiche comme sa première priorité sur le territoire français.&nbsp; <br />   <br />  Vous me direz qu'il n'y a rien de plus naturel à cela, qu'un patron de pays doit développer le chiffre d'affaires et la rentabilité de la filiale et que, pour y parvenir, il doit augmenter les revenus publicitaires. Certes, vous avez parfaitement raison mais vous ne m'empêcherez pas de penser que cela manque clairement d'idéalisme.&nbsp; <br />   <br />  N'en déplaise aux actionnaires, un réseau comme facebook n'est pas un média comme les autres, c'est un média social et c'est même le tout premier média social au monde. Sur Facebook, des centaines de millions d'individus y ont un espace, y tiennent des conversations, partagent des instants d'intimité avec des membres de leurs familles et sont quasi-propriétaires d'une parcelle de ce territoire virtuel.&nbsp; <br />   <br />  Même si ce que je dis est naïf (et d'ailleurs j'assume totalement), Facebook n'est pas un support publicitaire comme les autres. Notre "part de cerveau disponible" y est occupée à tisser un lien social qui nous appartient et nous ressemble. Affirmer que les qualités requises pour "diriger la boutique" tournent essentiellement autour de la capacité à ramener des annonceurs supplémentaires est d'une certaine manière une transgression de l'idéal initial qui nous a tous réunis sur cette toile.&nbsp; <br />   <br />  Finalement, au moment de souhaiter toute la réussite possible à Laurent Solly dans sa mission de développer Facebook en France, je souhaite aussi qu'il n'oublie pas qu'il vend autre chose que de l'espace et que là où il le vend, c'est aussi et avant tout chez nous, au coeur d'une liberté individuelle que nous avons souvent conquise en nous éloignant des médias traditionnels et à laquelle nous sommes attachés comme à la prunelle de nos yeux.&nbsp; <br />   <br />  A suivre...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Sous les pavés, la rage : chronique d'une république éreintée </title>
   <pubDate>Fri, 19 Apr 2013 15:49:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christophe Ginisty</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualité en débats]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.ginisty.com/photo/art/default/5433630-8105400.jpg" alt="Sous les pavés, la rage : chronique d'une république éreintée " title="Sous les pavés, la rage : chronique d'une république éreintée " />
     </div>
     <div>
      Alors que les débats sont clos au parlement et que le vote solennel en faveur du projet de loi sur le mariage pour tous devrait intervenir mardi prochain, le simple citoyen et l'observateur passionné de la communication politique que je suis arrive à la fin de ce marathon avec un abominable goût amer en bouche. <br />   <br />  Non que je sois mécontent de voir ce projet enfin adopté — au contraire puisque j'y suis favorable depuis le début — mais cette séquence où les français se sont écharpés les uns les autres dans le un délire crescendo de violence et de haine est probablement l'une des plus détestables périodes qu'il m'ait été donné de vivre. <br />   <br />  Autour d'une question que les britanniques ont voté en quelques heures à peine, question qui témoigne de l'évolution nécessaire de nos sociétés en faveur d'une égalité des hommes et des femmes de ce pays, quelle que soit leur préférence sexuelle, nous, français n'avons été capables, dans un camp comme dans l'autre, que d'invectives, de mépris, et de sentiments qui ont conduit les éditorialistes à nous ressortir des attributs révolutionnaires d'une France prête à couper tête de l'autre. <br />   <br />  A quelques jours de lever notre verre à une avancée majeure de notre droit, cette ambiance me met très mal à l’aise. <br />   <br />  Sans entrer dans le fond du débat et raviver les discussions sans fin, mon sentiment est que si nous en sommes là, c'est entièrement à mettre au passif de nos leaders politiques qui n'ont pas su trouver la voie de la plus élémentaire dignité sur cette question comme sur les autres. Ils sont enfermés dans des postures extrêmes et leurs comportements ne sont pas à la hauteur du mandat que le suffrage universel leur a confié. <br />   <br />  Et chaque camp a sa part de responsabilité. <br />   <br />  Les élus de gauche n'ont pas réussi à communiquer leur leadership et leur ambition sur ce projet. Ils l'ont traité dans les affaires courantes, de manière presque banale et sans inciter les français à se mobiliser massivement en faveur de cette réforme de notre société. Ils n'ont pas impulsé le mouvement et ont laissé le débat naître dans le camp des opposants. <br />   <br />  Les élus de droite n'ont pas su rendre leur désaccord intelligible et se sont opposés par principe, par colère, voire par intégrisme. Ils ont traité le dossier de manière politicienne alors qu'il fallait le faire de manière sociétale en confrontant un projet de société à un autre. Sans parvenir à faire émerger des arguments forts, ils ont laissé les extrémistes de tout poil dérouler leurs thèses nauséabondes avec une violence inacceptable. <br />   <br />  Dans l'un et l'autre camp, on a manqué d'envie, de leader, de leadership et ce sont les extrêmes qui ont gagné au final. <br />   <br />  Mais si la société française en est venue à une telle agressivité, n'oublions pas que nous le devons à une pratique de la politique française qui a cessé de se définir par projet et idéologie — deux choses éminemment positives — mais par l'instrumentalisation du rejet de l'autre. <br />   <br />  Nicolas Sarkozy a une très grande responsabilité dans cette situation. Il n'est pas le seul mais nous ne pouvons pas ne pas le citer. N'oublions pas qu'il a presque inventé cette manière de communiquer qui a consisté en permanence à se positionner par le clivage et par l'exclusion de l'autre. <br />   <br />  En stigmatisant sans cesse une partie de la population — les immigrés, les jeunes de banlieue, les roms, les musulmans, les syndicalistes...— il a convaincu les français que les problèmes ne se réglaient que par l'élimination du péril que représente l'autre. Il a contribué à dessiner un pays où les difficultés ne sont pas réelles mais où il suffit d'anéantir le gêneur pour survivre et prospérer. <br />   <br />  A ce titre, je pense qu'il a une responsabilité historique. <br />   <br />  Mais au-delà de la méthode de communication de Nicolas Sarkozy, ce que nous venons de vivre avec l'épisode du mariage pour tous est sans aucun doute le signe que ce qui régit la communication politique en France est à bout de souffle. <br />  &nbsp; <br />  Les hommes et les femmes politiques ne savent plus se parler, ne parviennent plus se respecter et donc ne communiquent plus et abandonnent à des groupuscules et des égéries de pacotille le "ministère de la parole." Et cette absence de communication rejaillit sur l’opinion qui n’arrive plus à les entendre et les comprendre. <br />  &nbsp; <br />  En plus d’une crise économique, nous vivons une crise de la parole politique qui n’est plus inspirante. Livrés à eux-mêmes, les citoyens des deux camps n’ont plus d’autre choix que de se combattre dans un parfum de détestation qui envahit toutes les strates de la société. <br />  &nbsp; <br />  Formons le vœu que nous saurons tous apprendre de cet épisode sinistre et que le lien qui nous unit se ressoudera. <br />  &nbsp; <br />  A suivre… <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Opinion : Mediapart.fr, le journalisme dont notre démocratie a besoin</title>
   <pubDate>Fri, 22 Mar 2013 20:29:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christophe Ginisty</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualité en débats]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.ginisty.com/photo/art/default/5343662-7973716.jpg" alt="Opinion : Mediapart.fr, le journalisme dont notre démocratie a besoin" title="Opinion : Mediapart.fr, le journalisme dont notre démocratie a besoin" />
     </div>
     <div>
      Avec, à quelques jours d’intervalle, l’annonce de la démission de Jérôme Cahuzac et celle de la mise en examen de Nicolas Sarkory, le journal en ligne <a class="link" href="http://www.mediapart.fr" target="_blank">Mediapart.fr</a>  a été au cœur d’une actualité politico-judiciaire intense. <br />  &nbsp; <br />  Et alors que beaucoup d’observateurs s’expriment pour encenser ou fustiger le rôle que ce journal a joué dans les deux affaires, je voudrais pour ma part dire à quel point je suis heureux que cette intransigeance journalistique ait payé par son efficacité. <br />  &nbsp; <br />  Cela fait des années que je loue le travail d’Edwy Plénel et de ses associés et son utilité sur le fonctionnement de la démocratie française. J’avais réalisé en 2008 une interview vidéo de Laurent Mauduit au moment où ce dernier avait sorti son excellent livre sur l’affaire Tapie. <br />  &nbsp; <br />  A l’époque, c’était le seul organe de presse à s’indigner de la décision de la commission d’arbitrage qui aboutissait au versement de centaines de millions d’euros de l’argent du contribuable à l’ancien patron d’Addidas. <br />  &nbsp; <br />  J’avais lu le livre de Laurent Mauduit et j’avais modestement estimé qu’il méritait de bénéficier d’un éclairage particulier que je tentais de provoquer avec mon blog (la vidéo se trouve <a class="link" href="https://vimeo.com/2446336" target="_blank">toujours ici</a>  ). <br />  &nbsp; <br />  Cette semaine, j’ai lu tout un tas de critiques partisanes sur Mediapart.fr, critiques issues des sympathisants du gouvernement en place sur le thème&nbsp;«&nbsp;ce n’est pas à la presse de condamner et de s’ériger en juge de paix.» Les mêmes critiques que celles qui clouaient Mediapart.fr au pilori lorsque ses journalistes révélaient des informations sur les relations compromettantes entre Eric Woerth et Liliane Bettencourt. <br />  &nbsp; <br />  Mediapart.fr est-il coupable de s’acharner ainsi contre les représentants du pouvoir&nbsp;? Est-il le symbole d’une presse qui condamne avant de savoir&nbsp;? <br />  &nbsp; <br />  A ce sujet, je voudrais rappeler trois choses essentielles. <br />  &nbsp; <br />  <strong>1/ Impartialité</strong> <br />  En sortant et développant l’affaire Cahuzac, Mediapart.fr a fait la preuve de son impartialité politique. Le journal en ligne a fait preuve de la même rigueur pour dénoncer les agissements d’un ministre de gauche que jadis un ministre de droite. <br />  &nbsp; <br />  Si Mediapart.fr était guidé par ses sympathies politiques comme on le lit un peu partout — tout le monde sait que Edwy Plénel a plutôt une sensibilité de gauche —, ses journalistes n’auraient pas mis le même zèle à révéler des faits concernant un ministre socialiste qu’ils en ont mis pour révéler les agissements d’un ministre issu des rangs de l’UMP. <br />  &nbsp; <br />  Or, ce n’est pas ce qui s’est passé et le parallèle entre les deux affaires qui touchent singulièrement deux ministres du budget est la preuve que l’inclinaison idéologique n’est pour rien dans la façon avec laquelle les deux affaires ont été traitées. <br />  &nbsp; <br />  <strong>2/ Responsabilité</strong> <br />  Ce n’est pas Mediapart.fr qui a eu la peau de Cahuzac ou de Woerth mais dans l’un et l’autre cas, la justice de ce pays. <br />  &nbsp; <br />  Eric Woerth a été contraint de démissionner lorsque l’ancien chef de l’exécutif a considéré que la pression judiciaire était incompatible avec l’exercice serein d’une fonction ministérielle aussi cruciale en période de crise. C’est exactement la même chose avec Cahuzac. <br />  &nbsp; <br />  Mediapart.fr n’a rien sorti de nouveau la semaine dernière qui aurait pu mettre en cause sa responsabilité directe dans la démission du ministre du budget. <br />  &nbsp; <br />  Non, c’est la justice qui a décidé de passer à l’étape supérieure en ouvrant une information judiciaire après son enquête préliminaire, estimant apparemment que l’enregistrement audio était authentique. <br />  &nbsp; <br />  Le boulot de Mediapart.fr ne s’est à aucun moment substitué à celui du juge. Le journal en ligne a joué son rôle de lanceur d’alerte ou de chien de garde dans une démocratie que l’on aimerait tous exemplaire. <br />  &nbsp; <br />  C’est le pouvoir politique qui a sacrifié Cahuzac à l’aube d’un bras de fer judiciaire qu’il devait sans doute considérer perdu d’avance. <br />  &nbsp; <br />  François Hollande n’a pas cédé à Mediapart.fr mais devant la justice, sans doute conscient du côté intenable d’une telle procédure vis à vis de l’opinion publique au moment où l’on demande au ministre du budget d’être l’arbitre de décisions très impopulaires. <br />  &nbsp; <br />  <strong>3/ Qui d’autre&nbsp;?</strong> <br />  Mediapart.fr n’est pas unique mais Mediapart.fr est presque le seul à faire son boulot de cette manière. <br />  &nbsp; <br />  Edwy Plénel ne dirige pas une bande d’excités sortis de l’asile prêts à sauter sur tout ce qui bouge. Il ne dirige pas non plus une bande de journalistes mondains qui déjeunent tous les midis dans les meilleurs restaurants de la capitale avec ceux qu’ils chroniquent et dont ils sont sensés suivre les agissements. <br />  &nbsp; <br />  Edwy Plénel dirige simplement des journalistes qui ont décidé de faire leur boulot de manière indépendante et intransigeante. <br />  &nbsp; <br />  Quelle que soit votre inclinaison politique, vous devez accepter l’idée qu’il soit sain pour le fonctionnement de nos institutions que des journalistes prennent la liberté de dénoncer un&nbsp; ministre du budget soupçonné de s’être rendu coupable de fraude fiscale et de planquer une partie de son argent en Suisse. <br />  &nbsp; <br />  Sans présager de la réalité des faits et sans remettre en cause l’innocence présumée de Cahuzac, c’est le boulot ordinaire de la presse de lancer ce type d’alertes. <br />  &nbsp; <br />  Mais la presse française refuse de le faire, conférant ainsi à Mediapart.fr une image de trublion singulier. <br />  &nbsp; <br />  Ne l’oublions pas, les enregistrements du majordome de Liliane Bettencourt qui sont à l’origine du déclenchement de l’affaire Woerth n’ont pas été transmis en premier à Mediapart.fr. Ils ont été d’abord présentés à d’autres rédactions, dont celle du journal Le Monde, qui ont refusé de les traiter. <br />  &nbsp; <br />  Mediapart.fr est la seule rédaction qui a accepté d’enquêter face à la gravité de l’éventualité des faits. <br />  &nbsp; <br />  Alors plutôt que de débattre des heures sur le rôle et l’agressivité de Mediapart.fr, interrogeons-nous sur la passivité des autres. <br />  &nbsp; <br />  Pourquoi des journaux et des magazines d’information disposant de moyens très supérieurs à la PME d’Edwy Plénel préfèrent-ils lancer leurs enquêteurs sur le prix de l’immobilier ou le salaire des cadres plutôt que d’enquêter sur des faits de corruption présumée au sommet de l’état&nbsp;? <br />  &nbsp; <br />  La réponse est peut-être dans l’actionnariat, dans la pub ou tout simplement dans la consanguinité qui unit confusément les journalistes au pouvoir politique. <br />  &nbsp; <br />  Si Mediapart.fr est en première ligne comme ce fut le cas cette semaine, c’est qu’on lui a laissé la place libre. Et si son action parait aujourd’hui si singulière, c’est que les journalistes politiques ont quitté depuis longtemps le terrain de l’enquête pour celui du commentaire. <br />  &nbsp; <br />  Alors oui, c’est une grande semaine, mais ça l’est avant tout pour notre démocratie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>http://www.ginisty.com/Opinion-Mediapart-fr-le-journalisme-dont-notre-democratie-a-besoin_a950.html</link>
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   <title>Affaire Bettencourt : Sarkozy pourra-t-il être un justiciable comme les autres dans trois semaines?</title>
   <pubDate>Tue, 03 Apr 2012 11:23:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christophe Ginisty</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Présidentielle 2012]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.ginisty.com/photo/art/default/4061863-6162800.jpg" alt="Affaire Bettencourt : Sarkozy pourra-t-il être un justiciable comme les autres dans trois semaines?" title="Affaire Bettencourt : Sarkozy pourra-t-il être un justiciable comme les autres dans trois semaines?" />
     </div>
     <div>
      Sans présager de la culpabilité de qui que ce soit, les derniers rebondissements de l'affaire Bettencourt font que nous nous rapprochons très près de Nicolas Sarkozy et du financement de sa campagne présidentielle de 2007. Cela devient un enjeu de la prochaine présidentielle. <br />   <br />  Je ne vais pas vous refaire le feuilleton de cette histoire, les médias vous en parlent depuis plusieurs années déjà, grâce à Mediapart.fr qui, reconnaissons le, aura eu seul le courage et l'obstination de faire sortir une affaire d'état aux rebondissements multiples. <br />   <br />  A trois semaines de l'élection présidentielle, la seule chose qui m'intéresse dans cette affaire est de savoir si Nicolas Sarkozy pourra être un justiciable comme les autres ou si, du fait de sa fonction présidentielle renouvelée, il pourra échapper à la justice et n'être entendu sous aucun prétexte. <br />   <br />  Nous avons tous en tête ce qui s'est joué dernièrement pour Jacques Chirac où il aura fallu 12 ans pour l'auditionner dans l'affaire du financement du RPR et des emplois fictifs de la Mairie de Paris, avec l'issue pitoyable que l'on connaît. <br />   <br />  Encore une fois, n'accusons personne et soyons très prudents. Mais si dans 3 semaines, Nicolas Sarkozy est réélu à la présidence de la République, la justice devra patienter avant de faire son travail. <br />   <br />  Voilà un enjeu supplémentaire de cette élection. J'irais même plus loin en affirmant que nous avons là une nouvelle raison de ne pas aller voter pour Nicolas Sarkozy. <br />   <br />  En ce qui me concerne, je veux que la justice fasse son travail et que Nicolas Sarkozy puisse répondre aux convocations des juges afin, le cas échéant, de prouver son innocence. Je n'a pas envie qu'il soit encore une fois protégé derrière le bouclier imparable de l'immunité. <br />   <br />  La moralisation de la vie politique est un enjeu central, tout autant d'ailleurs que le développement durable et la prise en compte des défis écologiques. Il en va de l'avenir de notre pays et des générations futures. <br />   <br />  Cela fait des années que j'essaye de me battre à mon petit niveau pour faire entendre cette urgence. <br />   <br />  J'espère que les français, dans leur infinie sagesse, auront à coeur de ne pas laisser passer l'affaire Bettencourt dans exiger qu'elle soit traitée jusqu'au bout et que les coupables soient sanctionnés pour avoir été indignes des mandats qu'ils portaient au nom du peuple français. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.ginisty.com/photo/art/imagette/4061863-6162800.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.ginisty.com/Affaire-Bettencourt-Sarkozy-pourra-t-il-etre-un-justiciable-comme-les-autres-dans-trois-semaines_a760.html</link>
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   <title>Baromètre Edelman du 15/03/12 de l'influence des candidats à la présidentielle sur Twitter</title>
   <pubDate>Fri, 16 Mar 2012 15:36:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christophe Ginisty</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Présidentielle 2012]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      Chaque semaine, je publie l'état de l'influence des candidats à la présidentielle sur Twitter mesuré par l'outil <a class="link" href="http://www.tweetlevel.com/">Tweetlevel</a>  conçu et mis en ligne par l'agence Edelman au sein de laquelle je travaille. <br />  <div class="texte">  	<div class="access firstletter">  		 <br />  		Pour rappel, Tweetlevel est le seul outil gratuit qui mesure la réalité de l'influence sur Twitter en intégrant des critères quantitatifs et qualitatifs et en détaillant les composantes de l'influence selon trois critères : <strong>la popularité, l'engagement et la confiance</strong>. <br />  		 <br />  		Les graphiques illustrant cette note montrent l'évolution des scores depuis le création du baromètre, en décembre dernier. Par ailleurs, et afin de gagner en visibilité, j'ai pris le parti de ne montrer que les principaux candidats du classement Tweetlevel.</div>  </div>  
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     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Score global : Mélenchon repasse en tête et Sarkozy arrive en haut du classement </b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.ginisty.com/photo/art/default/4009233-6081452.jpg" alt="Baromètre Edelman du 15/03/12 de l'influence des candidats à la présidentielle sur Twitter" title="Baromètre Edelman du 15/03/12 de l'influence des candidats à la présidentielle sur Twitter" />
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      Je ne cesserai de le dire jusqu'au soir du premier tour, Jean-Luc Mélenchon fait une campagne remarquable sur Twitter malgré un nombre de followers bien inférieur à celui de ses principaux concurrents. Cette semaine, le candidat du Parti de Gauche se classe en tête avec un score de 84,7, devant François Hollande (83,8) et Nicolas Sarkozy (82,8). <br />   <br />  De manière assez logique, Nicolas Sarkozy réalise une belle progression et cotoie les sommets. Il faut dire qu'il a bénéficié d'une exposition médiatique majeure avec les deux émissions en prime enchainées à quelques jours d'intervalle et le meeting de Villepinte dont beaucoup d'observateurs ont parlé sur Twitter. <br />   <br />  Dans le bas du classement, Dominique de Villepin et Marine Le Pen n'arrivent toujours pas à exister sur Twitter et Nicolas Dupont-Aignan, pourtant très bien placé pendant très longtemps, cède logiquement des places par rapport aux poids lourds de cette élection. 
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     <div><b>Note de popularité : Hollande toujours très largement en tête</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.ginisty.com/photo/art/default/4009233-6081479.jpg" alt="Baromètre Edelman du 15/03/12 de l'influence des candidats à la présidentielle sur Twitter" title="Baromètre Edelman du 15/03/12 de l'influence des candidats à la présidentielle sur Twitter" />
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      La note de popularité prend en compte le nombre de personnes abonnées au compte, mais également l'influence et la popularité de ces personnes abonnées : le score sera d'autant plus important lorsque l'on est suivi par des personnes ayant elles-mêmes un grand nombre de "followers" influents. <br />   <br />  Sr cet indice, et malgré une arrivée tonitruante de Nicolas Sarkozy qui continue de progresser, François Hollande semble demeurer inatteignable. Il culmine à près de 90 points, un score comparable aux personnalités les plus suivies sur Twitter. <br />   <br />  A noter également la bonne performance de la candidate écologiste, Eva Joly qui se classe 4ème cet indice, signe que l'engagement écologique est toujours un thème suivi dans les débats politiques. <br />   <br />  François Bayrou progresse lui aussi et occupe une assez nettre 3ème place. 
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     <div><b>Note d'engagement : l'indice "Mélenchon"</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.ginisty.com/photo/art/default/4009233-6081570.jpg" alt="Baromètre Edelman du 15/03/12 de l'influence des candidats à la présidentielle sur Twitter" title="Baromètre Edelman du 15/03/12 de l'influence des candidats à la présidentielle sur Twitter" />
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      L'engagement rend compte de plusieurs critères parmi lesquels on peut citer de manière non exhaustive l'assiduité de publication sur Twitter, la fréquence de publication mais également la réactivité aux interpellations et la participation aux conversations des autres membres de sa communauté. <br />   <br />  C'est ici que Jean-Luc Mélenchon cartonne le plus avec un score de 76,6 points. Il reprend la première place à François Hollande mais attention, Nicolas Sarkozy réalise une véritable percée sur cette dimension. <br />   <br />  Il gagne près de 10 points en une semaine, signe que son activité sur Twitter a été particulièrement intense avec l'agenda dont je faisais état précédemment. <br />   <br />  En bas du classement, on a toujours François Bayrou qui n'arrive pas à entrer dedans et qui, malgré une popularité très forte, n'arrive pas à transformer l'essai par un engagement à la hauteur. 
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     <div><b>Note de confiance : Nicolas Sarkozy en tête pour la première fois </b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.ginisty.com/photo/art/default/4009233-6081627.jpg" alt="Baromètre Edelman du 15/03/12 de l'influence des candidats à la présidentielle sur Twitter" title="Baromètre Edelman du 15/03/12 de l'influence des candidats à la présidentielle sur Twitter" />
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      Le score en matière de confiance fait état de la propension des abonnés à "retweeter" ou à faire référence aux tweets rédigés par le détenteur du compte. Cette note intègre également le Retweets successifs, de sorte de rendre compte de la dimension virale de l'activité d'un compte Twitter, dimension particulièrement précieuse sur Internet. <br />   <br />  Ce n'est pas franchement une surprise compte tenu de son agenda mais Nicolas Sarkozy prend la tête de cet indice et surclasse pour la première fois tous ses adversaires. <br />   <br />  C'est le signe que la communauté UMP est véritablement en ordre de bataille et qu'elle retweete avec une incroyable constance tout ce qui est émis sur le compte. On parle souvent de machine de guerre pour qualifier le parti présidentiel, on en a là une illustration flagrante. <br />   <br />  Une dimension qui manque au MoDem qui ne parvient toujours pas être faire rayonner son champion sur Twitter et assurer la viralité de sa communication. 
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     <div><b>Conclusion : des positions qui s'affinent</b></div>
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      J'ai toujours pensé que ce qui se passait sur Twitter, du fait de la particularité de son audience très marquée par les médias et les prescripteurs, était annonciateur de ce qui allait se passer par ailleurs. <br />   <br />  Du coup, de semaine en semaine, le baromètre Edemlan me conforte dans mon intuition : nous assistons bel et bien à un duel Hollande - Sarjkozy mais dont l'arbitre pourrait bien être Jean-Luc Mélenchon et non pas François Bayrou ou Marine Le Pen comme ont pouvait le penser. <br />   <br />  Car réaliser une telle performance sur Twitter malgré un aussi faible nombre de followers est révélateur de quelque chose de très puissant. 
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   <link>http://www.ginisty.com/Barometre-Edelman-du-15-03-12-de-l-influence-des-candidats-a-la-presidentielle-sur-Twitter_a748.html</link>
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